Delhi, capitale aux multiples facettes

Pour notre premier jour à Delhi, nous prévoyons un programme assez chargé en marche à pied, mais prometteur en terme de découvertes: d’abord le fort rouge, dans le Old Delhi, au nord, le matin, puis le mausolée d’Humayun, bien plus au sud, dans l’après-midi. Au total, un tour de près de 20 km, interrompu par une pause déjeuner spéciale « Noël ». En effet, nous sommes le 25 décembre et nous avons envie de nous faire plaisir avec un bon restaurant italien! Une fois levés, nous prenons donc la direction du quartier d’Old Delhi; le temps est très brumeux (brouillard et pollution) et il fait frais. La ville de Delhi est en fait une combinaison de plusieurs anciennes villes, qui constituent aujourd’hui des quartiers de la capitale. L’actuelle Old Delhi, dont les rues sont de véritables bazars envahis de marchands ambulants, était aux XVIè et XVIIè siècles la capitale de l’empire Moghol et s’appelait Shahjahanabad (du nom de l’empereur Shah Jahan*). Après avoir traversé l’agitation de Chandni Chowk – autre nom du quartier – nous arrivons à la Jama Masjid (mosquée du vendredi). Le bâtiment, construit dans le même style que la mosquée de Fatehpur, peut accueillir 25000 personnes: c’est la plus grande mosquée d’Inde. Cependant, nous ne la visitons pas et allons directement à l’entrée du fort rouge, également bâti sous le règne de Shah Jahan. Ce fort, autrefois habitation grandiose de l’empereur, a beaucoup souffert des péripéties de l’histoire de l’Inde et est aujourd’hui dans un assez mauvais état. Il constitue néanmoins un symbole national pour nombre d’Indiens, puisque le drapeau de l’Inde a été hissé au sommet de la porte principal en 1947, le jour de l’Indépendance. Le fort abrite quelques musées, intéressants, mais peu entretenus et documentés (musée de l’armement, musée de la lutte pour l’Indépendance…). La conservation et la rénovation des structures sont sous la responsabilité de l’Archeological Survay of India, un organisme public. Mais au regard des monuments visités au Rajasthan, le travail de restauration est assez peu avancé et un grand nombre de bâtiments sont interdits d’accès. La brume et le froid ajoutés, nous n’apprécions pas vraiment la visite et quittons les lieux avant midi.

Nous nous rendons à pied à Khan Market, quartier de boutiques et restaurants chics à l’est de New Delhi, et où se trouve le bon petit restaurant italien repéré pour notre repas de Noël. Les plats savoureux nous font vite oublier la longue marche et l’heure passée à tourner dans le quartier pour trouver le restaurant! Nous repartons dans l’après-midi en direction du sud-est, pour la visite du tombeau d’Humayun – 2ème empereur de l’empire Mughal et arrière-grand-père de Shah Jahan. Passée la porte d’accès, nous avons une bonne surprise en découvrant des jardins symétriques, des fontaines alignées et un joli bâtiment sur une grande plateforme, semblables au Taj Mahal. En grès et marbre rose, le monument est en fait le précurseur du célèbre mausolée d’Agra, et le premier de ce style en Inde. Le travail de restauration considérable et mené par un organisme privé est bien mis en évidence, notamment la flèche de la coupole, entièrement recouverte d’or en 2016. Le site, avec ses immenses jardins paysagés, doit être vraiment plaisant par beau temps, même avec la foule du dimanche! La fin de journée approchant, le froid et l’humidité se font de plus en plus désagréables et nous décidons de rentrer en auto-rickshaw, nous épargnant quelques kilomètres de marche supplémentaires!

Le lendemain, nous nous levons aux aurores pour prendre le métro avant l’heure de pointe et nous rendre tout au sud de Delhi, où se trouvent les plus anciennes ruines de la cité. Plus économique, propre et sûr que l’auto-rickshaw, le métro est également une bonne surprise – il y a des progrès à faire en France! Nous gagnons les ruines de Qutub Minar en début de matinée. Le soleil est au rendez-vous mais il est encore tôt et il y a peu de visiteurs: parfait! Le site est très photogénique; la visite s’avère non seulement agréable, mais aussi intéressante. Les ruines datant du XIè au XIIIè siècle sont plutôt bien conservées, l’attraction principale étant le Qutub Minar, une tour de 73m de haut, dont la construction débuta en 1200. Un pilier en fer, dans une cour intérieure attire l’attention: il daterait du IVè siècle mais les scientifiques s’interrogent toujours sur la façon dont il aurait été fabriqué avec les techniques de l’époque. Nous quittons les lieux pour nous rendre, quelques centaines de mètres plus loin, dans le parc de l’Archeological Survey of India. Il s’agit d’un espace vert, plus ou moins géré, dans lequel sont disséminées des ruines datant de différentes époques. Le site est relativement désert, ce qui nous donne l’impression de partir à la découverte de ruines non explorées! Nous traversons le parc pour déboucher sur un quartier populaire, mais authentique: ici, pas de rabatteurs ni d’escrocs, les gens n’affichent aucun intérêt (si ce n’est de la curiosité) pour les touristes.

