Santiago: un weekend à la capitale

Nous quittons l’Île de Pâques samedi soir, avec un léger pincement au cœur: nous y aurions bien passé quelques jours de plus! Mais l’aventure continue et nous nous envolons pour Santiago, la capitale du Chili. Dans l’avion, une hôtesse effectuant son premier vol se fait gentiment « intégrer » par l’équipage: écharpe de Miss et couronne en papier. Nous la verrons passer quelques heures plus tard dans l’aéroport, traînant derrière elle les boîtes de conserve accrochées à sa valise!L’avion est plein de français, « en âge de se payer un tour organisé », qui ont déboursé une fortune pour leurs vacances au Chili et qui ont l’air déçu. Moralité: le camping est vraiment le bon plan à l’Île de Pâques! Nous arrivons de nuit à Santiago, et vue la taille de la ville, nous préférons prendre un taxi pour nous rendre à l’hostal*, dans le quartier bobo de Providencia. A l’arrivée, nous trouvons une petite maison confortable, où nous accueille Vicente. Heureusement pour nous, il parle très bien français. La chambre nous semble royale après 5 jours en tente! Le lendemain, nous programmons de visiter doucement la ville, sans trop nous éloigner des zones touristiques. En effet, nous avons lu que certains quartiers n’étaient pas très sûrs et un français rencontré au petit-déjeuner nous informe qu’il y a des petits arnaqueurs qui détournent l’attention des touristes pour prendre leur argent. Nous nous rendrons compte rapidement qu’il n’y a rien de plus dangereux qu’à Paris et que le bon sens habituel (fermer son sac, éviter les ruelles désertes, s’écarter des personnes louches…) suffit à se sentir en sécurité.

Avant d’explorer les quartiers touristiques, nous nous rendons à la gare routière pour acheter les tickets de bus des prochaines destinations. Six kilomètres, en passant par les grandes artères sans charme, c’est long! Mais l’effort était nécessaire, car nous apprenons qu’il ne reste déjà plus que 4 places dans le bus qui nous permettra de rejoindre un groupe d’amis en Patagonie, à la fin du mois. Avec notre espagnol approximatif et quelques mots d’anglais mimé, nous ne nous en sortons pas trop mal! Nous rejoignons ensuite le centre-ville et la Plaza de Armas, le cœur de Santiago depuis sa fondation, en 1541. La place, bondée en ce dimanche ensoleillé, contiendrait plus d’une centaine de palmiers du Chili. Nous passons devant la Catedral Metropolitana, puis le Mercado Central (marché central), avant de rejoindre la Estación Mapocho. Cette ancienne gare, construite en 1905, a été un grand centre ferroviaire pour les destinations du Nord, avant d’être abandonnée à la fin des années 80, suite au déclin du réseau ferré. En 1993, un projet de réhabilitation, subventionné par le gouvernement pour promouvoir la culture, peu considérée pendant la dictature, l’a transformée en centre culturel. L’architecture initiale, dont la structure métallique construite en France, a été préservée, ce qui a permis de conserver l’âme de ce lieu, emblématique pour les Santiaguinos. Nous terminons notre balade sur la rive Nord du Río Mapocho, dans le quartier de Barrio Bellavista. Les rues les plus à l’Ouest, désertes et peu avenantes en ce dimanche après-midi, sont vite suivies, vers l’Est, de rues plus colorées et vivantes. Bars, boutiques d’artisanat et tatoueurs, dont les façades sont ornées de fresques, donnent une atmosphère bohème au quartier, réputé pour sa vie nocturne. Nous y passons d’ailleurs la soirée. La rue qui descend depuis le Cerro San Cristóbal est bordée de restaurants dans lesquels se retrouve le tout Santiago.

Le lundi, nous ne programmons rien de spécial: les musées sont fermés (et en travaux) et nous trouvons qu’en dehors du centre-ville, les grandes avenues ne sont pas idéales pour marcher. Nous commençons par nous promener dans le parc paysagé du Cerro Santa Lucía. Un chemin escarpé et des marches conduisent à la Torre Mirador, une tour de laquelle nous avons une vue à 360° sur la ville. Malheureusement, de grands immeubles d’habitation sans charme gâchent un peu le paysage. La balade dans le parc est néanmoins sympathique et nous motive pour le reste de la journée. Nous nous rendons ensuite rapidement à la Conaf, dont les bureaux sont situés dans le quartier administratif, en face de la place de la Ciudadanía, où se tient le Palacio de la Moneda, siège de la présidence chilienne. Le quartier, plutôt chic, abrite des bâtiments ministériels et est organisé de façon symétrique autour d’une rue piétonne. Le personnel de la Conaf nous apprend que la moitié des parcs nationaux du pays sont fermés par prévention. En effet, le Chili subit actuellement une vague d’incendies sans précédents, touchant les parcs nationaux et obligeant les pouvoirs publics à faire appel aux pays voisins. Ainsi, nous avons vu passer des cortèges de camions de pompiers argentins, escortés par les brigades chiliennes. Les températures très élevées (il fait plus de 30°C à Santiago) et le vent accentuent le phénomène, mais selon les autorités, 90% des 148 incendies répertoriés seraient d’origine humaine (mais pas forcément volontaire). Il s’agit d’un désastre national et des appels à volontaires sont lancés parmi la population pour tenter de sauvegarder le patrimoine naturel du pays. Nous qui avions prévu de visiter les magnifiques et réputés parcs de la région de Los Ríos et de Araucanía, nous devons changer nos plans et aller plus au Sud, où les parcs ne sont pas encore fermés.

Après avoir récupéré les informations dont nous avions besoin, nous passons au Mercado Central pour le déjeuner, mais sommes déçus: comparé aux marchés couverts européens, hauts en couleurs, le marché de poissons nous paraît monotone et peu intéressant. Peut-être sommes-nous tombés un mauvais jour, ou à la mauvaise heure? Les rabatteurs des petits restaurants se battent pour que nous nous arrêtions chez eux, chose que nous n’apprécions pas du tout, mais comme nous avons faim, nous finissons par nous asseoir dans un petit local. Après cette expérience peu convaincante, nous décidons de rentrer tranquillement; le soleil est à son maximum et il n’y a pas une once de vent: le temps idéal… pour rester au frais! Nous attendons le soir pour oser à nouveau sortir et terminer la journée dans un bar près de notre logement. Mais ce n’est pas notre jour et le serveur est loin d’être aimable, si bien que nous rentrons manger à l’hostal! Allez, ça ira mieux demain!

*Les mots en italique sont à prononcer avec l’accent espagnol. Por favor.

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