São Paulo : Bem-vindo ao Brasil!

Nous sommes prêts à quitter Puerto Iguazú après le petit déjeuner vendredi matin. Contents du chauffeur de taxi qui nous a conduits au parc national, nous avons pris rendez-vous avec lui pour le passage de frontière. Il y a bien quelques bus, mais à 3, il est finalement bien plus commode d’avoir un véhicule privé. Nous embarquons donc en milieu de matinée, en direction du Brésil; une fois les formalités douanières passées, nous sommes déposés à la gare routière de Foz do Iguaçu*, la ville la plus proche. Le changement de décor est radical: le développement économique semble bien plus important de ce côté de la frontière, et surtout nous ne comprenons plus rien! Tout est écrit en portugais! Il y a bien quelques mots qui nous rappellent l’espagnol, mais il va falloir nous y faire: le portugais est une langue bien à part et il faut tout réapprendre! Comme nous avons un peu de temps devant nous, nous faisons immédiatement imprimer les tickets, avant de nous mettre en quête d’un lieu pour le déjeuner. Nous trouvons notre bonheur dans un petit restaurant de routiers, qui propose un buffet à volonté de spécialités brésiliennes pour un prix dérisoire: l’occasion de tester de nouvelles saveurs! L’alliance « riz-grains », que l’on trouve dans beaucoup de cultures, se retrouve ici, accompagnée de viande cuite à part ou de poisson, le tout saupoudré de manioc en poudre. C’est pas mal! En revanche, même à la frontière, les gens ne parlent pas espagnol et les premiers échanges sont assez cocasses. Notre bus arrive peu avant 16h et c’est une bonne surprise: nous avons des sièges ultra-confortables et larges, où nous sommes sûrs de bien dormir cette nuit. En revanche, aucune télévision ni service de nourriture… pour le prix très élevé, c’est un peu dommage.

Nous parvenons à São Paulo avec plus d’une heure de retard le lendemain matin: nous avons dû changer une roue pendant la nuit, mais cela a permi à ceux qui n’ont pas été réveillés par le bruit du cric de dormir un peu plus! Nous avons réservé un AirBnB et débarquons dans le hall de l’immeuble vers 8h30, pas tout à fait réveillés. Heureusement, le gardien est au courant de notre arrivée et nous donne les clés malgré notre incapacité à aligner deux mots cohérents. Nous croisons rapidement le propriétaire avant de prendre possession des lieux: c’est confortable d’avoir un appartement pour soi, après avoir enchaîné les nuits en auberge! Nous sommes en plein cœur du centre historique, emplacement que nous pensions idéal, mais nous nous rendrons compte assez vite que non seulement c’est extrêmement bruyant, mais surtout pas très convivial. En effet, le centre-ville se vidant le soir et le weekend, il ne reste que les sans-abris et une population peu fréquentable; en faisant un peu attention, cela ne pose pas de problème, mais le quartier n’est vraiment pas engageant. Pour l’heure, nous n’avons pas connaissance de tout cela et nous sortons assez vite pour ne pas manquer le départ de la prochaine visite gratuite. Dans beaucoup de grandes villes, des « associations » organisent en effet des « free walking tours », guidés par des volontaires et pas vraiment gratuits, puisqu’un pourboire est encouragé en fin de parcours (cela dit, personne n’est vraiment obligé). Cela revient de toute façon moins cher qu’un tour avec agence et en général, les volontaires donnent tellement d’énergie qu’ils méritent bien leur pourboire au final! Notre balade dure bien 3h30, avec une pause dans un café pour goûter les spécialités locales rafraîchissantes: sucos (jus de fruits frais), vitaminas (jus avec du lait), ou encore açai (fruit exotique de l’Amazonie, travaillé en glace, délicieux!). Nous parcourons le centre historique en long et en large, tentant de ne pas perdre le fil des explications en anglais. Le tour est très intéressant, mais nous ne trouvons pas beaucoup de charme à la ville: de nombreux bâtiments sont finalement assez récents (années 1930) et un grand nombre d’entre eux est délabré, tagué, ou en travaux. Nous profitons de l’après-midi pour nous reposer, avant de sortir pour tenter de capter une ambiance locale sur l’une des terrasses des bars du centre. Il y a bien un peu de musique et de quoi se rafraîchir, mais pour un samedi soir, c’est très calme! Après avoir tourné un moment pour trouver un repas économique, nous terminons dans un restaurant miteux et vraiment mauvais: c’est raté pour ce soir! Même si les gens sont accueillants, nos premiers pas au Brésil, ne se font pas sur un air de samba!

