Rio, au naturel

La jolie métropole brésilienne nous a séduit avec ses panoramas grandioses, ses couchers de soleil féeriques et son architecture mêlant XIXè siècle et modernité. Nous nous sommes laissés bercés par la douceur de vivre du quartier de Leme et nous nous sommes mêlés à la foules des Cariocas le weekend en bord de mer. Mais Rio est belle aussi au naturel, hors des rues animées et des sites touristiques bondés. La forêt de Tijuca offre de beaux sentiers de randonnée qu’il est agréable de gravir pour se trouver récompensés par des vues splendides sur la ville. Nous avons eu l’occasion de faire deux randonnées, hors des circuits touristiques classiques.

Pour la première, il s’agit plutôt d’une balade, qui commence à proximité de la jolie Praia Vermelha (plage rouge), au pied du Morro da Urca. Nous profitons d’une belle journée ensoleillée pour l’effectuer, partant en début d’après midi. Depuis l’auberge de jeunesse, nous rejoignons en marchant le quartier d’Urca, situé au pied du pain de sucre. Passée la station de téléphérique, nous arrivons à la plage, cachée derrière un petit parking. Le cadre est magnifique et ici les vagues sont bien moins violentes que sur le littoral Sud, le Morro do Leme jouant un rôle protecteur sur la petite anse. Le sentier, baptisé « pista Clàudio Coutinho« , débute au bout de la plage, puis longe la côte Sud du Morro da Urca. Le soleil cogne fort, aussi nous apprécions l’ombre et la brise marine qui rendent la promenade très agréable. Des petits singes « miko », trop mignons, sont présents tout au long du parcours. Nous apprendrons par la suite qu’il s’agit en fait d’une espèce invasive qui ne devrait pas se trouver à Rio et qui perturbe l’écosystème de la région. Le sentier est plat et assez court; l’aller-retour s’effectue en une heure, en prenant son temps. Nous décidons donc de corser un peu notre après-midi en gravissant le chemin d’accès au sommet du Morro da Urca, qui débute depuis la piste. Nous sommes déjà montés en téléphérique une semaine auparavant, avec Thibaut, mais l’idée de savourer la vue après un effort physique nous plait bien. Et c’est effectivement relativement physique! La pente est très raide par endroit et une grande partie du trajet est constituée de marches en bois. Cependant l’ascension ne dure pas bien longtemps (il n’y a que 900m) et l’arrivée au sommet nous récompense de la jolie vue sur Rio. Nous rejoignons les touristes montés en téléphérique pour admirer le panorama et nous rafraîchir avant d’amorcer la descente. Nous sommes de retour en début de soirée à Leme, après une belle marche d’environ 15km en tout!

La deuxième randonnée que nous avons choisi de faire est le Morro Dois Irmaos, une montagne située entre les beaux quartiers de Leblon et São Conrado. La distance par rapport aux sites touristiques et le passage par la favela de Vidigal pour accéder au sentier en font un parcours moins fréquenté. Surtout, le point de vue au sommet est splendide et permet d’embrasser du regard à la fois le Sud de Rio, le Cristo Redentor et le Pão de açúcar. Nous décidons d’y aller le dernier mercredi de notre séjour, accompagnés par Danilho, un Argentin en vacances à Rio. Comme celui-ci souhaite faire du parapente avant, nous nous donnons rendez-vous en début d’après-midi au niveau du terrain de foot qui marque le départ du sentier. Nous quittons l’auberge un peu avant 14h pour attraper un bus qui nous amènera jusqu’au pied de Vidigal. Comme d’habitude, nous avons un peu de mal à comprendre la numérotation des transports publics, qui ne correspond pas aux informations trouvées en ligne, et il est déjà 14h30 lorsque nous décollons de notre arrêt. Ça commence bien! Grâce à la conduite un peu mouvementée de notre chauffeur, nous parvenons à destination juste avant l’heure de rendez-vous. Mais il nous faut encore gravir la favela! Ne sachant pas ce qui nous attend, nous ignorons les moto-taxis et commençons l’ascension à pied. Il fait très lourd, la pente est bien raide et les lacets s’enchaînent, c’est un bon échauffement pour nos mollets! Nous sommes en nage au bout de 200m! La favela est « pacifiée » mais nous sentons que le climat est tout de même plus tendu qu’à Leme. La population semble plus pauvre et au-delà de la rue principale, les maisons en dur font place à des habitations de fortune entassées les unes sur les autres. Les ruelles tortueuses et l’odeur de nourriture qui mijote, alors que nous gravissons la côte, font resurgir des souvenirs du Népal et de nos balades dans les petits villages. Nous atteignons le terrain de foot – qui est en fait un bel espace sportif sponsorisé par Nike! – avec 20min de retard. Heureusement, Danilho a eu la patience de nous attendre!

Nous attaquons la randonnée sans attendre, en entrant dans la forêt, derrière le terrain. Le sentier en terre monte doucement au départ, avant de grimper franchement sur 200m. L’avantage de monter si vite est que la vue se dégage rapidement. Aussi, nous atteignons un premier palier donnant une vue plongeante sur la favela de Rocinha, la plus grande de Rio, mais pas vraiment pacifiée celle-ci. Nous reprenons notre souffle avant de repartir sur un rythme soutenu. C’est Franck qui est en tête et il a la forme; derrière, nous peinons un peu à le suivre! Encore quelques mètres en montée, puis le sentier s’aplanit. Des petits singes jouent dans les arbres, ce qui nous donne l’occasion de faire une pause pour les observer. Nous repartons ensuite pour une ascension encore plus intense: le sol de terre fait place à de gros rochers qu’il faut gravir, heureusement ça ne glisse pas! Franck galope devant, Danilho peine à l’arrière, notre groupe s’effiloche et nous parcourons en solitaire la partie la plus difficile. L’air est étouffant dans la forêt, mais celle-ci laisse place petit-à-petit à de hautes herbes qui se dégagent à l’approche du sommet. Le vent frais qui souffle en altitude est une bouffée d’oxygène et nous profitons des points de vue qui apparaissent tout au long du chemin pour reprendre notre souffle. Nous nous retrouvons un peu avant le sommet pour gravir ensemble les derniers mètres et nous laisser envahir par l’euphorie en découvrant la vue splendide. Impossible d’arrêter de sourire devant ce beau spectacle: les plages du Sud d’un côté, le Cristo Redentor de l’autre, et droit devant nous, le pain de sucre et la baie de Guanabara. La hauteur est vertigineuse et le panorama nous tourne la tête. Nous restons un bon moment à prendre des photos et discuter avec les autres randonneurs qui arrivent après nous. Nous hésitons à rester pour le coucher du soleil: le ciel est couvert de nuages et nous n’avons qu’une lampe pour redescendre. Surtout, la pluie menace et nous imaginons la difficulté du sentier en cas d’averse! Nous décidons finalement de redescendre avant de voir Rio s’illuminer en contrebas de notre promontoire. Franck donne encore le rythme et nous sommes en bas en 30min alors qu’il nous a fallut plus d’1h pour monter! Le temps de prendre un van pour redescendre de la favela et la nuit est déjà là. Le trajet retour en bus nous semble interminable: à l’intérieur, la climatisation à fond nous donne un coup de froid après l’effort, tandis qu’à l’extérieur, la tempête menace et le vent souffle bien fort. Nous sommes soulagés d’atteindre l’auberge de jeunesse sans essuyer d’averses et pouvons savourer la joie d’avoir fait une belle randonnée!

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