Les terrasses de Pisac

Toujours attirés par les ruines Incas et les beaux paysages andins, nous décidons d’explorer un peu plus loin la Vallée Sacrée. En revanche, pas question de partir pour plusieurs jours, car c’est le lendemain matin que débute notre trek sur le Chemin de l’Inca. Nous choisissons donc le village de Pisac, que nous atteignons en une petite heure en combi. L’arrivée dans la vallée est spectaculaire : les terrasses escarpées, à flanc de montagne, surplombant la petite ville, offrent un panorama grandiose. Le soleil est de la partie et il y a peu de touristes car le vendredi n’est pas un jour de marché officiel* : c’est parfait pour explorer ! Les stands de produits artisanaux sont clairement destinés à une clientèle très touristique, mais il n’est pas désagréable de déambuler entre les échoppes colorées et nous tombons « par hasard » sur un petit four traditionnel, dans une cour intérieure, où sont cuits des empanadas fromage-origan. Bien sûr le prix est gonflé pour les gringos, mais nous en profitons pour goûter aussi une glace de mousse de lait, bien locale celle-ci, puisque normalement destinée au déjeuner des vendeurs. Dans un coin de la cour, une petite tour abrite des cochons d’inde qui ne se doutent pas de leur sort. Ici, ils sont un mets de choix, réservés aux grandes occasions ou aux tables touristiques: pauvres bêtes!

Nous sortons du marché pour gagner les escaliers en direction du site historique de Pisac. Il s’agit de ruines attribuées aux Incas, accessibles soit par un sentier de randonnée qui monte sur deux bonnes heures, soit par la route en quelques minutes. Etant donnée la raideur de la pente, nous choisissons de la gravir à pied pour redescendre en mini-bus (oui, oui, il est plus dur de descendre des escaliers raides que de les monter!). Une fois le ticket poinçonné, c’est partie pour une difficile ascension le long des terrasses qui surplombent le village. Il n’y a normalement pas d’escaliers, car ceux-ci fragilisent les structures les plus raides, et le passage d’un étage à l’autre se fait via des marches qui ressortent des murs (on peut observer la même chose dans certains vignobles Français!). Heureusement, le sentier a été aménagé et il n’est pas nécessaire de gravir ces dangereuses marches. En quelques minutes, nous atteignons une belle hauteur et la vue d’ensemble sur la vallée est fantastique. Il fait très bon (c’est notre premier vrai jour de beau temps au Pérou!) mais la randonnée n’est pas des plus simples. Nous ne sommes « qu’à 2700m » d’altitude et bien qu’il soit plus facile de respirer ici qu’à Cusco (3400m), nous peinons dans les pentes les plus raides. Après 30min d’efforts et un escalier particulièrement escarpé, les premières ruines sont accessibles et nous savourons le spectacle qui s’offre à nous. A nos pieds s’écoule le Rio Urubamba, un fleuve sacré pour les peuples précolombiens, qui fait partie des nombreux confluents de l’Amazone. Ses méandres ont façonné la Vallée Sacrée, où se trouvent de nombreux vestiges des époques Incas et antérieures. Sur le versant Est de la colline où nous nous trouvons, nous apercevons les ruines d’un ancien village; il faut poursuivre la montée pour profiter d’une vue d’ensemble et se rendre compte qu’il y a en fait plusieurs zones de témoignages de l’histoire Inca.

En continuant l’ascension, nous atteignons enfin un premier sommet, où d’anciens temples ont été érigés. Là encore, l’ajustement précis et le soin accordé au travail de la pierre montre l’importance religieuse des bâtiments. Une construction en forme de demi-lune, en contrebas, aurait eu une fonction militaire pour garder aussi bien la vallée, qu’un col donnant accès à la jungle. Le vent souffle et après les efforts pour grimper, nous prenons vite froid et ne nous attardons pas. Le sentier qui mène aux éléments les plus importantes, destinés à l’observation astronomique, sur le plus haut sommet, a malheureusement été fermé et nous devons faire un détour considérable pour gagner l’autre côté de la colline, où se trouve le parking. Cela nous oblige à redescendre sur le flanc Ouest, longer la gorge du Kitamayo, pour ensuite remonter un peu plus loin, sur un chemin broussailleux car visiblement moins emprunté (la plupart des gens se découragent probablement en voyant le sentier fermé…). Ce chemin passe à proximité d’une falaise, creusée de dizaines de trous: il s’agit de sépultures Incas, dont les momies sont placées dans des orifices à flanc de montagne, et celles-ci ont été ouvertes, très certainement par des pilleurs à la recherche d’or ou autres richesses. Etant donné la configuration des lieux, nous avons du mal à comprendre comment les Incas, puis les chasseurs de trésor, ont pu y accéder sans se tuer! Après une bonne heure supplémentaire de marche, nous avons atteint la dernière partie du site de Pisac. Il s’agit de l’entrée, et donc de la zone la plus visitée par les groupes pressés, mais il n’y a pas foule.

Nous utilisons nos dernières forces pour monter à travers les habitations délabrées, véritable labyrinthe de ruines à flanc de colline. Nous jetons un œil aux quelques terrasses, bassins et vestiges de temples, avant de prendre la direction du parking. Là, c’est la désillusion: aucun colectivo à l’horizon, uniquement des taxis qui savent bien que nous sommes bloqués. N’ayant pas le courage de redescendre à pied, nous n’avons pas d’autre choix que d’accepter le tarif excessif pour rejoindre la ville de Pisac, avant de monter à bord d’un autre bus pour Cusco. Là, nous rencontrons Numa et Aurélie, deux Français en vacances au Pérou, qui partagent leurs bons plans restaurants. Cela nous donne faim: nous n’avons mangé que des bananes depuis le petit-déjeuner et nos estomacs nous le font sentir! Arrivés à Cusco, c’est une course contre la montre qui nous attend. Nous nous ravitaillons à des stands de rue (pop corn, manioc grillé), puis fonçons au Monumento Inca Pachacútec, un genre de mini-musée sur cette figure emblématique Inca, avant de nous précipiter pour le briefing organisé à 18h par l’agence organisatrice du trek du Chemin de l’Inca. Nous devons retrouver Estelle et Alex à 19h30 pour un dernier dîner avant leur départ vers l’Ouest du Pérou. Nous appliquons les conseils des Français rencontrés l’après-midi et nous retrouvons au Buffet Français, une enseigne tenue par des expatriés et proposant des menus bio, à base de produits locaux. Ce soir, après les efforts, c’est l’heure du réconfort: au menu, raclette au fromage andin et jambon d’alpaga! De quoi être en pleine forme pour débuter le trek le lendemain matin!

*Il y a des jours officiels pendant lesquels sont organisées les sorties touristiques par les tours-opérateurs, mais en fait le marché est présent toute la semaine en saison haute.

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