Prendre le bus avec Hanuman… check!

Le vendredi 23, nous devons partir pour Delhi en fin de journée, avec l’espoir de fêter le réveillon de Noël dans la capitale. Nous prévoyons donc de passer une partie de la journée à attendre l’heure du train dans un petit restaurant. Mais peu après midi, nous apprenons que nous n’avons pas les places de train (nous étions sur liste d’attente) : il faut trouver une solution car l’hôtel à Delhi est déjà réservé. Du fait des fêtes de fin d’année, tous les transports sont bondés et nous n’envisageons pas de prendre un bus local. Non seulement il n’y a pas de direct pour Delhi, mais le trajet jusqu’à la capitale durerait plus de 18h ! Nous réservons donc des places dans un bus privé de nuit pour Jaipur, dans l’idée de prendre ensuite une correspondance pour Delhi. Malheureusement, en dernière minute, il est impossible de trouver des places en couchette ; le vendeur nous promet tout de même des sièges inclinables, ce qui ne devrait pas être pire qu’un trajet aérien en classe économique, malgré les 12h prévues.

Lorsque nous nous rendons au départ de la compagnie de bus privés –  Hanuman* Travel – une mauvaise surprise nous attend : nos places sont situées tout au fond du bus, sur la banquette non inclinable. Nous tentons de négocier avec la personne en charge du placement, mais rien à faire. Apparemment tout est réservé, sauf une couchette individuelle. Nous entrons dans le bus pour évaluer la situation : du côté gauche, deux étages de couchettes individuelles sont alignés sur toute la longueur. En haut, elles ferment par des vitres coulissantes, formant des compartiments, tandis qu’en bas, de simples rideaux les séparent du couloir. De l’autre côté, une vingtaine de sièges inclinables sont disposés en rangées de deux, sous un plafond de couchettes doubles. Au fond, la banquette arrière est divisée en quatre places, assez peu confortables. Etant donné la chaleur qui règne dans le véhicule, nous n’imaginons pas tenir à deux dans une couchette individuelle fermée et refusons l’offre ; la place ne tarde pas à être prise par deux jeunes.

Nous quittons Jaisalmer à 16h30, la chaleur dans le bus est étouffante. Alors que toutes les places sont censées être réservées, nous partons presque à vide. Nous nous arrêtons régulièrement pour prendre des personnes, comme un bus local. Nous comprendrons plus tard que le « placeur » a vendu au moins trois fois chaque siège et qu’il compte jouer sur une succession de petits trajets pour faire le jeu des chaises musicales avec les passagers. A plusieurs reprises, des voyageurs entrant nous demandent de leur laisser « leur » place : ils ont un ticket avec le même numéro. Heureusement, ayant réservé depuis la gare de départ, il semble que nous sommes prioritaires. Rapidement, le véhicule se remplit : le « placeur » utilise en fait les couchettes du bas pour entasser des personnes qui acceptent (ou n’ont pas le choix) de voyager dans ces conditions pour un meilleur tarif. Certains sont même assis au sol, dans le couloir. Au fil des heures qui passent, le bus continue d’accepter de nouveaux passagers et nous nous retrouvons bientôt massés au milieu d’une foule d’Indiens, chacun tentant de trouver une position pour grappiller quelques minutes de sommeil. La nuit étant tombée, il fait maintenant froid dehors, et un désagréable courant d’air circule par les fenêtres qui ne ferment pas bien.

Vers 4h du matin, nous atteignons avec soulagement la ville de Jaipur, d’où partent des liaisons régulières vers la capitale. Nous réservons une couchette, qui nous permettra, malgré la conduite chaotique du chauffeur, de récupérer quelques heures de sommeil sur les six que compte le trajet. En arrivant à Delhi, nous avons un choc : cela fait des semaines que nous n’avions pas vu de ville si moderne et si étendue. Alors que nous sommes encore à une trentaine de kilomètres du centre, de hauts buildings se succèdent déjà le long de grandes artères de circulation, et des ponts autoroutiers, chargés de véhicules, s’entrecroisent et façonnent le paysage urbain. C’était comme ça en banlieue parisienne… Le bus s’arrête bien au sud de la ville et il nous faudra prendre un auto-rickshaw pour gagner le secteur de la gare, où se trouve l’hôtel. C’est aussi le secteur touristique par excellence et les rabatteurs et escrocs se bousculent à la vue du moindre touriste. Après presque un mois en Inde, nous n’avons plus de difficulté à les esquiver, mais la foule et l’agitation qui règne dans le quartier nous rendent déjà nostalgiques du Rajasthan ! Nous sommes le 24 décembre: étant donné le niveau de fatigue que nous avons atteint, nous fêterons Noël le 25 cette année !

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* Hanuman est un dieu Hindou à l’apparence d’un singe, très populaire dans les villages.

Image à la une: Pixabay.com

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3 réflexions sur “Prendre le bus avec Hanuman… check!

  1. JESSE EAT WORLD dit :

    Je compatis, les trajets de bus en Inde sont une expérience aussi chaotique que riche en surprises (plus ou moins bonnes selon votre karma). Votre récit fait écho a une expérience similaire que j’ai vécu sur la route vers Jaipur justement et me remémore ces souvenirs si particuliers. Bonne route, amicalement, Jesse

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  2. Christian dit :

    Merci pour tous ces récits et ces belles photos !!!
    J’avais pris un peu de retard… Ca fait vraiment rêver 🙂
    Je vous souhaite un bon réveillon, surement tout aussi magique et rocambolesque que les récits précédents !
    A l’année prochaine.

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