Voyage à travers le temps

Après déjà 3 mois de voyage en Asie, il est temps de changer de continent ! Départ pour le Chili, et plus précisément l’île de Pâques, ce dimanche 22 janvier, à 2h du matin. Samedi soir, après avoir fait nos aux-revoir à Cathy et Rahul, nous sommes en chemin pour l’aéroport de Bangalore, à 1h de route. Là-bas, l’enregistrement est relativement rapide et la compagnie aérienne nous imprime tous nos billets. Il faut dire que nous ne prenons pas le chemin le plus court pour nous rendre sur l’Île de Pâques ! Les conditions du billet tour du monde impliquent en effet de n’effectuer les trajets que dans un sens : nous avons commencé par l’Est, il faut donc continuer vers l’Est ! Ainsi l’itinéraire prévu est :

  • Bangalore – Hong-Kong : départ 22/01 à 1h30, arrivée 22/01 à 9h25 – 5h25 de vol
  • Hong-Kong – Los Angeles : départ 22/01 à 10h15, arrivée 22/01 à 6h40 – 12h25 de vol
  • Los Angeles – Santiago : départ 22/01 à 20h20, arrivée 23/01 à 14h30 – 13h10 de vol
  • Santiago – Île de Pâques : départ 23/01 à 18h25, arrivée 23/01 à 22h – 5h35 de vol

Non, il n’y a pas d’erreur : nous arrivons bien à Los Angeles avant d’être partis de Hong-Kong ! C’est la magie de passer la ligne de changement de date*, située dans le Pacifique, à l’exact opposé du méridien de Greenwich ! Ainsi, si l’on cumule les temps de vol et d’escales, on obtient 53h, alors qu’au final, il n’y a que 44h30 de décalage entre l’heure de départ et celle d’arrivée. Ça, c’est pour le côté un peu magique de voyager dans le temps… En contrepartie, il faut noter que nous allons passer plus de 36h en vol et le reste du temps dans un aéroport… Restons motivés ! Le changement d’avion à Hong-Kong nous paraît un peu sportif, d’autant que notre vol de départ a déjà 30min de retard. Mais la compagnie nous assure que ce temps sera rattrapé en cours de trajet et nous embarquons plutôt confiants.

La nuit passe relativement vite (5h de vol avec divertissements et repas ce n’est rien comparé à 18h de bus local en Inde !) et à l’arrivée nous avons bien rattrapé le retard. Mais à peine débarqués, nous sommes accueillis par le personnel de la compagnie aérienne: changement de programme ! Apparemment il y avait trop de risques que nous manquions l’avion vers Los Angeles et ils ont pris la liberté de nous placer sur un vol transitant via Toronto. Euh… d’accord. Les bagages ? Pas de problème, ils s’en occupent ! Du coup, notre escale de 30min se transforme en escale de 6h, avec un nouveau programme :

  • Hong-Kong – Toronto : départ 22/01 à 18h15, arrivée 22/01 à 20h10 – 14h55 de vol
  • Toronto – Santiago : départ 22/01 à 23h45, arrivée 23/01 à 12h05 – 10h20 de vol
  • Santiago – Île de Pâques : départ 23/01 à 18h25, arrivée 23/01 à 22h – 5h35 de vol

Le vol Hong-Kong vers Toronto n’est pas des plus reposants. En effet, nous avons peu dormi depuis le départ de Bangalore et nous sommes épuisés, mais l’avion est plein et la classe économique n’est pas la plus agréable. Nous traversons la ligne de changement de date environ 5h après le décollage, puis nous rattrapons l’aube (ou le crépuscule ?) au-dessus de l’Alaska. Nous assistons au magnifique spectacle d’un lever ou d’un coucher de soleil sur les icebergs, aucune civilisation à cet endroit, juste la nature. Mais la joie est de courte durée car il nous est demandé de fermer le hublot pour laisser les autres passagers dormir. Assez bizarrement, la compagnie ne cherche pas à nous adapter au décalage horaire. Ainsi, un petit-déjeuner est servi juste avant l’atterrissage, alors qu’il est… 19h à Toronto !

Sur place, le temps de passer tous les contrôles douaniers, de retourner aux guichets pour imprimer nos nouveaux billets et de demander des nouvelles de nos bagages (ils sont en route, c’est bon !), l’escale passe extrêmement vite. Nous avons juste quelques minutes pour prendre un dîner léger avant d’embarquer pour la suite du voyage. Épuisés par le vol précédent, nous appréhendons fortement ce deuxième long trajet qui lui succède, sans répit. Mais heureusement, l’avion est presque vide et il y a de nombreuses places libres : nous allons pouvoir nous allonger ! Dans les faits, nous sommes complètement décalés et nous enchaînons les phases de sommeil et d’insomnie. L’arrivée à Santiago est déroutante : après nous être sentis frigorifiés à Toronto, l’air du Chili est étouffant ! Nous faisons une escale de quelques heures, puis gagnons le terminal de départ des vols domestiques. Les tenues vestimentaires des autres passagers diffèrent complètement de celles de l’Inde : les Chiliens sont apparemment beaucoup moins pudiques ! Le dernier vol de notre itinéraire embarque en début de soirée, alors que le soleil nous semble encore bien haut dans le ciel. Dans l’hémisphère sud, c’est l’été et la nuit ne tombe qu’après 21h. Nous effectuerons donc une grande partie des 5h de voyage de jour, avant d’atterrir à Hanga Roa, l’unique ville de l’Île de Pâques. Le déchargement des bagages est extrêmement long : un nombre incroyable de bagages et de colis est déversé sur le tapis, en comparaison avec le nombre de passagers de l’avion. D’autant que certains continuent ensuite vers la Polynésie Française. Nous attendons presque 1h avant que le tapis ne s’arrête… sans avoir récupéré nos bagages ! Cela aurait été trop parfait ! Nous devons faire une déclaration auprès de la compagnie aérienne pour les bagages perdus, mais difficile de se faire comprendre ! Il est déjà compliqué d’expliquer que nous avons eu 3 vols en correspondance avant le Santiago – Île de Pâques, mais en plus faire comprendre que l’itinéraire initial a été modifié en cours de route… Notre interlocutrice parle un anglais approximatif et nous, 3 mots d’espagnol, que nous ne parvenons pas à sortir tant nous sommes exténués. Heureusement, le gérant du camping où nous avons réservé un emplacement pour la semaine, venu nous chercher à l’aéroport, parle un peu français et nous vient en aide. Quelques minutes plus tard, les formalités complétées, nous prenons le chemin du camping, avec notre kit de survie offert par la compagnie aérienne : un pyjama et une trousse de toilettes ! Pourvu que l’on retrouve nos bagages rapidement !

* Cette ligne imaginaire est la conséquence du système de fuseaux horaires et marque la limite entre les fuseaux GTM-11 et GMT+11.

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