Les Torres au soleil, c’est possible!

Dimanche matin, 4ème jour de trek, nous nous levons reposés et motivés pour la journée qui nous attend: nous avons décidé de bousculer le programme et de tenter l’ascension vers le mirador des Torres le jour même. Le petit déjeuner buffet servi au refuge nous paraît royal et nous prenons un maximum de forces pour cette longue journée (mais pas trop, il faudra tout de même réussir à monter!).

Une fois les sacs sur le dos, nous voilà repartis sur les sentiers du parc Torres del Paine. Le ciel est bien dégagé et la randonnée se fait très agréable. Nous marchons assez vite et traversons une grande variété de paysages en à peine 4h: de la forêt humide à la plaine asséchée, avec des vues sur le lac émeraude, d’un côté, et les sommets dont la silhouette se détache sur le ciel bleu, de l’autre. Nous croisons quelques cavaliers et franchissons un certain nombre de ponts, tous de taille et de qualité de construction différentes (les spécialistes du génie civil présents peuvent en témoigner!). En cours de route, nous sommes interpellés par des Argentins, qui nous expliquent qu’il y a actuellement une éclipse solaire. Nous nous disions bien que la lumière était étrange ce matin ! Ne disposant pas de lunettes adaptées, nous tentons de discerner le phénomène dans le reflet d’un téléphone : l’astre solaire est en effet comme grignoté par le bas. Tout contents de savoir que nous randonnons sous éclipse, nous reprenons le chemin et arrivons au campement Las Torres avant la mi-journée, ce qui nous laisse du temps pour monter nos tentes et déjeuner tranquillement. Ce midi, nous dégustons les paniers repas compris dans la formule pension complète du camp Los Cuernos; cela fait du bien après quelques déjeuners pain/fromage/pâté!

Le soleil est au plus haut (et l’éclipse terminée) lorsque nous quittons le camping ; nous devons revenir sur nos pas pour retrouver la bifurcation vers le camp Chileno, situé en contrebas des Torres. De là, le sentier commence à grimper, longeant un pan de montagne caillouteux et semblant se calquer aux sinuosités de la rivière en contrebas. Il y a très peu d’ombre et la température grimpe, ça change des conditions météo de la veille ! Les tours de granit, qui étaient visibles depuis la plaine, nous sont cachées par le versant que nous devons contourner, mais les paysages restent grandioses. Au loin, des condors survolent les montagnes, bien trop hauts pour nos appareils photo. En 2h, nous sommes au camp Chileno, où nous ne nous arrêtons pas – trop de moustiques. L’heure suivante, nous nous retrouvons à grimper sur un chemin escarpé à travers la forêt. De gros rochers font office d’escaliers ; quelques rivières et surtout l’ombre des feuillages nous permettent de nous rafraîchir un peu. A mesure que nous progressons, nous croisons de plus en plus de randonneurs qui redescendent. Certains sont encore chaudement habillés, ce qui nous laisse présager des conditions climatiques au sommet. Victime de son succès, le parc accueille un grand nombre de visiteurs à la journée, dont beaucoup n’ont pas « l’esprit montagne », et il faut parfois forcer un peu le passage pour obtenir la priorité à la montée. Mais peu de personnes circulent encore dans le même sens que nous, ce qui nous laisse penser qu’il n’y aura pas trop de monde à l’arrivée. Lorsque nous quittons la forêt, nous entamons la dernière phase avant le point de vue si attendu : 250m de dénivelé positif sur 1,4km. Le panneau indique 45min, mais à partir de là, chacun monte à son rythme. Le chemin laisse place à un empilement de roches, qu’il faut grimper, voire escalader (selon sa taille !), sans aucun passage plat jusqu’à l’arrivée.

Une fois en haut, les Torres ne sont pas visibles immédiatement, encore un rocher à contourner, quelques enjambées… ça y est ! Challenge relevé : nous y sommes tous parvenus et le spectacle est à la hauteur de nos attentes ! Les tours grises, taillées par les éléments, se dressent au-dessus d’un lac aux eaux turquoise, qui scintillent encore sous l’effet du soleil. Le ciel, d’un bleu profond, contraste avec les nuances de gris de la roche brute qui nous entoure. Il y a du monde, mais assez de place pour que chacun profite de l’instant en ayant le sentiment d’être privilégié. Un renard se balade entre les rochers, à la recherche de restes de nourriture éventuels, laissés par des randonneurs en manque de sucre. Les premiers arrivés de notre petit groupe ont déjà pris possession d’un bon spot pour les photos, et malgré le vent très frais, nous enchaînons les poses pour que chacun ait son souvenir. Heureux de cette fin de trek en apothéose, nous savourons l’instant jusqu’à ne plus supporter le froid, qui nous pousse à redescendre à une altitude moins exposée. Sur le retour, les jambes se font plus légères ; l’objectif est atteint et il n’y a presque plus de randonneurs sur le chemin, nous redescendons avec la satisfaction d’une journée bien remplie. Le soleil décline lentement et la lumière se fait douce sur la plaine en contrebas. La nuit tombe rapidement, mais nous avons suffisamment faim pour trouver la force de préparer le repas à la lampe frontale !

Le lendemain, nous nous réveillons sous la pluie. La nuit a été fraîche et un brouillard épais se lève, masquant les reliefs alentours. Tous un peu courbaturés, nous traînons pour préparer le petit-déjeuner : sous la pluie, ce n’est pas très agréable ! La dernière bouteille de gaz nous lâche juste à ce moment-là, et nous nous rendons compte que nous en avons oublié une toute neuve au camp Italiano ! Décidément, ce n’était pas notre meilleure idée d’y passer la nuit ! Mais finalement, nous mesurons notre chance : nous avons eu un temps sublime pour les 2 grosses journées de trek sur la première et la dernière branche du W. De plus, la randonnée autour du lac Pehoé donne de magnifiques points de vue sur le parc, impossibles à saisir en étant sur le parcours même. Enfin, nous avons bouclé notre objectif en 4 jours et pouvons prendre le premier bus retour vers Puerto Natales, autrement dit : nous allons pouvoir passer une bonne soirée entre amis avant de nous séparer ! Après avoir empaqueté toutes nos affaires, nous prenons le sentier qui rejoint l’entrée Est du parc, pour nos derniers 6km, à plat cette fois ! Une fois dans le bus, la plupart d’entre nous ne font pas long feu et le trajet retour passe encore plus vite que l’aller ! A Puerto Natales, nous réglons quelques détails logistiques (trouver un logement pour Franck et Nadia, retirer de l’argent – nous sommes tous à sec !, lancer des lessives…), avant de nous rendre dans une microbrasserie pour célébrer notre réussite commune. Les plats copieux et l’ambiance chaleureuse sont vraiment réconfortants après cette petite semaine de trek dans la fraîcheur Patagonne ! Merci à Arnaud, Aurélien, Claire, Oriane, Jérémy et Virginie de nous avoir rejoints sur le trajet et d’avoir partagé avec nous cette belle aventure ! Les amis, c’était un plaisir de randonner à vos côtés et de profiter de vos expériences. Merci pour les bons moments, les photos en mode crépuscule et les discussions animées !

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