Bus local au Népal: toute une histoire!

Mardi matin, nous nous sommes levés aux aurores pour nous rendre à la gare routière locale* afin de prendre le bus vers Besisahar, point de départ de notre trek. Nous avons quitté la guest house vers 5h, pour atteindre la gare avant 6h. Là-bas, ça grouille de monde: des voyageurs, des conducteurs de bus, plein de guichets et des rabatteurs qui tentent de ramener les clients. Tout est écrit en népali et nous sommes contents d’avoir acheté nos billets la veille, alors qu’il y avait moins d’agitation.

Nous retrouvons justement le guichetier de la veille, qui nous indique notre numéro de bus. Un jeune homme (14 ans?) nous y conduit, met nos sacs dans le coffre. Contrairement à ce que nous pensions le bus n’est pas si petit! Nous avons le temps de prendre un petit déjeuner avant le départ. Quel plaisir de manger comme les locaux des beignets accompagnés de thé, et surtout au même prix que les locaux! Vers 6h30, tout le monde embarque dans le bus, c’est à dire à peine 6 personnes + le chauffeur (25 ans maxi) et 3 « rabatteurs »: notre jeune homme précédent, et deux autres plus âgés mais sûrement pas majeurs.

Et le voyage commence… très lentement. Nous mettrons 1h30 pour quitter Katmandou. Pourquoi? Parce que le bus est à peine rempli, pardi! Il faut rameuter les clients. C’est là que les petits « rabatteurs » entrent en jeu. Une fois le portail de la gare routière passé, le bus roule au ralenti, en serrant le bas côté. Les « rabatteurs » montent et descendent avec agilité de la porte, restée ouverte, et qui le restera une bonne partie du trajet. Ils donnent un coup sur le montant pour dire « arrête-toi » au chauffeur, et 3 coups pour repartir.Le petit manège fonctionne et nous accueillons 4-5 clients supplémentaires avant de quitter la ville. Difficile à croire, mais les gens attendent sur le bord de la route qu’on vienne les chercher, pour des trajets aussi longs que Besisahar! Seulement cette pratique semble ne pas être autorisée par la police (bien que tous les bus semblent fonctionner de cette façon)  et les « rabatteurs » se précipitent dans le bus et referment la porte sitôt qu’un agent est en vue.

Malheureusement leur vigilance ne suffit pas et notre chauffeur se fait arrêter pour un contrôle. Premier incident de la journée… Après forces négociations, il parvient à reprendre la route, mais de méchante humeur. Une fois quittée l’agglomération de Katmandou, la route descend en lacets vers la rivière Trisuli (oui, la même que pour le rafting). Mais contrairement à dimanche dernier, le trajet n’est pas tranquille (voir un extrait). Sur la route, tous les véhicules doublent avec ou sans visibilité; ainsi, il nous arrive de tomber face à face avec d’autres bus ou camions. Notre chauffeur conduit vite et les freins crissent à chaque fois qu’il faut esquiver un véhicule. L’avantage, c’est que nous rattrapons le retard pris en ville et atteignons, malgré quelques pauses, la bourgade de Dumre (dernier croisement stratégique avant Besisahar) en 5h.

Mais tout ce temps gagné est parti en fumée, justement à Dumre, lorsque notre chauffeur a vu une opportunité de récupérer un grand nombre de clients. Nous n’avons pas vraiment compris pourquoi ni comment, mais il est parvenu à « voler » la clientèle d’un gros bus. Le temps que tout le monde soit transféré, que le chauffeur de l’autre bus vienne s’expliquer (il était très énervé et a demandé à tous ses clients de descendre de notre bus), et que nous récupérions encore quelques retardataires, il s’est passé 1h. Le bus était bondé lorsque nous sommes repartis, certaines personnes devant rester debout. Nous nous étions mis à l’avant pour avoir de la place pour les jambes, nous nous retrouvons avec du monde en face de nous (il y a un petit banc derrière le siège chauffeur, et un autre, plus grand, à ses côtés). Une fois repartis, notre chauffeur ne ralentit pas la cadence. Cette fois nous montons, mais doubler dans les virages reste tout aussi dangereux qu’en descente!

C’est là qu’arrive le second accident de la journée: alors que nous arrivons (un peu vite?) dans un virage, mais en roulant de notre côté, un camion arrivant en sens inverse le coupe et nous percutons sa remorque. Pas de gros dégâts, notre chauffeur ayant mis un grand coup de frein, le choc était faible, mais suffisant pour arracher le rétroviseur droit (conduite à gauche). Immédiatement, les « rabatteurs » sautent du bus pour arrêter le camion. La moitié des passagers descend, par curiosité. La discussion entre chauffeurs est animée, tout le monde, passagers et « rabatteurs » donne son avis, mais personne ne pense à ralentir les véhicules qui abordent le virage! Au bout de 15 min, le chauffeur du camion trouve judicieux d’aller se garer plus loin pour libérer la circulation. La police intervient… 30 min plus tard, le supérieur de police arrive; il mesure la route pour savoir qui a débordé.

Nous reprenons notre chemin presque 1h plus tard, notre chauffeur roulant un peu plus prudemment! Nous parvenons à Besisahar vers 15h et décidons de faire la première étape du trek avant que la nuit ne tombe: le trajet vers Bhulbhule fait 9km, soit environ 2h de marche. Un Espagnol, rencontré dans le bus (et ne parlant pas anglais! Nadia est contente d’avoir appris 3 mots d’espagnol avant de partir!), nous propose de faire le chemin ensemble. Après les presque 9h de trajet, les jambes sont fatiguées et les sacs lourds. Nous sautons sur la première chambre d’hôtes, juste avant Bhulbhule; l’Espagnol, pas convaincu, continue sa route. Il faut dire que le confort est sommaire: notre chambre est dans une case en tôle, il n’y a pas de vitres aux fenêtres le lit est dur comme une planche de bois, les toilettes sont à quelques pas, dans une cabane. Malgré tout, nous sommes contents de nous arrêter et de pouvoir manger chaud. Nous passerons une excellente nuit, emmitouflés dans nos sacs de couchage.

*Il y a une autre gare routière pour les bus touristiques.

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