Rio, Lapa et Catete

Lors de notre séjour à Rio, nous nous sommes rendus à plusieurs reprises dans le quartier de Cinelândia, à proximité du centre-ville et où se trouve le consulat de France. Nous n’avons pas été très chanceux quant à la météo et, souvent, il a fallut rentrer sous la pluie dès la sortie du consulat. Mais le lundi de Pâques, alors que nous quittons le bâtiment, nous trouvons un beau soleil: c’est une bonne occasion de visiter le quartier de Lapa, à quelques rues de là. Ce jour n’étant pas chômé ici, le centre est assez animé et nous nous sentons en sécurité dans les rues. Nous commençons notre balade en nous rendant sur la Praça Floriano, où se trouvent la mairie et le Teatro Municipal, avant de nous diriger vers la Praça Cardeal Câmara. Là, nous admirons les Arcos da Lapa, un ancien aqueduc construit au début du XVIIIè siècle et transformé ensuite en pont pour le petit train jaune qui monte au quartier de Santa Teresa. Nous n’avons que quelques rues à parcourir pour atteindre ensuite la Catedral Metropolitana, décrite comme étant de style « brutaliste ». L’architecture spécifique de cette cathédrale, un énorme cône de béton brut, est effectivement assez dure pour le regard! Heureusement que nous avions vu des images avant, car nous n’aurions pas su qu’il s’agissait d’un édifice religieux! Nous entrons, sceptiques, pour être finalement émerveillés par l’intérieur. Quatre immenses vitraux de 60m de haut ornent les parois de la cathédrale, s’unissant au plafond autour d’une croix vitrée: c’est grandiose! Le jeu de lumière est étonnant et l’ambiance qui règne dans le bâtiment est assez apaisante, en comparaison aux autres églises visitées jusqu’à présent.

Nous rebroussons chemin pour retourner au niveau des arches et entrer dans les ruelles au pied de Santa Teresa. Les murs sont décorés de fresques colorées mais les rues sont désertes, jusqu’à ce que nous atteignions l’Escadaria Selarón, une oeuvre de l’artiste chilien Jorge Selarón. Là, des dizaines de touristes affluent, la plupart venus en taxi, créant des embouteillages devant l’escalier. Impossible de circuler, même à pied, sans gêner quelqu’un en train de se faire photographier. Le projet initial de l’artiste était de recouvrir les 215 marches de l’escalier avec du carrelage aux couleurs du pays, en hommage au peuple brésilien. Puis, emporté dans son élan, il a fini par recouvrir jusqu’aux murs et a fait vivre son oeuvre en remplaçant régulièrement des carreaux, même neufs, afin de créer une mosaïque internationale. Il était possible de lui faire parvenir des faïences des quatre coins du monde pour qu’il les intègre à ce patchwork, ce qu’il a fait jusqu’à sa mort en 2013. Cet escalier fait vraisemblablement partie des incontournables de Rio, vue la quantité de personnes présentes sur les lieux. Pour nous, c’est un peu trop et nous préférons ne pas nous attarder.

Nous redescendons vers le Sud en passant par la Rua da Glória, qui nous permet d’atteindre rapidement le quartier de Catete. Glória et Catete sont en fait deux anciennes banlieues de Rio, qui se sont développées au XIXè siècle. Aujourd’hui encore, il est agréable de se promener dans les rues bordées de grandes maisons de maître, construites à l’époque par de riches familles ayant fait fortune dans les plantations. Le Musée de la République, que nous prenons le temps de visiter, en est un bon exemple. Construit en 1867 par un propriétaire de plantations de café, il a ensuite servi de résidence aux Présidents de la République, jusqu’à ce que Rio cède son titre de capitale à Brasilia, en 1960. L’intérieur du palais, les meubles et la décoration ayant été conservés tels qu’à l’origine, c’est un beau témoignage de la splendeur passée du Brésil. Cette visite n’est pas sans nous rappeler celle du palais royal, à Katmandou! Bien que le Pálacio do Catete soit plus petit, nous retrouvons la distribution de pièces destinées à recevoir les chefs de gouvernement étrangers, ainsi que les salles de conseil. Comme le monument népalais, cet édifice a été le cadre du tragique suicide d’un chef d’état, avant d’être transformé en musée.

Nous terminons la visite dans les jardins attenants au musée, dont la fraîcheur agréable nous invite à nous reposer sur un banc, en écoutant le clapotis d’une fontaine sculptée de « la naissance de Vénus ». Le parc est en libre accès, coincé entre de grands immeubles, et nous regardons passer les Cariocas qui ramènent les enfants de l’école ou qui se promènent simplement à l’ombre des grands palmiers. L’après-midi avançant, nous reprenons quelques forces avec des sucos (jus de fruits) bien frais, avant de repartir à pied jusqu’à Leme. Cela fait quelques kilomètres au cumulé et nous sommes éreintés! Heureusement, les produits alimentaires sont plutôt bon marché et la cuisine de l’auberge est bien équipée: nous allons pouvoir nous préparer un bon repas pour nous remettre de notre longue marche!

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