Un auro-rickshaw nous permet de gagner rapidement le quartier d’Hauz Khas, un peu plus au nord. Nous commençons par traverser le « Deer Park » (parc aux daims), qui – comme son nom l’indique – comporte une petite colonie de cervidés. Nous croisons un grand nombre d’écoliers et de jeunes couples, qui profitent du parc pour braver les traditions puritaines du pays (se tenir la main dans la rue est un geste déplacé). Nous atteignons Hauz Khas village, zone commerçante très « bobo », en bordure du lac Hauz Khas Tank. Ce réservoir et les bâtiments qui l’entourent datent du XIIIè siècle, et ont été bâtis par l’empereur Allaudin. Le lieu est paisible et nous profitons de l’ombre qu’il procure pour faire une pause dans notre programme. Après un déjeuner copieux (et une note salée) dans l’un des nombreux restaurants branchés du quartier, nous nous rendons aux Lodi Gardens. Ces jardins abritent également des ruines, et notamment les cénotaphes de la dynastie afghane des Lodi, ayant régné sur Delhi juste avant les Moghols, au XIVè siècle. Comme tous les parcs visités depuis le début de la journée, il offre une détente bienvenue dans l’agitation de la capitale, et est fréquenté par de nombreux habitants. Malgré tout, le lieu reste propre et bien entretenu, ce qui est appréciable après avoir vu des montagnes de déchet sur d’autres sites d’Inde du Nord. Nous terminons la journée assez tôt, épuisés par la marche et la chaleur (le temps était magnifique comparé à la veille).

Notre séjour à Delhi se poursuit par un troisième jour, beaucoup moins chargé que les précédents. Nous commençons donc tardivement la journée en nous rendant au National Museum. Bien qu’un peu défraîchi, ce musée est très intéressant et abrite des collections diverses: sculptures et peintures de l’Inde à travers les âges, ornements royaux rares, parures de bijoux fantastiques… Nous passons presque 3h dans les galeries climatisées, suivant les commentaires de l’audio-guide. A la sortie, le soleil est au rendez-vous et invite à la balade: nous traversons New Delhi (la partie coloniale de la ville) pour nous rendre à la porte de l’Inde. L’India Gate est un mémorial de guerre, construit en 1931 par l’architecte de la ville – Edwin Lutyens – qui fût également chargé du tracé de New Delhi et qui est à l’origine de l’alignement de ses principaux monuments. Nous longeons le Rajpath, immense allée de procession reliant la porte de l’Inde au Rashtrapati Bhavan (résidence présidentielle), en plein préparation pour le défilé du 26 janvier, jour de fête nationale. L’accès à l’habitation du président de l’Inde étant interdit, nous devons nous contenter de photos prises de loin, avant de rentrer par le quartier de Connaught Place. Cette grande place circulaire n’est en réalité qu’une zone commerciale aménagée sur un immense rond-point. A part pour le shopping, il y a donc peu d’intérêt à y rester, d’autant qu’elle est envahie de rabatteurs et d’escrocs qui tentent d’emmener les touristes peu avertis dans une agence ou un hôtel où ils toucheront une commission.

Nous quittons Delhi le 28 janvier pour nous rendre par avion à Bangalore, où nous attendent Cathy et Rahul. Pour cela, nous prenons le métro qui relie directement la gare de New Delhi à l’aéroport international. Mais les contrôles de sécurité, que nous avions admirés deux jours plus tôt, ne nous paraissent plus aussi utiles lorsque nous nous faisons arrêter pour un couteau détecté dans le sac de Franck! Il s’agit d’un cadeau, ramené du Népal pour Rahul, et qui n’est absolument pas tranchant; mais les militaires assurant la sécurité dans le métro ne sont pas de cet avis et nous négocions difficilement l’autorisation de passer! Heureusement que le couteau suisse n’a pas été repéré… La suite du voyage se fait sans encombre. Après 2h30 de vol nous atteindrons Bangalore et serons accueillis chaleureusement (et royalement) par Cathy et Rahul. En perspective: de bons moments en famille et un réveillon avec foie gras!!!

* Shah Jahan (1592-1666) est un empereur Moghol qui a régné entre 1627 et 1658, date à laquelle il fût renversé par son fils Aurangzeb. Il est notamment connu pour la construction du Taj Mahal.

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2 réflexions sur “Delhi, capitale aux multiples facettes

  1. Mengus veroique dit :

    je vous souhaites une année 2017 encore pleine d’aventure, profitez de tous les petits bonheurs que la vie peut nous offrir. Je vous souhaite également l’amour, la réussite et la santé la meilleure possible. Excellente année 2017 à vous.

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