Changement d’air à Ooty

Lundi 9 janvier, nous reprenons la route en direction de Ooty, petite ville dans les Nilgiris (« montagnes bleues »), dans le nord du Tamil Nadu. A la gare routière, difficile de se remettre en mode « baroudeur » et nous mettons un peu plus de temps que d’habitude à trouver notre bus. Comme il n’y a pas de liaison directe, nous devrons passer par Coimbatore pour changer de véhicule.Le début du trajet est très long: nous partons en retard (le bus est presque vide) et le chauffeur n’est pas très aimable. Il nous faudra 6h pour atteindre la deuxième plus grande ville du Tamil Nadu. Nous devons changer de gare routière pour trouver les bus vers Ooty, mais les conducteurs d’auto-rickshaw se moquent bien de nous et nous demandent 3 fois le prix de la course. Il nous faut marcher 1km avant de parvenir à négocier un prix correct! Le Kerala n’est pourtant pas si loin, pourquoi les gens sont-ils si différents? La gare routière qui accueille les bus en direction des Nilgiris est bien organisée, et nous sommes soulagés de constater que notre chauffeur est non seulement aimable, mais aussi bon conducteur! Le trajet sinueux qui monte à travers les montagnes est agréable malgré la succession de virages en épingles, dont l’approche est impressionnante lorsqu’on est assis à l’avant du bus. Au fur et à mesure de l’ascension, l’air devient plus frais, et le pull n’est pas de trop une fois arrivés à Ooty, à 2200m d’altitude. En fin de journée, la brume est omniprésente, et le froid humide nous saisit. Nous nous dépêchons de gagner la guest house pour nous mettre au chaud. Avec son confort très sommaire, ses chambres excentrées de la salle commune et ses repas bon marché, ce lodge nous rappelle le Népal! D’autant qu’acclimatés à la chaleur de la côte Kéralaise, nous avons bien du mal à supporter l’air frais et nous ressortons les polaires, jusqu’alors laissées au fond du sac!

Le lendemain, notre programme est plutôt léger: le but est de profiter des paysages et de la verdure avant de rentrer en ville. Nous tardons à quitter la guest house, profitant des rayons de soleil matinaux qui réchauffent sur le seuil de notre chambre. Nous partons ensuite pour le Doddabetta Peak, le point culminant des Nilgiris (2633m), à 15km de marche. Il nous faut traverser les rues animées d’Ooty, avant de prendre la route sinueuse qui rejoint le village de Kotagiri. La partie de « randonnée » sur route n’est pas fantastique, bien qu’elle donne de jolis points de vue sur la ville et les maisons d’agriculteurs accrochées aux pentes. Nous devons régulièrement nous ranger sur le bas-côté pour laisser passer les bus et jeeps qui arrivent à toute allure. La pente est raide, mais nous montons assez vite, heureux de constater que nous n’avons pas complètement perdu les bénéfices du trek au Népal! Nous prenons l’embranchement qui mène au sommet: il reste 3km et cette portion de route est payante pour les véhicules. Cependant, les marcheurs sont rares, et nous ne croiserons des gens à pied que sur les premiers et les derniers 100m! Nous apprécions donc d’autant plus la marche en forêt, activité assez rare en Inde, que nous sommes seuls. Arrivés au sommet, nous trouvons une foule de touristes indiens, montés en moto ou en minibus. Un petit marché se trouve juste après le parking, et permet aux étourdis d’acheter bonnets et gants. En marchant, nous n’avions pas senti la température baisser, mais il fait effectivement assez froid au sommet. Le vent, même faible, additionné à l’humidité de l’air, accentue la sensation de fraîcheur. La vue est malheureusement bouchée; la brume est montée peu de temps avant que nous arrivions et ne semble pas vouloir s’estomper avant la fin de journée. Tant pis, nous prendrons notre déjeuner dans le brouillard, mais contents d’avoir fait l’effort de monter à pied!

Nous ne restons pas longtemps au sommet – les possibles chemins de randonnée étant fermés pour éviter les dégradations – et redescendons en début d’après-midi vers la ville. Les Indiens visitent les Nilgiris surtout pour l’air frais, le thé et les épices. Ooty est également réputée pour ses chocolats. Nous faisons donc halte dans une petite boutique, pour nous réchauffer avec un thé chaud et quelques carreaux de chocolat: pas mal! Nous nous rendons ensuite au jardin botanique, lieu préservé, où tout est interdit! Interdiction de fumer, d’uriner, de jouer, d’entrer dans le parc avec du plastique ou avec des jouets! Il faut bien cela pour garantir la propreté du site; malgré les dizaines de poubelles disposées tout au long du parc, le personnel est obligé de ramasser régulièrement les déchets laissés au sol… Nous nous promenons paisiblement une bonne partie de l’après-midi dans les allées du jardin paysagé. Ce n’est pas la meilleure saison (il y a beaucoup d’emplacements vides), mais déjà il est possible de voir une grande variété de plantes. Le parc est très grand et l’on pourrait y passer la journée. Nous rentrons assez tôt à la guest house, fatigués par les kilomètres parcourus. Comme au Népal, la journée se termine autour d’un dîner anticipé et bien chaud pour échapper au froid.

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