Iorana koe Rapa Nui!

Bienvenue à l’Île de Pâques! La première nuit sur l’île nous a fait grand bien : dormir allongés après plus de 50h en transit était vraiment nécessaire ! Mais nous sentons encore les effets du décalage horaire, d’autant que nos téléphones sont restés à l’heure de Santiago et que nous nous levons à 7h en croyant qu’il est 9h ! Nous faisons un petit tour matinal sur l’île : petits pains (des vrais, les premiers depuis 3 mois!) sur le bord de mer. De quoi requinquer deux Français au bout du monde ! Le temps est magnifique : grand ciel bleu et il fait déjà plus de 20°C. Après un tour par l’office de tourisme, nous retournons au camping pour effectuer le check-in : Benjamin, le gérant, appose un tampon de l’île de Pâques sur nos passeports, puis des membres de son équipe nous donnent des explications sur l’île et des conseils pour la visiter. Ils sont vraiment accueillants! Nous allons ensuite à l’aéroport, espérant avoir de bonnes nouvelles pour nos bagages. Nous attendons presque 1h, avec moult rebondissements (pas de bagages dans le système, la sécurité de Santiago ne les trouve pas…), avant que le personnel de la compagnie nous annonce qu’ils ont été finalement retrouvés à Santiago ! Ouf ! En fait, nous aurions dû les récupérer à l’arrivée du vol de Toronto, puisque nous avons passé la douane et que le vol vers l’Île de Pâques est un vol domestique (donc pas de transfert automatique des bagages). Nos sacs seront enfin livrés au camping le lendemain, en début d’après-midi.

En attendant, pas question pour nous de rester immobiles. Après avoir quitté l’aéroport, nous prenons la direction du musée anthropologique, expliquant l’histoire de l’île. Mais celui-ci est fermé pour travaux : c’est vraiment dommage, non seulement parce qu’il est recommandé dans notre guide, mais surtout parce que nous avons marché 1h en plein soleil pour y arriver ! Nous revenons vers l’unique ville de l’île, Hanga Roa, par le bord de mer et le site cérémoniel de Ahu Tahai. Des Moais, immenses statues taillées dans la roche, se dressent sur un Ahu (autel), dos à la mer. D’une hauteur moyenne de 4,5m, elles sont vraiment imposantes et sont devenues l’emblème de l’île. Ces statues sont rattachées aux traditions ancestrales du peuple Rapa Nui, dont les origines sont polynésiennes. Le littoral de l’île est jalonné de ces Ahu, sites cérémoniels et de sépulture, surmontés de Moais, tous tournant le dos à la mer. Aujourd’hui, seules quelques statues sont debout, toutes redressées assez récemment par des organismes de conservation du patrimoine. En effet, des guerres tribales au XVIIè siècle auraient conduit à la destruction des sites et à la mise à terre des Moais, représentant chacun une tribu de l’île. Le soleil de plomb ne nous permet pas de profiter du site dans les meilleures conditions: il faudra revenir, pour le coucher de soleil qui, parait-il, est magnifique à cet endroit. Nous tombons de fatigue dès 18h, décalage horaire oblige, et nous filons nous coucher, assommés par la chaleur.

Le mercredi matin, le temps est un peu couvert. Comme nous avons bien pris le soleil la veille, c’est un temps idéal pour sortir sans risque de brûlures ! Nous prenons donc le chemin du cratère du volcan Rano Kau et du site d’Orongo, situés sur la pointe Sud-Ouest de l’île. Celle-ci a la forme d’un triangle, formé par les éruptions successives de 4 volcans, aujourd’hui éteints. Le Poike en est le plus ancien et forme la pointe Est de l’île; longtemps isolé en mer, il a ensuite été relié à l’île par les éruptions du Maunga Terevaka, et ses falaises érodées par les vagues océanes forment aujourd’hui un rempart côté terre. Le Maunga Terevaka est le volcan qui a donné sa forme de triangle à l’île, et son sommet le plus haut: 511m. Le Rano Raraku est un petit volcan au cœur de l’île, dont la particularité est d’abriter la carrière dans laquelle les Moais ont été taillés. Enfin, le Rano Kau, deuxième sommet de l’île avec ses 410m, présente un cratère dont le chapeau a sauté suite à une éruption violente. A la place s’est formée une zone marécageuse, dans laquelle se sont développées une flore et une micro faune particulières. De nombreux sites archéologiques sont situés tout autour du cratère, mais non accessible à la visite. Sur le flanc Ouest du volcan, le village cérémoniel d’Orongo a été reconstitué et mis en valeur par la Conaf, organisme public gérant admirablement les parcs nationaux du Chili.

