Envol pour le Maranhão

Notre séjour à Rio touche à sa fin en ce dimanche 30 avril: après plusieurs semaines de repos dans un cadre privilégié, nous reprenons les sacs à dos et l’aventure! Notre destination, São Luis, se situe dans la région Nordeste, à près de 3000km de Rio. Nous avions pensé nous y rendre en bus, en faisant escale dans l’Etat de Bahia, notamment, mais devant les prix affichés, nous avons modifié le programme et avons acheté un vol direct pour São Luis. Cela nous a tout de même permis de passer du bon temps dans le sud et de nous préparer à la reprise de nos pérégrinations. Les aux revoir faits la veille du départ, nous quittons l’auberge de jeunesse très tôt dimanche matin. Il n’y a pas de circulation, aussi nous sommes en avance à l’aéroport et nous profitons du temps d’attente pour essayer de nous éveiller avec un café. Les petits-déjeuners copieux de l’auberge nous manquent déjà! L’avion décolle à l’heure: c’est parti pour 3h de vol! Nous avons choisi des sièges proches du hublot et nous admirons une dernière fois Rio, avant que le passage dans les nuages ne masquent la baie de Guanabara, le pain de sucre et le Christ Rédempteur. Difficile de résister au sommeil pendant tout le trajet, mais nous profitons tout de même des paysages qui défilent par intermittence sous nos yeux. Les fleuves, vus d’en haut, sont particulièrement impressionnants.

Nous atterrissons peu avant midi et trouvons facilement le bus qui conduit au centre-ville, grâce au petit office de tourisme de l’aéroport. Sur le trajet, nous réalisons que nous sommes repartis pour les dernières semaines de voyage: en effet, il ne nous reste « plus que » deux mois et demi avant de rentrer en France! Le changement de décor avec le Sud du Brésil nous refroidit un peu: ici, tout paraît délabré et la population est très pauvre. Pourtant, São Luis est la capitale de l’Etat du Maranhão et son centre historique est classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Il y a presque 1 million d’habitants, mais la ville est déserte en ce dimanche après-midi. Il faut dire que de gros nuages d’orage menacent, alors que le bus nous dépose sur la Praça Deodoro, censée être animée, mais pour le moment uniquement fréquentée par quelques âmes errantes. Impossible pour nous de comprendre où vont les bus qui passent et à quel arrêt il faut attendre (il y a 3 voies, comportant chacune 2 arrêts). Après avoir échoué à demander à un local (même en parlant avec les mains!), nous décidons de continuer à pied.

Il n’y a que 3km jusqu’à l’hôtel, situé dans le quartier de São Francisco, accessible par un long pont depuis le centre historique. La chaleur est suffocante et l’orage qui menaçait éclate au moment où nous nous engageons sur le pont. Aucun moyen de s’abriter, juste le temps de mettre les protections sur les sacs… nous sommes trempés en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire! « Foutu pour foutu », nous continuons notre route sous la pluie, éclaboussés par les bus qui passent à toute allure et obligés de traverser les torrents qui se sont formés aux intersections des rues. Nous ne sommes pas très présentables lorsque nous pénétrons dans le hall de l’hôtel, accompagnés du « splotch splotch » bruyant de nos chaussures imbibées! Le temps de faire le check-in, nous avons inondé le carrelage devant le comptoir et nous filons nous sécher en laissant derrière nous de jolies flaques d’eau… Une fois toutes nos affaires étendues et nos papiers séchés à grand renfort de sèche-cheveux (billets, passeports, permis, tout a pris l’eau!), nous envisageons de trouver à manger. Un petit restaurant au kilo en face de l’hôtel fera l’affaire: nous engloutissons notre repas et partons nous coucher. Le soir vient à peine de tomber, mais l’avion puis la pluie nous ont exténués!

Après une bonne nuit de sommeil et un petit déjeuner correct, nous envisageons de découvrir le centre-ville. Ce que nous avons vu jusqu’à présent ne nous a pas vraiment plu, mais nous espérons que la partie historique, classée, est moins délabrée. Nos affaires étant sèches, nous sommes vigilants et tentons une sortie entre deux averses. Nous ne sommes pas encore arrivés au pont qu’il se remet à pleuvoir, décidément le temps n’est pas des plus agréables dans cette région! Cette fois, nous attendons à l’abri que l’orage passe avant de reprendre notre chemin, passant malheureusement inévitablement par de grosses flaques qu’il faut traverser. Arrivés au centre, c’est la déception: à part quelques beaux bâtiments rénovés, les habitations anciennes sont dans un très mauvais état. Seule capitale d’Etat du Brésil fondée par les Français, São Luis est pourtant réputée pour son centre coloniale exceptionnellement préservé – nous n’osons pas imaginer l’état des cités « moins bien conservées »! Certes, les ruelles pavées entourées de vieilles demeures coloniales, aux façades couvertes d’azulejos*, doivent avoir un certain charme les jours de beau temps. En été, les petites boutiques et marchands ambulants, ainsi que les touristes qui déambulent entre les terrasses des petits restaurants, doivent probablement donner une atmosphère animée aux lieux. Mais nous sommes le 1er mai: tout est mort et il pleut! L’ambiance est assez lugubre et la balade peu agréable, tout étant fermé. Nous avons vite fait le tour et rentrons à l’hôtel avant que ne se déclenche la prochaine averse.

Heureusement, nous quittons São Luis le lendemain pour rejoindre la destination de rêve qui nous a fait venir jusqu’ici: le parc naturel de Lençois Maranhenses. A lire dans le prochain article!

*Les azulejos sont des carreaux de faïence, souvent bleutés, utilisés pour recouvrir les façades des maisons. https://fr.wikipedia.org/wiki/Azulejos

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