Si tu vas à Rio…

Nous quittons São Paulo le mardi 11 avril, direction Rio de Janeiro! La simple énonciation de la destination éveille en nous des envies de soleil, de sable chaud et de samba! Notre bus part de Rodoviário do Tiete, une gare routière aux allures de terminal d’aéroport, avec son hall d' »embarquement », qui n’ouvre ses portes qu’à l’arrivée du bus. Après 5h de trajet, nous parvenons enfin à Rio en fin d’après-midi.Nous commençons par nous rendre à l’antenne de l’office de tourisme de la gare routière, où deux femmes semblent s’ennuyer fortement. Il nous faudra pourtant attendre qu’elles aient terminé de jouer avec leur téléphone pour obtenir une carte et un guide touristique édition 2016. Suite à ce premier contact avec la population Carioca*, nous sommes un peu perplexes sur l’efficacité du service public. Ayant entendu le pire sur l’insécurité qui règne en ville le soir, nous décidons de prendre un taxi prépayé (mais beaucoup trop cher) pour traverser toute la ville du Nord au Sud. Notre auberge de jeunesse se situe sur les hauteurs de Leme, un quartier calme et prisé, près des plages de Copacabana, à la limite de deux favelas. Les travaux menés pour la coupe du monde et les jeux olympiques ont probablement contribué à améliorer les infrastructures de transport, car nous ne rencontrons aucune difficulté à rejoindre Leme, ce qui contredit la réputation de ville embouteillée. Nous verrons d’ailleurs par la suite que la plupart des idées reçues sur Rio sont fausses, à commencer par l’erreur souvent faite de la considérer comme capitale du Brésil. Bien qu’elle compte plus de 6 millions d’habitants, ce qui en fait la deuxième ville du pays après São Paulo, la métropole a cédé son titre de capitale à Brasilia en 1960. Il fait nuit lorsque nous atteignons l’auberge et le quartier est clairement à la lisière des favelas: nous ne sommes pas très rassurés. Mais nous trouvons le bâtiment coloré assez rapidement et sommes accueillis très chaleureusement par Marielle, la gérante, qui parle français! Nous découvrons avec bonheur un logement très confortable et nous nous empressons de célébrer notre bonne fortune en trinquant sur le toit-terrasse avec vue sur l’océan.

Après une bonne nuit de sommeil et un réveil en douceur grâce au fantastique petit-déjeuner buffet, nous entreprenons de monter au sommet du Corcovado, cette « montagne » qui supporte le Christ Rédempteur. La colline est en fait située en plein cœur de Rio et il y a plusieurs façons d’y accéder: par la route, en prenant un van ou un taxi, par des sentiers de randonnée assez escarpés, ou par le train à crémaillère. Nous choisissons cette dernière option, avec l’idée en tête de redescendre à pied. La seule difficulté est en fait d’acheter les billets de train! Le site Internet de la ville met en garde: il faut s’approvisionner en ligne ou dans une agence agréée, la billetterie au pied du Corcovado étant fermée. Nous repérons donc une agence, parfaitement située sur le chemin vers l’arrêt de bus. Mais à peine passée la porte de l’office, nous savons que c’est peine perdue: le personnel est encore moins compétent que la veille au comptoir de l’agence de la gare routière et nous apprenons qu’il faut aller à La Poste pour acheter les tickets! Soit. Nous nous rendons au bureau de poste le plus proche (heureusement à 100m) et attendons 30min avant d’accéder au comptoir alors qu’il n’y a qu’une personne devant nous dans la file! Là, la femme nous demande nos pièces d’identité: Pardon?! Nous les avons laissées à l’auberge, avec tous nos objets de valeur, écoutant les conseils (finalement peu avisés) visant à nous éviter tout vol de passeport! Au bord de la crise de nerf, nous retournons chercher nos papiers (il y a quand même 2km) et réservons les tickets en ligne.

