Vacances au Kerala: Periyar

Eh oui, même en tour du monde, nous nous octroyons des vacances! Il faut dire que notre mode de voyage n’est pas des plus reposants et que quelques jours à se laisser guider par notre agence de voyage préférée (Cathy) sont très appréciables. Les parents de Nadia nous ont rejoints pour fêter le nouvel an à Bangalore, puis, après une orgie de foie gras, chocolats et autres délices de fin d’année, nous avons tous les 5 pris l’avion pour Cochin, la capitale du Kerala.Lundi matin, à l’arrivée, une voiture avec chauffeur nous attend: le grand luxe! Nous enchaînons immédiatement sur les 5 heures de route qui mènent à la réserve naturelle de Periyar, dans les Ghats occidentaux (montagnes bordant le littoral ouest). Le climat diffère complètement du nord de l’Inde et même de Bangalore (où il faisait sec et chaud la journée, plus frais le soir). Ici, l’air est chargé d’humidité et une chaleur moite nous enveloppe dès la sortie de l’aéroport. Mais la végétation est luxuriante et le ciel d’un bleu profond: un vrai paysage de vacances! Sur le bord de route se succèdent des plantations d’ananas, de bananiers, cocotiers et autres palmiers. Certains arbres ont des sacs plastiques accrochés au tronc, pour en récupérer le latex. Avec l’altitude, la forêt tropicale laisse place aux plantations de thé: magnifique! Le trajet, en lacet, est assez long et nous ne l’interrompons que pour une courte pause petit-déjeuner. A l’arrivée, la petite ville de Kumily est assez bruyante; il y a peu de touristes, mais de nombreux pèlerins, en route pour Sabarimala, une colline proche. Heureusement, notre guest house se situe en retrait de la route, plus au calme; des caféiers  entourent la jolie maison et l’air est agréablement frais à l’ombre de la véranda. Nous commençons notre programme par l’activité favorite des vacanciers: la sieste! Nous irons ensuite nous promener en ville pour organiser les activités sur place et finirons la soirée au restaurant.

Pour le lendemain, nous avons réservé un tour guidé (« green walk ») dans la réserve naturelle de Periyar. Nous espérons apercevoir des éléphants (la réserve en compte près de 1000), mais ne sommes pas très optimistes – ni motivés – concernant une rencontre avec l’un des 45 tigres du parc. Après avoir fait les démarches pour obtenir les entrées, nous rejoignons le point de départ et notre guide, qui s’avère être un peu renfrogné. Il nous annonce d’emblée que nous ne sommes pas certains de voir des animaux – le groupe de la veille n’a rien vu – et que pour voir les éléphants, il valait mieux privilégier la fin de journée… Mais après quelques minutes de marche, nous découvrons déjà les premiers animaux: un troupeau de vaches! Avouons-le: étant en Inde, nous espérions voir autre chose que des vaches sauvages… Mais c’est un bon début. Le guide nous informe que le troupeau comporte plusieurs petits et nous devons passer à proximité avec prudence pour éviter d’énerver les mâles qui en assurent la protection. La balade continue, ponctuée d’explications sur la faune et la flore locale. Nous apprenons, par exemple, que le banian se développe depuis la cime d’un autre arbre, ses racines descendent vers le sol et finissent par étrangler l’arbre hôte. Régulièrement, notre guide s’arrête pour observer les traces laissées par des animaux et écouter, puis il part en repérage avant de revenir nous chercher s’il a détecté un animal. Cette technique nous permet d’apercevoir des troupeaux de différentes espèces de cervidés, difficiles à distinguer à travers les feuillages. Nous sommes aux aguets, déterminés à repérer la moindre trace de pelage, le moindre mouvement! A un moment, nous tombons même nez à nez avec un petit sambar (cervidé) caché au creux de grandes racines. Après 2h de marche en forêt, nous quittons notre guide satisfaits: nous n’avons pas vu d’éléphants ni de tigres, mais quelques bovins, plusieurs troupeaux de cervidés, des écureuils géants, de magnifiques oiseaux et beaucoup de singes!