Le trajet menant au début du sentier est assez long, car nous devons passer de l’autre côté du petit aéroport, en suivant la route. Nous sommes escortés par 2 chiens errants, qui semblent vouloir nous montrer le chemin, et nous emmènent vers le site de Hanga Piko: une grotte naturelle dans la lave, sur le bord de l’océan, abritant des peintures rupestres. Nous descendons les quelques marches glissantes permettant d’accéder au site et tombons sur un groupe guidé, en train de visiter; nous saisissons quelques explications à la volée: les représentations d’oiseaux seraient liées au culte de Maké-Maké, l’homme-oiseau.  Les teintes utilisées (rouge, noir, blanc) sont les même que pour la peinture sur corps réalisée lors des rituels traditionnels. Malgré les éléments agressifs, ces peintures sont bien conservées, mais elles sont relativement récentes (moins de 300 ans). Nous profitons ensuite de l’air marin en restant sur le littoral, découvrant de nouvelles grottes naturelles, non accessibles, mais abritant probablement d’autres peintures. Nous prenons ensuite le sentier menant au sommet du volcan, toujours escortés par les chiens errants. Le chemin, très bien balisé, est assez raide et monte au plus direct, en ligne droite. Malgré les nuages, nous sentons le soleil taper fort sur les derniers 500m, alors que nous sortons de la forêt.

Au sommet, la vue est magnifique: au cœur du cratère, le ciel se reflète sur le lac, émaillé d’îlots de végétation marécageuse. Alors que nous n’avions croisé qu’une personne sur le sentier, ici, les touristes affluent, acheminés en voiture ou en bus par une route sinueuse et beaucoup plus longue. Un peu plus loin, nous rejoignons l’entrée du village cérémoniel d’Orongo. Ce site, aujourd’hui abandonné, n’était utilisé que pendant l’été par le peuple Rapa Nui. Etant donné le vent qui souffle, nous comprenons pourquoi! Le village d’Orongo est représentatif d’un tournant dans la culture de l’île car le culte de l’homme-oiseau aurait succédé aux traditions ancestrales basées sur les Moais. Il ne s’agissait pas d’un lieu de vie, mais plutôt d’un lieu de retraite, où les participants à une compétition ancestrale entre tribus – Tangata-Manu – venaient se préparer mentalement. Il fallait en effet une grande force de caractère pour participer au challenge, qui consistait à descendre la falaise jusqu’à l’océan (300m), puis traverser à la nage l’eau infestée de requins pour rejoindre un îlot, à 1,4km. Là, les compétiteurs attendaient patiemment qu’un oiseau marin (une sterne endémique de l’île) vienne pondre le premier œuf de l’année: il fallait alors s’en emparer, regagner la côte à la nage, remonter toute la falaise et rapporter l’œuf indemne! Le champion était ainsi désigné « homme-oiseau » pendant un an, ce qui lui permettait de bénéficier d’un statut privilégié mais signifiait également un an d’isolement! La dernière compétition aurait eu lieu en 1867.

Nous suivons le sentier balisé qui serpente entre les maisons en pierres empilées, avant d’arriver à un repère indiquant des pétroglyphes. Il s’agit de symboles gravés dans la roche et liés au culte de Maké-Maké, l’homme-oiseau. Malheureusement, la plupart des pétroglyphes présents autour du volcan ne sont plus accessibles au public pour des raisons de sécurité (proximité des falaises, éboulements…). Nous redescendons vers le camping en début d’après-midi, harassés par la marche en pleine chaleur. Nos bagages enfin arrivés, nous pouvons profiter de vêtements propres et surtout de crème solaire. Mais trop tard! Nous nous rendrons compte le lendemain que nous avons complètement cramé lors de cette journée sur le volcan Rano Kau!

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