Il est déjà midi lorsque nous redescendons au niveau de l’arrêt de bus. Celui-ci se fait désirer et nous attendons près de 30min supplémentaires avant de repérer le bon numéro et de monter à bord d’un véhicule, conduit par un chauffeur pressé et brusque. Heureusement, nous avons pris de la marge lors de la réservation des tickets et nous avons encore le temps de faire un tour dans le quartier de Cosme Velho, au pied du Corcovado, avant d’embarquer dans le train. Il n’y a pas foule dans les wagons, ce qui n’est pas pour nous déplaire, mais la plupart des gens qui nous entourent sont des caricatures de touristes aisés. Rolex au poignet, bijoux à tout va et appareils photos derniers cris brandis à bouts de bras… Finalement les « conseils de sécurité » sont probablement destinés à ce genre de public. Le trajet de 20min jusqu’au sommet est très agréable et ménage quelques points de vue sur la ville, entre deux traversées de forêt tropicale. C’est la magie de Rio: nous sommes en ville mais la nature est omniprésente. L’arrivée en haut nous semble un peu moins sympathique, lorsque nous découvrons la foule déjà sur place. Difficile de se frayer un chemin et impossible de prendre une photo sans un inconnu dessus. Il faudra nous faire une raison, le Cristo Redentor est l’attraction la plus visitée de la ville et cela se comprend. La statue est monumentale, avec ses 33m de hauteur, et semble embrasser, de ses bras étendus, la ville en contrebas. Le temps n’est pas avec nous et le ciel est chargé de nuages. A seulement 700m d’altitude, le Christ a la tête dans la brume et ne nous apparaît que par intermittences, tout comme la vue sur la baie, qui doit être splendide par temps dégagé. Nous profitons tout de même de ce point de vue unique et passons près d’une heure au sommet, bravant le vent frais.

Vient ensuite l’heure de descendre: nous contournons la sortie classique pour rejoindre la route, où les groupes embarquent en continu dans des vans de tourisme. Quelques virages plus bas, le sentier débute en pente douce à travers la forêt. Mais rapidement, la pente s’accentue au point que nous nous demandons s’il ne s’agit pas d’un raccourci. Pourtant, les panneaux sont explicites, nous sommes sur la bonne voie! Le chemin est glissant et extrêmement raide; à un moment, nous devons même descendre un passage en échelle le long d’une paroi rocheuse! Nous n’avions pas prévu cela et ne sommes pas vraiment équipés (Franck est en sandales), mais l’entraînement paye et nous parvenons tranquillement en-bas, au Parque Lage en une grosse heure. Le parc est aménagé de sentiers pavés et abrite une école d’arts dans un cadre superbe. Nous quittons les lieux pour ensuite rejoindre la plage d’Ipanema, en contournant le lac de Freitas, une grande étendue d’eau salée autour de laquelle les Cariocas viennent faire du vélo ou marcher le weekend. Pour l’heure il n’y a que quelques courageux coureurs et la zone, assez déserte, est presque glauque. La marche se fait longue et les jambes commencent à tirer lorsque nous atteignons le bord de plage. Il s’agit de l’une des vérités sur la ville: les plages sont réellement magnifiques. D’immenses étendues de sable fin bordent la côte Sud de Rio: Ipanema, Leblon, Copacabana, Leme. Chaque plage a ses spécificités et son public (plus ou moins riche, plus ou moins familial, plus ou moins « refait » (!), etc.), mais toutes sont constituées d’un sable blanc exceptionnellement fin. Il ne fait pas beau et une tempête menace même à l’horizon, mais qu’importe, nous sommes heureux de marcher le long de l’océan. Nous parcourons, les pieds dans l’eau, les 5km jusqu’à Arpoador, un rocher qui marque la limite avec Copacabana, avant de prendre un bus retour. Nous ne parviendrons pas à éviter l’averse, qui nous rattrape dans la montée vers l’auberge et nous terminerons la journée trempés! Le soir, quelques pétards se font entendre. Il s’agit en fait de tirs en l’air, effectués par les bandes qui œuvrent dans les favelas, pour célébrer quelque événement. Les gérants de l’auberge sont rassurants à ce sujet (et nous pourrons le confirmer par la suite): le quartier est on ne peut plus sûr et les habitants font très attention à ce que les touristes n’aient aucun ennui. Comme quoi, Rio n’est pas aussi dangereuse que ce que l’on raconte!**

