Passer du Népal à l’Inde: la galère!

Nous partons tôt, le jeudi 1er décembre, pour prendre le bus en direction de l’Inde. Nous espérons atteindre la ville de Bhairawa, située juste avant la frontière, vers 15h et passer en Inde via Sunauli. De là, des bus partent pour Varanasi (Bénarès) jusqu’à 19h. Nous marchons donc vers la gare routière en compagnie de Sandra, qui prend un bus pour Katmandou. Après avoir identifié les véhicules dans lesquels nous devrons respectivement monter, nous prenons un petit-déjeuner rapide. Quelques minutes plus tard, nous nous séparons de Sandra et montons dans notre bus, qui s’avère plutôt confortable : la TV est opérationnelle et même le wifi ! Nous savons qu’il n’y a pas de bus touristique en direction de la frontière indienne, mais ce bus-là nous semble bizarrement rempli en majorité d’occidentaux: nous apprendrons par la suite que le guichet leur a vendu des billets « touriste ». Cependant, comme tous les bus locaux, il s’arrête en bord de route pour récupérer des clients et remplir les sièges vides. Il fait même un grand détour par la ville de Dumre, que nous atteignons peu avant midi. La durée du trajet commence à s’allonger… Nous nous arrêtons pour une pause déjeuner, dans un restaurant de bord de route où sont servis, comme d’habitude, momos, dal et autres plats locaux.

Mais au moment de repartir, alors que tous les passagers sont assis, le chauffeur nous indique qu’il faut redescendre du bus. Selon lui, il y a un genre de grève dans la région frontalière avec l’Inde et tout le secteur est bloqué, interdit à la circulation. Info ou Intox ? Nous commençons à être habitués aux manigances des chauffeurs et refusons de monter dans un bus local, bondé, vers lequel il nous oriente. Nous sommes assez nombreux pour faire  entendre notre voix et exiger des places assises, correspondant au prix payé. Finalement, le chauffeur cède et arrête un autre bus de touristes où il y a encore de la place ; il nous prévient que nous risquons d’attendre un moment avant d’atteindre la région de Bhairawa, mais refuse aussi de nous reconduire à Pokhara… logique… Nous n’avons pas vraiment le choix et montons dans l’autre bus, beaucoup moins confortable.

Le nouveau chauffeur est plus honnête et nous conduit à destination sans nous faire payer. Mais à l’approche de Bhairawa, vers 16h, nous devons nous arrêter : le secteur est vraiment bloqué jusqu’à 17h officiellement. Après 1h d’attente, le bus repart mais doit de nouveau stopper. Une file interminable de véhicules à l’arrêt nous précède ! La nuit tombe et il faudra attendre 19h pour que le convoi reparte, lentement, à cause du trafic dense que cela a généré. Nous arrivons à Bhairawa vers 20h30, et entrons dans le premier hôtel sur notre chemin. Plus question de passer la frontière ce soir, la priorité et de se reposer pour prendre les premiers bus du lendemain vers Varanasi. Il nous reste juste 1000 roupies, mais nous parvenons à négocier la nuit. Malgré ses prestations très limites (fuite dans la salle d’eau, draps sales…), l’hôtel affiche des chambres à 1500 roupies (pour comparer, nous avions presque une suite pour 900 nrs à Pokhara) ! Mais à ce moment-là, l’essentiel pour nous est d’avoir un abri pour la nuit.

Le lendemain, nous nous levons tôt pour quitter l’hôtel vers 6h. En sortant, nous sommes interceptés un peu brusquement par le portier, qui veut vérifier que nous avons bien payé. Après un coup de téléphone, il nous indique sur un ton bourru que nous pouvons partir, puis il se tourne vers Franck pour demander un pourboire ! Nous n’en revenons pas, mais de toute façon il nous reste moins de 50 roupies ! Nous partons donc à pied vers la frontière : 4km de marche, que nous effectuons en 45min. En chemin, les rickshaws nous hèlent et ne nous croient pas quand nous leur disons que nous n’avons pas assez pour une course ! Le trajet est en ligne droite et nous suivons la piste cyclable qui longe la route ; la brume recouvre le paysage alentours, nous ne voyons pas à 100 m. Le jour est complètement levé lorsque nous arrivons à la frontière, où il règne une grande agitation.

