Iguazú, merveilleuse chute

Nous arrivons à Puerto Iguazú mercredi à la mi journée, après un long trajet de 22h de bus. Tout au long du voyage, nous avons vu les paysages changer, des collines verdoyantes de Córdoba, à la végétation luxuriante de la province de Misiones. La ville s’étend au Sud de la confluence entre le Río Paraná et le Río Iguazú, deux grands fleuves qui marquent la frontière avec le Paraguay et le Brésil respectivement. Le temps est très humide lorsque nous sortons de la gare routière, entre deux averses, et la chaleur est suffocante: nous avons l’impression d’avoir changé de pays! L’auberge de jeunesse n’est qu’à quelques pas – en fait, la ville en elle-même n’est pas très grande – et nous nous installons rapidement avant d’aller nous dégourdir les jambes. Nous marchons dans les rues désertes (à cause de la pluie?) jusqu’à un point de vue surplombant la zone de confluence des fleuves. Sur chaque rive, un obélisque aux couleurs du drapeau national rappelle que nous sommes à la frontière de 3 pays différents. Un petit marché vend des produits artisanaux et bien que l’animation ne soit pas grandiose, c’est un lieu agréable pour une promenade. Nous rentrons en longeant le fleuve Iguazú, dont les eaux sont brunes à cause de la pluie et terminons la soirée dans l’un de ces restaurants au kilo, courants dans la région.

Le lendemain, jeudi 6 avril, c’est jour de grève généralisée : aucun bus en partance pour le parc national d’Iguazú! C’est dommage mais nous avions anticipé et prévu de prendre un taxi. Alors quelle déception quand le personnel de l’auberge nous apprend au petit déjeuner que les chauffeurs de taxi suivent le mouvement! Nous sommes résignés à faire du stop et nous nous rendons un peu dépités à la boulangerie pour acheter les sandwichs pour le déjeuner, quand un chauffeur nous interpelle. Lui ne fait pas grève et nous propose même un tarif intéressant! Grâce à notre bonne fortune, nous arrivons au parc à 9h, peu de temps après l’ouverture : il n’y a encore que peu de monde. De plus, les nuages commencent à se dissiper, la journée peut vraiment commencer! L’accès au parc national n’est pas classique et fait plus penser à une entrée de parc d’attractions, avec ses guichets et ses tourniquets pour compter les visiteurs. Un chemin pavé nous conduit au centre d’informations, qui fournit un plan et nous explique comment circuler. Un petit train électrique permet de rallier les différents départs de sentiers sans trop se fatiguer.

Nous embarquons donc à la première station pour nous rendre au départ du « circuit supérieur ». Pour le moment, pas d’eau en vue (ni à l’oreille) mais nous croisons les premiers groupes de papillons, qui font la course avec le petit train! Les sentiers sont extrêmement bien balisés et sont en grande partie constitués de passerelles. Après une agréable marche de 10min à travers la forêt, nous atteignons le rebord d’une falaise. La vue se dégage d’un coup sur un paysage spectaculaire: d’immenses chutes d’eau tombent de plusieurs dizaines de mètres de haut dans un cadre exceptionnel. Ce n’est pas tant la hauteur qui frappe, bien qu’elle soit déjà impressionnante, mais l’amplitude de la masse d’eau. Le fleuve en amont s’est élargi sur plusieurs centaines de mètres et tombe brusquement en atteignant le décrochage naturel du sol, formant un gigantesque rideau liquide. La végétation luxuriante et le ciel bleu ajoutent à la beauté de la scène. Nous sommes ébahis et profitons des multiples vues offertes par les passerelles qui s’approchent des cascades, passant parfois au dessus du flot amont, parfois plus bas, près du voile formé par les eaux en chute libre. Des papillons multicolores volettent en tous sens et le soleil brille, nous nous sentons vraiment chanceux de découvrir cette merveille naturelle dans ces conditions!

Nous continuons la balade le long des sentiers balisés et jalonnés d’informations sur le site. Nous apprenons par exemple que le débit moyen des chutes est de 1700m3* par seconde, mais qu’il a déjà atteint plus de 46000m3/s lors de crues importantes, notamment celle de 2014. Avec la pluie des derniers jours, nous avons déjà l’impression que le flot est puissant, alors nous n’osons pas imaginer en période de crue! Situé à cheval sur la frontière argentino-brésilienne, le parc national compte 275 chutes. La partie brésilienne (Parque Nacional do Iguaçu) permet une vue plutôt globale. N’ayant pas le temps de faire les deux côtés, nous avons privilégié la partie argentine, qui compte plus de chutes et surtout plus de sentiers pour observer le phénomène depuis différents points de vue. Depuis le « circuit supérieur », nous nous rendons bien compte de la hauteur : entre 35 et 60m. Ce ne sont pas les chutes les plus hautes du monde, mais l’intensité des flots et les paysages grandioses les classent parmi les 7 nouvelles merveilles naturelles. Nous reprenons le train électrique pour nous rendre sur le circuit « Garganta del diablo » (gorge du diable). Cette fois il y a plus de monde et nous suivons le flux des visiteurs sur la passerelle qui conduit au site. Il s’agit d’un immense trou en demi-cercle à l’extrémité Nord de la falaise qui constitue les chutes. Là, la force du courant est phénoménale : le Rio Iguazú, si paisible en amont, semble soudainement aspiré dans ce siphon naturel et l’eau tombe en puissante cascade bouillonnante avant de frapper dans un fracas assourdissant les parois rocheuses en contrebas. Les remous atteignent des proportions effrayantes, la force des éléments est bien visible!

