Buenos Aires, un bon air… de déjà-vu !

Ce qui se dit sur la capitale de l’Argentine est vrai : à peine le bus passe-t-il les premiers quartiers d’habitation de la ville que nous avons l’impression d’être rentrés à la maison. Il y a comme un air de déjà-vu… Cela est dû à l’architecture très européenne des bâtiments, mais aussi aux nombreux repères que nous retrouvons en observant la population autour de nous : le style vestimentaire, la nourriture, la signalisation… Tout nous donne l’impression d’être de retour en Europe. Nous nous croirions même à Paris, s’il n’y avait ce petit quelque chose, cette langueur particulière, caractéristique des cités portuaires. La douceur de vivre… Oui, Buenos Aires nous a tapés dans l’œil, avant même que nous ayons commencé à en arpenter les rues. Ou peut-être est-ce la fatigue qui nous rend euphoriques ?

Il faut dire que les dernières 48h n’étaient pas de tout repos. Après notre escapade motorisée dans le désert d’Atacama, au Chili, nous avions rendu le véhicule, et tout piétons que nous étions, avions décidé de ne rien faire jusqu’au départ du bus retour vers Santiago, soit le 19/03 au soir. Jusque-là, ce n’était pas trop fatigant ! Quelques heures avant de quitter le camping, nous avons rencontré un couple de Français, Babette et François, voyageant en utilitaire aménagé : la grande classe ! Invités à prendre un verre dans leur maison roulante, nous avons passé une bien agréable soirée, avant de filer comme des voleurs, de peur de manquer notre bus. Heureusement, la gare routière était moins loin que dans nos souvenirs, et nous avons pris la route peu avant 23h. Le trajet nous a, comme à l’aller, paru interminable, d’autant que cette fois nous n’avons pas eu de couvertures et nous avons eu froid. Arrivés à Santiago le lendemain en soirée, nous avons eu la chance de tomber sur une navette qui partait juste pour l’aéroport, nous permettant d’être dans le terminal avant les 20h. Parfait : il ne restait plus que 8h à attendre pour s’enregistrer !

Avec le courant d’air de la climatisation, la lumière permanente et le bruit incessant du terminal, impossible de fermer l’œil ; nous avons fait nuit blanche en attendant impatiemment l’ouverture des comptoirs. A 4h, l’affaire était réglée : enregistrés, bagages envoyés en soute et formalités de douane passées… encore 3h avant l’embarquement! Sauvés par des prises courant qui nous ont permis de nous shooter aux réseaux sociaux, nous n’avons finalement pas vu le temps passer. Complètement KO, nous n’avons d’ailleurs pas vu non plus le vol, puisqu’aucun de nous n’a su résister au sommeil après le décollage. A l’arrivée sur le sol argentin, c’est le chao qui nous a saisis : une file interminable pour passer les formalités de douane, puis une autre pour scanner une dernière fois les bagages avant la sortie. Ensuite, nous avons cherché la fameuse carte SUBE qu’il faut impérativement acheter pour prendre les bus urbains (merci au blog faimdevoyages.com pour les conseils !), ce qui nous a valu de parcourir en long et en large le hall des arrivées, chaque kiosque se renvoyant la balle. Puis, une fois la carte achetée et chargée, nous avons parcouru à nouveau le hall dans l’autre sens, à l’extérieur, pour trouver l’arrêt de bus, extrêmement bien caché ! Il faut dire qu’il est bien plus rentable de laisser les touristes prendre navettes d’hôtel, taxis, remises ou colectivos (de 500 à 180 ARS*), que de les laisser monter dans le bus local (7ARS) ! Ce dernier ressemble à ceux que l’on trouve à Strasbourg et suit un itinéraire bien défini à travers la ville, s’arrêtant chaque fois qu’un passager souhaite monter ou descendre – autant dire à chaque station ! Sauf que Buenos Aires, c’est beaucoup, beaucoup plus grand que Strasbourg et le trajet devient vite sans fin…

