Jaisalmer et le désert du Thar

Mardi 20 décembre, nous quittons Jodhpur pour la dernière étape de notre tour du Rajasthan : Jaisalmer. A la gare routière, le chauffeur semble, une fois n’est pas coutume, à cheval sur l’horaire et nous partons à 7h45 précises ! Après 6h de route, la cité dorée apparaît : les bâtisses de grès jaune semblent émerger directement du sable ; sur une colline au centre, le fort flotte comme une île. Le soleil est accablant et la marche de 5 min à travers les ruelles du fort jusqu’à l’hôtel nous épuise. Après un rapide check-in, nous profitons de la lumière du soleil couchant pour nous promener sur les remparts. Ceux-ci, constitués de 99 bastions, ne sont pas totalement ouverts au public, mais la vue sur la ville est magnifique. Nous constatons malheureusement une grande quantité de déchets et le slalom pour les éviter n’est pas des plus agréables. Plus de 3000 personnes vivent aujourd’hui à l’intérieur des remparts, contre quelques centaines à sa construction. Malgré de récents travaux, les infrastructures ne sont pas conçues pour supporter la consommation d’eau et la quantité de déchets générés, d’autant que la population locale n’est pas sensibilisée à la question. Nous terminons la promenade le lendemain, dans les rues du fort, émaillées de temples Jaïns et de Havelis, dont les façades sont magnifiquement ciselées dans le grès. En matinée, la place principale – Dashera Chowk – est emplie de touristes, arrivant par bus entiers, puis partant ensuite en randonnée à dos de dromadaire. Nous aussi avons prévu une méharée avec une nuit dans le désert.

Le mercredi, en début d’après-midi, nous avons rendez-vous avec l’organisateur de la sortie, qui nous amène en moto (oui, à 3 sur une moto…) à l’extérieur du fort. Quelques rues plus loin, une jeep nous attend. 1h de trajet plus tard (40 km), nous atteignons le point de rendez-vous avec notre guide chamelier. Il nous a préparé deux dromadaires, qu’il nous demande rapidement d’enfourcher. C’est vite dit ! Même allongées, les bêtes sont très hautes et cela tourne à l’escalade ! Une fois installés, nos montures se relèvent sur leurs pattes en deux temps et il faut s’accrocher fermement. Notre jeune guide, Lakia, nous conduit dans le désert tandis que la jeep repart : c’est parti pour une immersion en pleine nature, loin de la civilisation ! Le désert du Thar est assez plat, composé principalement de paysages rocailleux ponctués de cactées et d’arbres épineux. Nous croisons quelques chèvres en liberté, des chiens errants, des chameliers faisant une pause à l’ombre et leurs dromadaires, mâchouillant des branchages. Au loin, des femmes, jarres sur la tête, traversent l’étendue de sable pour chercher de l’eau dans les puits disséminés çà et là. Lorsque nous nous étonnons auprès de Lakia de le voir marcher, alors que nous nous laissons porter, il nous répond qu’il est plus douloureux de faire du dromadaire. Nous vérifions cela le soir même ! Après 1h30 de méharée sous une chaleur écrasante, nous sommes rompus ! La descente des montures est tout aussi acrobatique que la montée, et nous sommes contents de retrouver la terre ferme. Notre guide desselle les bêtes, les attache, prépare sommairement ce qui servira de camp et nous prépare un tchaï. Quelle efficacité !

Notre bivouac est situé au pied de petites dunes, au sommet desquelles nous admirons le magnifique coucher de soleil. Au loin, nous apercevons un attroupement : il s’agit probablement des dunes de Sam, qui attirent les groupes de touristes pour le coucher de soleil. Nous savourons le fait d’être seuls… ou presque ! Nous nous rendons compte assez vite que le désert grouille de vie. Des petites empreintes de pas attirent notre attention : il s’agit en fait des traces laissées par les scarabées et des souris vivant dans le sable. Des oiseaux, curieux, s’approchent du campement et tentent de chiper quelques miettes alors que Lakia prépare le repas. La température chute à mesure que le soleil descend derrière l’horizon. Nous ramassons quelques branches mortes pour entretenir le petit feu servant pour la cuisson du curry. Le repas est élaboré aux vues des moyens utilisés : curry de légume savoureux (« no spicy », mais très épicé !), riz et chapatis. La nuit tombée, la chaleur du feu est bienvenue. Le jeune chamelier multitâche fait la vaisselle à l’eau et au sable pendant que nous retrouvons nos instincts primitifs et jouons avec le feu de camp ! Les lits sont vite installés : quelques couvertures matelassés à même le sol en guise de sommier (apparemment le sable tient chaud), d’autres par-dessus pour faire une couette, et nous voilà prêts. Le feu s’éteint petit à petit, et nos yeux s’acclimatent à l’obscurité. Il n’est que 20h30, mais les étoiles sont au rendez-vous ; des milliers de points brillants transpercent l’obscurité comme des petites perles brodées sur un velours bleu sombre. Nous tentons de reconnaître quelques constellations, tandis que près de nous, les souris s’occupent bruyamment des restes du repas. Nous dormons par intermittence, le sol n’étant pas très égal et plutôt dur. Vers 3h30, la lune se lève, éclairant le désert tel un immense lampadaire.

Lorsque le jour se lève, nous devons faire de même tant la clarté est immédiate : il n’y a aucun mur pour empêcher la lumière de passer. Le réveil est difficile… Les dromadaires n’ont pas cessé de ruminer, des petits animaux ont traversé le campement pour le nettoyer du moindre grain de riz et les échos d’un mariage de village ont retenti au loin une bonne partie de la nuit. Mais les magnifiques couleurs du désert au soleil levant compensent notre manque de sommeil et de confort. Notre guide, toujours aussi serviable, nous prépare un thé, puis le petit-déjeuner, avant d’emmener boire les dromadaires. A son retour, nous levons le camp et remontons sur nos montures. La balade passe cette fois par les grandes dunes de Sam, moins fréquentées le matin. Le pas saccadé des dromadaires est amorti par le sable. Les paysages changent à mesure que nous avançons et la fraîcheur matinale laisse rapidement place à la chaleur accablante caractéristique du désert. Nous atteignons un minuscule village, où les quelques maisons, en briques jaunes, semblent abandonnées. Des enfants accourent, envoyés par leurs parents pour demander du chocolat, des stylos ou de l’argent. N’ayant rien à leur offrir, nous décidons de ne pas nous arrêter. Vers 10h, nous retrouvons le chauffeur de jeep et quittons notre guide du désert en lui promettant de bonnes recommandations. L’organisation des méharées par les agences contient tellement d’intermédiaires que les chameliers, en bout de chaîne, ne touchent même pas la moitié du prix. De retour au fort, nous sommes heureux de pouvoir prendre une douche et faire une sieste, mais nous gardons en tête le souvenir superbe du désert du Thar.

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2 réflexions sur “Jaisalmer et le désert du Thar

  1. Marion dit :

    Ouah ça y est jsuis à jour!!! Ça m’a pris trois jours pour lire toutes vos aventures.
    Merci pour vos récits. C’est vraiment trop chouette de pouvoir suivre votre voyage. Ça me donne trop envie de manger indien surtout ^^

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    • Nadia dit :

      Hihihi! C’est gentil de consacrer tes vacances à la lecture de notre blog! 😊 C’est vrai que la nourriture indienne est très bonne mais j’avoue qu’après un mois en Inde on a parfois envie de manger français! 😁 Bisous

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