El Chaltén: bienvenue aux randonneurs

Une fois n’est pas coutume, nous nous levons tard et prenons notre temps, samedi matin. Notre bus pour El Chaltén n’est qu’à 16h30 et nous avons tout notre temps pour ranger sereinement la tente et même déjeuner avant le départ. Nous arrivons en avance à la gare routière et, lorsque le bus fait son apparition, sommes dans les premiers à monter à bord. El Chaltén est visitée notamment pour sa proximité avec la zone Nord du parc Los Glaciares et sa vue sur le Cerro Fitz Roy, et nous avons hâte d’y être pour randonner quelques jours. Arrivés vers 19h, nous partons à la recherche d’un camping pour les premiers soirs où nous ne serons pas dans le parc. Dès les premiers pas en ville, la vue est spectaculaire, d’autant que le ciel est plutôt bien dégagé. La cité est délimitée par les fleuves Rio Fitz Roy au Sud et Rio de las Vueltas au Nord-Est. A l’Ouest se dressent les imposants Cerro Torre et Cerro Fitz Roy, seules montagnes de plus de 3000m dans les environs. Difficile d’imaginer que ces aiguilles enneigées ont été plusieurs fois gravies. Des falaises semblent cerner la ville, de l’autre côté des rivières, et les seuls accès se font par la route 41, qui traverse du Nord au Sud. Nous prenons d’ailleurs cette voie pour nous rendre au seul camping acceptable (à nos yeux), situé un peu plus au Nord. Une cuisine et une salle commune nous permettent de passer la soirée au chaud, ce qui n’est pas un luxe car il fait plus frais qu’à El Calafate.

Le lendemain, nous nous rendons au centre d’informations de la zone Nord du parc, pour déterminer l’itinéraire des prochains jours. Nous arrivons en même temps que plusieurs bus de touristes. L’organisation est bien rodée : nous patientons dans une salle où des panneaux dispensent des informations sur le parc et les montagnes alentours de manière ludique, avant d’être regroupés autour de la carte des sentiers de randonnée. Un Ranger explique alors en anglais les différentes options de sentier, les points de vue qu’elles offrent, leur difficulté, kilométrage et dénivelé, ainsi que la météo à prévoir pour les prochains jours. Parfait, nous n’avons plus de question ! Nous ferons une boucle de 3 jours à partir de lundi, mais pour l’heure, nous partons en randonnée à la journée. N’ayant pas les sacs, restés au camping, nous décidons de faire le sentier le plus « difficile » : 18km aller-retour pour 800m de D+. Le ciel est relativement dégagé lorsque nous quittons, vers 11h, le centre d’informations. Le chemin part vers l’Ouest et monte assez vite dans la prairie. Derrière nous, El Chaltén ne semble plus être qu’un minuscule village. Après une bonne heure d’efforts, nous parvenons à un plateau, où des vaches sauvages paissent tranquillement. Le sentier continue ensuite en pente douce dans une forêt, où les couleurs de l’automne font leur apparition par petites touches. Lorsque nous émergeons sur un paysage de plateau aride, nous avons gravi presque 600m.

Le temps a changé alors que nous marchions sous le couvert des arbres : le soleil est masqué par de sombres nuages et la température a bien chuté. Sur les hauteurs, le vent se fait frais, mais avec l’effort, nous ne sentons pas le froid nous saisir. La vue est magnifique : d’un côté, nous apercevons une infime partie de l’immense lac Viedma, de l’autre, les reliefs enneigés. Nous continuons l’ascension jusqu’au mirador Pliegue Tumbado, depuis lequel nous sommes censés admirer à la fois les massifs du Cerro Torre et du Fitz Roy. Mais d’épais nuages obstruent le ciel et il se met à neiger alors que nous sommes presque arrivés. Nous allons tout de même au bout, ce qui nous permet d’apercevoir la Laguna Torre et le Glaciar Grande, tous deux au pied du Cerro Torre, mais pour le reste, tout est masqué par un voile blanc et gris. La neige et le vent nous obligent à redescendre rapidement et nous sommes frigorifiés lorsque nous atteignons l’orée de la forêt, 200m en contrebas. Un déjeuner rapide à l’abri du vent nous permet de reprendre les forces nécessaires pour continuer la descente, au cours de laquelle nous regagnons quelques degrés. Alors que nous retraversons la prairie où les vaches font maintenant la sieste, le soleil fait une belle apparition et commence à chasser les nuages, dévoilant presque le Cerro Fitz Roy.

C’est le moment parfait pour une pause : tels deux lézards, nous captons la chaleur solaire tout en observant le ballet des nuages autour du sommet. Nous regagnons notre point de départ – le centre des visiteurs du parc, au Sud de la ville – vers 16h, la vue s’est bien dégagée, mais il semble toujours pleuvoir au niveau du mirador. Il faudra espérer avoir plus de chance pour les jours suivants ! De retour au camping, nous nous préparons un bon chocolat chaud (rituel mis en place depuis que nous avons découvert le cacao en poudre avec lait inclus – de l’eau chaude suffit pour un bon goûter: magique!). L’ambiance est conviviale dans la salle commune où se retrouvent de nombreux trekkeurs. Des cartes plastifiées sur les tables permettent d’ailleurs de préparer son itinéraire. Nous rencontrons un couple de français, partis pour une durée indéterminée et sans aucun appareil électronique: chapeau! Nous serions bien incapables de rester déconnectés aussi longtemps et les 3 jours de trek que nous entreprenons le lendemain s’annoncent déjà un défi! En attendant, nous échangeons, comme à l’habitude, nos expériences de voyage et constatons avec bonheur que nos interlocuteurs sont Strasbourgeois. La soirée passe vite et il est relativement tard lorsque nous nous décidons à braver le froid pour regagner la tente.

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