C’est déterminés à dénicher le meilleur de la ville que nous nous levons le dimanche matin. Le programme est chargé et nous avons prévu de marcher beaucoup, car la ville est très grande et il y a beaucoup à voir en dehors du centre. Nous prenons donc le métro, en début de journée, pour gagner le jardin botanique, très excentré. Il fait déjà chaud lorsque nous passons le portail débouchant sur une impressionnante allée bordée de palmiers. La promenade est très agréable, le parc est bien aménagé et les arbres procurent une ombre bienvenue. Un bâtiment central, consacré aux sciences naturelles dispense des explications détaillées sur la faune et la flore, illustrées de spécimens naturels. La serre aux orchidées ne comporte malheureusement pas de fleurs, mais tout au bout du parc, une promenade sur pilotis a été aménagée au cœur de la forêt. Nous apprécions cette immersion dans la « jungle », au calme. Des chenilles se promènent le long des rambardes tandis qu’au dessus de nos têtes quelques singes se font discrets (mais Franck a de bons yeux!). Nous quittons le parc en milieu de journée, les jambes déjà lourdes, pour reprendre le métro en direction du centre. Là, nous bifurquons vers le marché pour prendre un déjeuner rapide. Le bâtiment est assez beau et les étals de fruits exotiques font vraiment envie. Nous goûtons les spécialités locales: bolinho de bacalhau (boulettes de morue) et le fameux sandwich à la mortadelle de São Paulo! Malgré la foule de Paulistas réunis dans les restaurants du marché, nous avons le sentiment que ce lieu est surtout une attraction touristique. Crainte confirmée lorsque nous voulons acheter des fruits et que le vendeur, sans un mot (alors que nous avons demandé au moins 10 fois le prix!), emballe soigneusement la marchandise et nous présente la note: plus de 35€ pour 5 fruits! Nous tentons de lui faire comprendre qu’il ne faut pas se moquer de nous, puis, devant son entêtement, nous le laissons planté là avec ses fruits emballés!

Ayant assez perdu de temps au marché, nous reprenons le métro pour descendre au centre culturel, qui sera la première bonne surprise de la journée. Jusqu’à présent, nous avions en effet un peu de mal à apprécier le mélange d’architectures de la ville, son ambiance un peu morne et la confrontation avec la pauvreté (nous n’avons pas vu un sans-abri depuis l’Inde!). Le centre culturelle est une bouffé de vie dans cet ensemble urbain trop grand pour nous: ici, des groupes de jeune se regroupent pour répéter des chorégraphies devant les vitres du centre (spectacle assez intéressant à observer), des gens prennent des cours de dessin assis en cercle en plein milieu du hall, certains jouent aux échecs dans un coin, d’autres lisent dans les allées de la bibliothèque tandis que les plus fatigués se reposent sur le toit couvert de gazon. Les ambiances sont multiples, tantôt calmes, tantôt électriques et l’architecture du bâtiment permet de passer de l’une à l’autre en douceur. Nous entreprenons ensuite de rejoindre l’Avenida Paulista, rendue piétonne le dimanche. Là encore, nous sommes heureux de trouver les habitants de São Paulo dans leurs habitudes: la population s’est donné rendez-vous et parcours cette ligne droite de 3km à pied, en rollers, en vélo… Tous les moyens sont bons, du moment qu’ils ne sont pas motorisés! Toutes les générations sont représentées et les activités sont variées: danses de tout type, groupes de musique, badminton, etc. Chacun apporte son matériel, le but étant simplement de prendre possession de la chaussée et de s’amuser! Un attroupement attire notre attention: une salle de sport a organisé un concert pour son ouverture et la personne semble connue, vue l’hystérie de la foule. La mixité sociale et culturelle est incroyable! Toutes les couleurs de peau, les morphologies, les classes sociales se mélangent sur l’avenue et la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) est bien plus visible qu’en Europe: c’est aussi ça le Brésil! Nous passons une bonne partie de l’après-midi à remonter doucement la rue, jusqu’au quartier de Jardins, qui regroupe les communautés plus aisées et où les boutiques de luxe bordent les trottoirs. La nuit est déjà tombée lorsque nous atteignons Vila Madalena, un quartier bohème où se retrouvent les Paulistas pour la soirée. Nous sommes trop fatigués et il fait trop sombre pour admirer les fresques qui font venir les touristes en journée et nous filons nous asseoir dans un bar avec vue sur la ville. L’ambiance est très sympathique, mais après les presque 30km parcourus à pieds, nous n’avons qu’une hâte: rentrer nous coucher! Encore un obstacle à franchir (notre ligne de métro est coupée, nous devons faire un grand détour), et nous revoilà dans le centre-ville: sans-abris au pied de l’immeuble et ambiance morne… Heureusement, nous avons eu l’occasion aujourd’hui de découvrir le vrai visage de São Paulo et d’apprécier nos premiers jours au Brasil!

*Vous aussi, passez au portugais et prononcez les mots en italique avec l’accent! (pensez à Chico, ça aide!)

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