Nous faisons un détour par la ville pour reprendre des forces, avant de rejoindre l’autre entrée du parc, qui propose un petit parcours libre avec panneaux explicatifs. Malgré la proximité de la route en contrebas, nous sommes chanceux et apercevons encore des singes, des cervidés et de petits sangliers. Nous marchons jusqu’au lac de Periyar, lieu propice à l’observation des oiseaux. Sur le bord de la route, les macaques attendent que les touristes leur donnent de la nourriture. Nous rentrons à la guest house en début d’après-midi, il fait très chaud et une petite sieste est bienvenue! En fin de journée, nous nous rendons dans un centre de soins ayurvédiques, où nous avons réservé des séances de massage. L’ayurvéda est une médecine basée sur une hygiène de vie particulière et différents soins (massages, lavements, cures) à base de plantes. A la sortie, les expériences sont mitigées! Le massage ayurvédique est fait pour soulager les douleurs mais pas forcément pour détendre… Il est donc parfois assez dynamique et la quantité d’huile utilisée est affolante! Notamment lors du Shirodhara, où de l’huile tiède est versée en continu sur le front du patient pour soulager les maux liés au stress. De plus, il est recommandé d’attendre 1h que les huiles essentielles fassent effet avant de se laver… C’est donc un peu poisseux que nous quittons le centre de massage et nous rendons dans un restaurant tenu par un britannique un peu loufoque, n’ayant aucune notion de la signification du verbe « articuler »! La soirée se termine toutefois dans la bonne humeur.

Le mercredi, nous sollicitons notre chauffeur pour nous rendre dans une plantation de thé. La région de Periyar, et plus généralement les Ghats occidentaux, sont connus pour les cultures d’épices et de thé. On trouve également du café et du cacao, mais en faibles quantités. Nous nous arrêtons à la plantation « Connemara », qui propose des visites de l’usine. Les explications, très sommaires, sont accompagnées de photos projetées dans une salle avant d’aller sur le terrain, trop bruyant. L’exploitation en question produit 3 tonnes de poudre de thé noir par jour, destinée essentiellement au marché local (les indiens consomment surtout du thé en poudre pour le chaï) – c’est donc un grossiste. Pour cela, 15 tonnes de feuilles sont nécessaires; elles sont rapidement séchées à l’air libre (à peine 14h), puis broyées en poudre. Celle-ci est ensuite oxydée pour libérer les arômes du thé, avant d’être séchée à 130°C, dans un four à bois qui consomme 9 tonnes de bûches par jour! La visite se termine au bout de 30 min par une dégustation de thé trop cuit et donc amer. Mais nous sommes ensuite autorisés à nous promener à loisir dans les plantations, ce qui rattrape bien la matinée. Le temps est très agréable et le paysage des buissons de thé, formant un tapis vert contrastant avec la terre rouge des collines, est magnifique. Au milieu des rangées de théiers, de grands arbres sont plantés à intervalles réguliers pour maîtriser l’irrigation du sol. Sur certains d’entre eux pousse du poivre; cela donne envie de planter faire pousser des épices chez soi!

Nous reprenons la route en fin de matinée, en direction d’un jardin d’épices. La visite permet de se promener dans un petit jardin d’exposition, dans lequel sont regroupés des plantes utilisées dans la médecine ayurvédique. Les explications, très intéressantes, nous apprennent qu’il existe une plante pour presque chaque mal; mais il vaut mieux un suivi médical pour suivre un tel traitement. Toutes ces visites ayant aiguisé notre appétit, nous prenons un déjeuner tardif dans un restaurant avec vue sur la réserve naturelle; non seulement les plats sont excellents, mais en plus nous pouvons observer quelques animaux depuis la baie vitrée. En fin de journée, nous nous rendons dans l’un des centres culturels proposant un spectacle de Kathakali. Il s’agit d’un art théâtral très élaboré, spécifique au Kerala, mêlant la danse, le conte et la musique. Nous assistons au maquillage et à l’habillage, phases importantes de la préparation. En effet, les acteurs ne parlant pas, ils doivent communiquer via les expressions de leur visage et leur posture, le maquillage permettant de les accentuer. Les représentations de Kathakali ont généralement lieu lors de festivals ou d’événements particuliers, durent plusieurs heures et racontent généralement une histoire tirée des croyances hindoues. Pour les touristes, les centres culturels proposent des représentations de 1h, ce qui est suffisant pour une première fois! Notre séjour à Periyar touchant à sa fin, nous effectuons les derniers achats d’épices avant de rentrer à la guest house – non sans avoir goûté les chips de banane plantain, spécialité locale à ne pas manquer!

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