Trek des Annapurnas – partie 5

  • Journée de Muktinath (3800m) à Jomsom (2800m)

Après une bonne nuit de repos et un délicieux petit déjeuner (le lodge était vraiment confortable !), nous nous motivons pour descendre jusqu’à Jomsom, la première vraie ville sur ce versant. Nous faisons tamponner nos permis de trekking et nous nous engageons vers la sortie du village. Deux options s’offrent à nous : la piste, sur laquelle circulent bus et jeeps et qui semble assez monotone, mais passe par le magnifique village de Kagbeni, ou le GR, plus difficile mais plus direct vers Jomsom, passant par le village de Lupra. Nous nous arrêtons devant un panneau indiquant les nouveaux sentiers ouverts depuis que la route arrive à Jomsom, et nous tâtonnons un peu avant de trouver la direction de Lupra, mal indiquée, après la station de bus. Devant nous se dresse une montée assez ardue, sur laquelle nous nous engageons confiants étant donné le parcours de la veille. Quelle surprise ! Nous sommes à bout de souffle après seulement quelques mètres d’ascension ! Peut-être est-ce le retour de fatigue, ou simplement un manque d’évaluation de notre part, car nous oublions que nous sommes encore à 3800m d’altitude… Nous arrivons au sommet de la « colline » essoufflés, mais récompensés par la superbe vue qui s’ouvre devant nous.

S’ensuit une descente assez abrupte de près de 1000m de dénivelé. Nadia a de nouveau assez mal au genou, si bien que descendre devient un calvaire. Au bout d’un moment, Franck est obligé de porter les deux sacs pour réduire le risque de rupture. Il est trop fort ! A ce moment, nous décidons de mettre fin au trek, ce serait trop bête de se blesser au début du voyage ! Nous prendrons donc le bus à partir de Jomsom, pour redescendre vers Pokhara. Nous atteignons le lit de la rivière après 1h de descente laborieuse – Franck devant avec les 2 sacs, tel un sherpa, et Nadia en retrait qui tente de ne pas glisser à chaque pas. Entre-temps, Nico et Guillaume nous ont rattrapés, et nous tiennent compagnie jusqu’à Lupra, où nous déjeunons au « Bon Guest House ». Ce restaurant porte bien mal son nom puisque le propriétaire ne nous laisse pas le choix du repas : ce sera Dal Bhat pour tout le monde ! Résignés (il n’y a pas beaucoup d’autres options dans Lupra !), nous le regardons cueillir ce qui nous semble être des mauvaises herbes dans ce qu’il reste de son potager: « Organic vegetables » nous dit-il ! Finalement, le repas est très bon et l’avantage du Dal Bhat étant que l’on peut se resservir, nous en profitons pour tout terminer !

Nous repartons en début d’après-midi vers Jomsom, laissant Nico et Guillaume – plus rapides – partir devant. Le chemin suit le lit de la rivière ; l’amoncellement de cailloux est assez « casse-pattes » et nous devrons traverser plusieurs fois le cours d’eau en équilibre sur des rochers. Au bout d’une heure de marche dans le vent, le chemin débouche sur la route. Cela devient pénible, car très poussiéreux et les jeeps et motos ne cessent de passer, nous forçant à nous ranger régulièrement sur le bas-côté. Il est 15h et il n’y a toujours pas de ville en vue. Le paysage, désertique, est assez monotone et le vent ne baisse pas ; nous commençons à fatiguer… Puis d’un coup, comme un mirage au milieu du désert, la ville de Jomsom apparaît au détour d’un virage. La végétation qui l’entoure la rend encore plus étrange, étant donné l’absence de flore jusqu’à présent. Nous mettons 1h pour rejoindre la ville, où nous hésitons pour prendre un bus vers la prochaine étape. Les prix nous semblent exagérés et nous préférons attendre le lendemain, d’être reposés pour mieux négocier. Nous cherchons donc une guest house pour la nuit, mais nous nous rendons compte assez vite que les prix sont très élevés à Jomsom! Cela nous change du trek où nous pouvions négocier une nuit gratuite pour un repas ! En déambulant, nous retrouvons Max, Solène, Gaston, Sandra et Sean, rencontrés sur le trek, qui cherchent aussi un lieu où passer la nuit. Nous nous joignons à la troupe avec l’espoir de meilleurs prix en groupe, mais même comme ça, les propriétaires d’hôtel sont intransigeants. Nous finirons tous dans une guest house proche de l’aérodrome, où nous passerons une très bonne soirée tous ensemble malgré l’humeur maussade de la gérante.

  • Journée de Jomsom (2800m) à Pokhara (900m) et fin du trek

Afin d’avoir le bus direct pour Pokhara, nous nous levons très tôt ce samedi, pour nous rendre à la gare routière vers 7h. Mais dès l’ouverture du guichet, il n’y a plus de places: tous les billets ont été vendus la veille ! Nous devrons donc découper le périple en 3 étapes : Jomsom – Ghasa, Ghasa – Beni, Beni – Pokhara. Concernant le tarif, nous trouvons cela cher, mais selon notre gérante mal lunée, c’est le prix pour les touristes… Dans le bus, nous retrouvons Bruno, un Français rencontré à Muktinath, 2 jours auparavant. Nous sommes accompagnés de Sandra, une Française partie aussi pour un long voyage et qui débute comme nous par le Népal, et Gaston, un Argentin qui voyage depuis des années.