Mais peu importe, car nous sommes euphoriques, en ce mardi 21 mars, tout contents de retrouver tant de repères dans un pays que nous ne connaissons pas. Il nous faut deux bonnes heures pour atteindre le centre-ville, où nous descendons pour gagner un petit hôtel réservé en avance. Une nuit d’hôtel après plus d’un mois en tente, c’est le grand luxe ! Nous découvrons également avec bonheur que la nourriture est 5 fois moins chère qu’en Patagonie et que tout a l’air bon. Contrairement au Chili qui possède des influences culturelles plutôt espagnoles (et un fort enclin à importer les « spécialités » des USA), l’Argentine possède un passé marqué par l’immigration italienne. Ici, donc, pizzas, pâtes et glaces à volonté, et surtout, surtout, du VRAI café. Parce qu’un espresso, ce n’est pas un cortado ! Affamés d’avoir vu passer, pendant nos 2h de trajet en bus, des enseignes plus alléchantes les unes que les autres, nous nous précipitons vers une sorte de cantine qui propose un buffet, très varié, à la pesée. C’est exactement ce qu’il nous faut ! Après avoir englouti presque 2kg de nourriture (à deux, précisons-le, nous ne sommes pas des ogres), nous retournons vers l’hôtel pour reconstituer la base de notre pyramide de Maslow, autrement dit, dormir !

Le lendemain, nous devons changer d’hôtel: à partir de mercredi, nous sommes rejoints par notre ami Thibaut et nous avons réservé un dortoir en auberge de jeunesse. Mais pas de chance, il y a eu un problème dans le système de réservation et celle-ci n’a été faite que pour 1 personne. Nous nous étions bien dit que ce n’était pas cher! Tant pis, nous trouvons rapidement un hôtel au même prix, un peu plus excentré. L’établissement est assez vieillot, mais nous comptons passer le plus clair de notre temps dehors, ce sera donc suffisant! D’ailleurs, une fois les sacs déposés, nous repartons immédiatement en direction de l’office du tourisme. Nous passons à proximité de la place du congrès, où une manifestation se prépare: foule avec drapeaux, pétards et personnel de police sur les dents. Nous évitons soigneusement la zone! Après avoir récupéré un plan et un guide de la ville, nous entreprenons de nous rendre dans le quartier de Puerto Madero, l’ancien port de Buenos Aires. La zone a été complètement réhabilitée sur ces 10 dernières années et est aujourd’hui le quartier en vogue: au bord des quais, de grands immeubles d’habitation avec terrasses, dont le rez-de-chaussée est occupé par des restaurants chics accueillant les Porteños** le midi pour des repas d’affaires ou le soir pour un dîner chic. Les anciennes grues de manutention et la promenade le long des bassins du port ne sont pas sans nous rappeler le quartier de Rivétoile à Strasbourg. En beaucoup plus grand, bien sûr!

Nous passons une bonne partie de l’après-midi à arpenter les allées, observer les bateaux et les ponts qui enjambent le port. Ceux-ci sont pivotants à 90° pour permettre aux embarcations de passer. Le plus impressionnant est le Puente de la Mujer, véritable oeuvre d’art censée représenter un couple dansant le tango; c’est aujourd’hui l’un des emblèmes de la ville. Nous passons également devant la corvette Uruguay, un bateau datant du XIXème siècle et utilisé pour des expéditions en Antarctique, et la frégate Sarmiento, ancien navire-école de la même période, tous deux reconvertis en musées flottants. Nous prenons ensuite le chemin de l’entrée à la réserve naturelle Costanera Sur, zone marécageuse aménagée en parc naturel pour préserver la faune et la flore locales. La balade est vraiment agréable dans les allées bien aménagées. Le bruit de la ville est inaudible et nous avons l’impression d’être de retour en pleine nature. Différents sentiers permettent d’adapter la longueur du trajet et de découvrir différentes zones: côte atlantique avec vue sur le port, marais avec petits canards, ou espaces d’herbe moelleuse pour les pique-niques, il y en a pour tous les goûts! De nombreux papillons volettent un peu partout, et de temps à autres, un dégagement dans la végétation permet d’apercevoir les buildings, donnant l’impression que la nature reprend ses droits sur la ville. Côté ville, les marécages de la réserve sont longés d’une promenade joliment aménagée, appelée « passage des légendes » du fait des statues de sportifs Argentins qui y ont été installées. Nous ne connaissons personne à part le joueur de football, Lionel Messi. Un peu plus loin, près du musée de l’humour, ce sont des sculptures de personnages de bande dessinées qui bordent le chemin. Le quartier est vraiment sympathique, bien que très peu dépaysant pour le coup. Après plusieurs heures de marche, nous rentrons dans le quartier de Congreso, où se trouve notre hôtel et où nous nous offrons un bon dîner italien. Il n’y a pas à dire, cela fait du bien de retrouver quelques repères!

*ARS =1peso argentin = 0,07€

**Habitants de Buenos Aires

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