Nous repartons en direction du centre du parc pour profiter de l’ombre des airs de pique-nique pour le déjeuner. A peine avons nous terminés nos sandwichs qu’une troupe de coatis débarque. Ces petits mammifères, semblables à des ratons laveurs, sont en fait aussi agiles que des singes et prompts à dérober le déjeuner des touristes distraits! Bien organisés, ils « chassent » en bande le sandwich sans surveillance ou le sac entrouvert pour s’en emparer avant de prendre la fuite. Si le spectacle est amusant, des panneaux rappellent aux visiteurs que ces animaux peuvent être agressifs. Vues leurs griffes, nous ne nous attardons pas dans le secteur et rejoignons rapidement le départ du circuit inférieur. Il fait maintenant très chaud et marcher à l’ombre est une nécessité. Les passerelles qui circulent à proximité des cascades nous donnent l’occasion de nous rafraîchir un peu au contact des embruns, avant de descendre au niveau du fleuve aval. De petites embarcations font la navette avec l’île San Martín, petit écrin de verdure au beau milieu du fleuve. Après la courte traversée, il nous faut braver la chaleur pour gravir, en plein soleil, les marches qui relient la plage à un sentier ombragé, 100m plus haut. Le chemin est très glissant mais l’air est bien frais à l’abri de l’épaisse forêt qui recouvre l’île. Une plateforme aménagée en bord de falaise permet d’approcher de très près la puissante cascade San Martín. Éclaboussures et sensations garanties pour ceux qui s’appuient sur la balustrade! La marche en pleine chaleur et la belle quantité d’émotions positives accumulée commencent à peser sur nos organismes et c’est d’un pas lourd que nous regagnons la station de train. Il y a foule – probablement pas grand monde par rapport à la saison haute, vu le dimmensionnement des files d’attente – et nous patientons près d’une demi-heure avant d’embarquer dans un train bondé.

Il est déjà 16h lorsque nous atteignons le centre de visiteur. Là, nous entendons un petit garçon interpeller son père : il y a des choses dans l’arbre! Ces choses sont de magnifiques toucans, qui attendaient sûrement ici toute la journée pendant que nous les cherchions des yeux à l’intérieur du parc! Superbe conclusion pour cette journée fantastique, que de voir ces oiseaux si particuliers dans leur habitat naturel! C’est l’esprit plein de belles images que nous quittons le parc à bord du même taxi que le matin. Seul Franck est un peu déçu de ne pas avoir vu de jaguar…! Nous nous renseignons auprès du chauffeur pour savoir si les panneaux indiquant « risque de traversée de félins » sont réellement nécessaires. Sa réponse nous surprend : il y a beaucoup de jaguars et de pumas dans la zone! Le parc national a même dû fermer 2 jours récemment, suite à l’attaque d’un puma sur un coati, juste devant les visiteurs. L’animal a pris suffisamment confiance pour approcher l’homme, ce qui est assez rare, mais de ce fait très dangereux! Finalement nous sommes contents de ne pas avoir vu de jaguar! Cette journée merveilleuse clôt le chapitre Argentine en apothéose et nous donne la sensation d’avoir réalisé un rêve.

*Pour donner un ordre de grandeur, une piscine olympique fait un peu plus de 3000m3… En moyenne il faudrait donc moins de 2 secondes pour en remplir une avec le débit des chutes!

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6 réflexions sur “Iguazú, merveilleuse chute

  1. voyagesgabode dit :

    Bonjour les jeunes.
    Sublimes photos. Nous avons l’impression de vivre votre périple, d’autant plus que nous revenons de l’equateur, et avons encore les yeux remplis de couleurs( marchés de fleurs, de légumes, les divers oiseaux…) Malheureusement, notre sejour fut de courte durée, 15 jours qui ont passé à une allure….
    On vous embrasse Odette et Gaby

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    • Nadia dit :

      Merci! Ah l’Equateur! Nous aurions aimé y aller aussi, mais il faut faire des choix! Ce sera pour une autre fois et alors nous prendrons vos bons conseils! 🙂 On vous embrasse!

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