Le trajet jusque Ghasa nous semble déjà assez long : plus de 3h sur la route caillouteuse du lit de la rivière. Le bus semble faire des sauts et nous sommes bien secoués ! Difficile de croire que les roues ne crèvent pas à chaque trajet… D’ailleurs, il y a une roue de secours posée en plein milieu du bus, devant la porte. Vu son état, nous espérons ne pas en avoir besoin… Nos inquiétudes s’amplifient lorsque nous entendons un bruit sourd, semblant venir de la roue arrière gauche, après une traversée de rivière mouvementée. Pas de problème: le chauffeur sort une clé, des hommes descendent du bus, s’activent et lui donnent des directives pour avancer et reculer. Apparemment c’est une bonne technique pour resserrer les roues puisque nous repartons au bout de 10 min, le bruit ayant disparu !

Nous aurons encore 1h de trajet, entrecoupée par une pause petit-déjeuner Népalais (composé de chapatis et d’un genre de Dal), pour arriver à Ghasa peu avant 11h. Gaston nous quitte là, il souhaite continuer à pied vers Tatopani. A la gare routière, nous cherchons des yeux le bus vers Beni, lorsque des touristes Indiens nous proposent d’affréter un bus en direct vers Pokhara. Cela permettrait de réduire le temps de trajet, car; disent-ils, nous ne sommes pas sûrs d’arriver à l’heure à Beni pour avoir une liaison le même jour vers Pokhara. Nous sommes d’accord, mais à ce moment-là nous ne parlons pas de tarif. Quelle erreur ! Lorsque d’autres touristes acquiescent pour 1500 roupies, nous nous rendons compte que cela vaut validation pour chacun. Ce prix nous semble extrêmement cher et cela sent l’arnaque, mais nous n’avons pas vraiment le choix : le bus est encore sur cric pour changer les roues à l’heure de nos délibérations, et le chauffeur ne semble pas pressé de partir au tarif local…

Cela nous vaudra un peu d’énervement sur le trajet, au moment de payer, car il est clair que les locaux ne bénéficient pas du tout du même tarif. Nous trouvons cela injuste, car nous risquons nos vies de la même manière qu’eux ! Le trajet vers Beni est très long, avec environ 5h de route et une pause déjeuner Dal Bhat à Tatopani (nous ne mangeons pas, car très secoués dans le bus). Le temps passe tout de même relativement vite puisqu’il arrive toujours quelque chose pour pimenter le trajet! De plus, nous avons pris les places à l’avant et nous sommes aux premières loges des événements, ce qui nous permet de filmer ! (voir la vidéo) Une vieille petite femme s’accroche à Sandra, puis à nous; elle est gentille mais un peu encombrante. Plusieurs fois, nous rencontrons quelques bouchons lorsque les bus doivent se croisent sur la route étroite; les roues sont alors très proches du ravin.

Nous assistons ensuite à une scène comique : une moto essaye d’en tracter une autre avec une écharpe ! A priori cela n’est pas une bonne idée et les motards se mettent de côté pour laisser passer le bus. A un autre moment, nous voyons au loin un attroupement sur la route. En s’approchant, nous distinguons, en contrebas, dans la rivière, un canot avec des sauveteurs munis de bouteilles à oxygène ; on nous explique qu’une personne est tombée. Comme toujours, le bus s’arrête pour laisser loisir aux curieux d’aller voir ce qu’il se passer, mais cette fois il n’y a rien à voir. Nous repartons et sommes de nouveau ralentis, quelques dizaines de km plus loin, par un nouvel attroupement de personnes et de policiers. Un brancard avec un corps emballé, semblant avoir été repêché dans la rivière passe devant le bus. L’ambiance se tasse, mais les locaux ne semblent pas plus affectés par ce qu’ils viennent de voir.

En effet, quelques mètres plus loin, notre chauffeur décide de passer un appel en conduisant, comme s’il ne réalisait pas que cela pouvait nous conduire dans la rivière! Il ne voit pas la moto de police qui le double et se fait arrêter. Après maintes jérémiades, il s’en sort avec un simple contrôle de papiers: trop facile! Sur le trajet, le bus s’arrête aux derniers check points du trek, pour obtenir les derniers tampons qui certifient que nous sortons de la zone: ça y est, le trek est véritablement terminé. Nous arrivons à Beni, ville poussiéreuse et sans charme, vers 16h pour changer de bus. Finalement, nous aurions facilement pu avoir un bus pour Pokhara et bien moins cher, mais trop tard, nous avons déjà payé. Le nouveau bus est plus grand et plus confortable, et nous nous plaçons à l’arrière pour être moins secoués! De plus, la route est asphaltée sur une bonne partie après Beni, ce qui rend le trajet moins douloureux et plus rapide! La nuit tombe en cours de route et nous fatiguons.

Nous arrivons sur Pokhara vers 19h30, ce qui nous fait une journée de 12h d’aventure dans les transports ! La ville parait très calme pour un samedi soir, comparée à Katmandou. Toujours avec Sandra et Bruno, nous parvenons à trouver une guest house bien confortable à prix très raisonnable, dans le quartier de Lakeside. Nous retrouvons Solène et Max, qui ont pris l’avion de Jomsom le matin, pour moins d’1h de trajet. Nous croisons aussi par hasard Nico et Guillaume qui avaient pris le bus la veille, alors que nous hésitions, et qui ont eu un trajet plus tranquille. Cela fait du bien de passer du temps entre Français et nous finissons la soirée au restaurant, pour un moment très convivial!

Publicités

4 réflexions sur “Trek des Annapurnas – partie 5

  1. Cathy dit :

    Il est temps que vous retrouviez un peu de rigueur… Ah non, pardon, l’Inde ne va rien changer!!! hihihi
    Bravo au Sherpa et aux genoux de Nadia! Les photos sont toujours aussi belles.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s