Sachant qu’il n’y a pas de bureau de change côté indien, nous tentons notre chance côté népalais. Les taux proposés sont exagérés : 55 roupies pour 1€ alors que le taux officiel est de 72 ! Cela est dû à la zizanie qui règne en ce moment en Inde : le gouvernement a décidé de supprimer les billets de 1000 rs et 500 rs (soit 86% de la monnaie en circulation) quasiment du jour au lendemain, alors que les nouveaux billets de 500 rs n’ont pas encore été imprimés… Cela créé une forte pénurie de liquidités dans le pays et les bureaux de change en profitent. Vus les taux pratiqués, nous prenons le risque de ne rien changer et espérons pouvoir retirer de l’argent à la frontière. Après avoir fait tamponner nos passeports par l’immigration népalaise, nous devons passer un poste de contrôle des sacs, où deux jeunes femmes nous demandent « poliment » de tout vider ! Une part une, toutes nos affaires sont examinées – plus par curiosité que pour un réel contrôle… Evidemment, lorsque tout est déballé sur la table, nous avons ordre de ranger… 30 min perdues pour remettre en place tout le matériel, mais nous avons le temps et rendons à nos contrôleuses la monnaie de leur pièce en créant une file d’attente.

Du côté indien, nous faisons également tamponner nos passeports. Le personnel, très gentil, nous vient en aide pour nos problèmes de monnaie et nous échange 10 $US. Nous parvenons également à échanger des devises avec des touristes qui vont vers le Népal, ce qui nous fait un total de 2000 rs: cela suffira pour une journée, mais il faudra vite trouver une autre solution. Nous prenons la direction de Nautanwa, à 6 km, pour prendre un train vers Varanasi, qui part tous les vendredis à 11h, selon les douaniers. Les auto-rickshaw sont trop chers, les jeeps bondées, mais il n’est même pas 9h et malgré nos estomacs vides, nous décidons d’y aller à pied ! Au bout de 3 km, un bus nous interpelle : « Varanasi ! ». Nous sautons sur l’occasion, montons à bord. Le prix est correct, pas d’arnaque, mais le bus n’est pas confortable du tout ! Les 10h de route qui nous attendent vont être longues ! La chaussée est en bon état jusqu’à Gorakpur, où nous passons la pause déjeuner. Après, cela devient très cahoteux !

Il est 19h lorsque nous arrivons à Ganzipur, alors que la ville n’est qu’à 160 km de Gorakpur. Entre les cahots, les arrêts voyageurs, les arrêts pour passage de trains et les pauses, le trajet ne cesse de s’allonger et il faudra encore 3h pour parcourir les 70 km restant jusqu’à Varanasi ! Nous descendons à la gare routière de Varanasi vers 22h, autant dire que ce n’est pas idéal pour trouver un hôtel. Nous nous dirigeons donc vers un établissement plutôt luxueux, proche de la gare, dans l’idée d’y passer une nuit et de changer de logement le lendemain. L’hôtel s’avère être effectivement très confortable, un peu cher par rapport à notre budget, mais rien comparé à la France. Un peu de confort ne fait pas de mal après 2 jours de voyage en bus, sans se laver et l’estomac presque vide ! Un mariage a lieu juste à côté de l’hôtel (c’est la saison dans le Nord de l’Inde et nous en avons vu sur tout le trajet), malgré le bruit, nous savons que nous allons bien dormir ! Il nous aura fallut 39h pour effectuer les 550 km (détours inclus!) entre Pokhara et Varanasi… pour les prochaines étapes, nous envisagerons le train!

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