Le jeudi matin, le soleil ne semble pas décidé à se montrer, mais nous comptons malgré tout profiter de cette journée! Avant de nous rendre dans le quartier de Botafogo pour louer des vélos, nous avons rendez-vous au consulat de France*** et y passons presque la matinée. C’est donc en milieu de journée que nous pouvons enfourcher nos bicycles et entamer la balade sur les pistes cyclables bien balisées de Rio. Nous longeons la Praia da Botafogo, qui donne sur la baie de Guanabara, avec en arrière plan le pain de sucre, avant de rejoindre les abords du Parque do Flamengo. La verdure sur notre gauche, nous séparant de la ville, et la plage à notre droite, nous filons sur le circuit qui remonte jusqu’à l’aéroport Santos Dumont. La piste de décollage et d’atterrissage est très courte et les manœuvres des avions qui passent à proximité du pain de sucre sont impressionnantes à voir! Nous devons refaire tout le chemin en sens inverse pour descendre vers Copacabana. Là, la piste cyclable longe la plage et une promenade piétonne, où vendeurs ambulants, touristes et Cariocas se mêlent, notamment le weekend. Nous nous arrêtons dans un quiosque, petit restaurant de plein air avec vue imprenable sur l’océan, pour reprendre des forces, avant de ramener les vélos à bon port. Nous gagnons ensuite à pied le quartier d’Urca, situé à la base du Pão de açúcar (pain de sucre). Fatigués par les kilomètres parcourus, nous choisissons l’option la facile pour gravir ce gros rocher de granit de près de 400m de haut: le téléphérique!

Une première installation permet d’atteindre le haut du Morro da Urca, où se trouve un complexe touristique avec boutiques et restaurants. La vue sur Rio et la baie de Guanabara, ainsi que sur le pain de sucre qui se dresse tout près, est fantastique. Le deuxième téléphérique donne accès au sommet du célèbre rocher, d’où le panorama est encore plus spectaculaire. Nous assistons au coucher du soleil depuis les terrasses aménagées en hauteur et observons la lumière changer. Les nuages sont encore bien présents dans le ciel, mais quelques rayons de soleil percent et parviennent à éclairer le Cristo Redentor pour quelques minutes. Puis la nuit tombe complètement et la ville s’illumine, petit à petit, comme par magie. D’ici, nous nous rendons compte de la particularité de Rio: construite entre des blocs de granits et délimitée par l’océan, la métropole n’a d’autre choix que d’intégrer cette nature sauvage dans son environnement. Les grattes-ciel se mêlent aux bâtiments historiques, dans les quartiers les plus riches de bord de mer, tandis que sur les hauteurs, les favelas sont un empilement dense de petites maisons, construites à flanc de colline. De nuit, tout cela ressemble à une immense pieuvre dont les tentacules s’enroulent autour des morros (collines granitiques) pour gagner la côte: c’est magnifique! Nous prenons notre temps pour redescendre, profitant de la vue exceptionnelle, avant de terminer la soirée dans un restaurant de Botafogo. Celui-ci, situé en étage dans un centre-commercial, possède une belle vue sur l’anse de Botafogo et le Pão de açúcar. Après avoir visité tous ces points de vue, nous ne pouvons que confirmer la chanson: si vous allez à Rio, n’oubliez pas de monter là-haut!

*Cariocas = Habitants de Rio de Janeiro

**Comme toutes les grandes villes, Rio a son lot de pickpockets, petits arnaqueurs et bien sûr de délinquants. Il ne faut cependant pas tomber dans la paranoïa: nous avons constaté que le bon sens habituel est suffisant pour se sentir tout à fait en sécurité! 

***C’est une longue histoire, explications à venir dans un article dédié!

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