Machu Picchu : sous le soleil Inca

Mardi 30 mai, 3h15. Il fait nuit noire et la température avoisine les 0°C. Pourtant, nous sommes dehors, alignés sur un banc et nous attendons. Levés depuis 20 à 30 minutes à peine, nous nous sommes préparés en express pour être les premiers au checkpoint qui marque le début du sentier vers la Porte du Soleil. C’est manqué de peu : un groupe d’une dizaine de personnes est déjà là à notre arrivée, mais la bataille n’est pas perdue pour être premiers au point de vue. Sauf qu’il faut attendre. Juste deux heures, dans le froid, le noir et sans réelle occupation : c’est long ! Nous grignotons le package petit déjeuner qui nous a été remis, en gardant les barres d’énergie pour le dernier moment. Petit à petit, nous entendons arriver les autres groupes, et lorsque les premières lueurs de l’aube nous permettent de voir assez loin, nous réalisons à quel point nous sommes nombreux. Nous avons bien fait de nous lever plus tôt !

La course du Soleil

Le personnel du poste de contrôle fait son apparition, peu avant 5h30, et commence à laisser entrer les trekkeurs à la demi-heure pile : nous attendons impatiemment que le premier groupe passe, puis c’est notre tour. Francisco fait tamponner les permis et nous donne le top. C’est parti !!! Franck part à toute allure et j’essaye de suivre tant bien que mal : heureusement qu’il m’a promis deux minutes auparavant qu’il m’attendrait ! Laureen n’a pas pu passer en première mais elle fait une remontée fulgurante et nous rattrapons tous, très rapidement, le premier groupe de randonneurs. Il fait noir et nos lampes frontales éclairent peu, doubler s’avère donc assez difficile. Avec leur carrure, Franck et Laureen se frayent un chemin, mais je n’arrive pas à passer et reste coincée derrière. Les jeunes femmes devant moi avancent d’un pas hésitant sur les pavés glissants et il me semble qu’il leur faut une éternité pour descendre les premières marches que nous rencontrons. Au bout de 10 minutes, je décide de doubler et me casse la figure dans les escaliers : au moins, j’ai atterri en bas avant tout le monde ! Quelques excuses rapides et je repars au pas de course. Ma lampe frontale est presque inutile (piles en fin de vie) et je devine à peine le chemin devant moi, c’est tout de même dangereux ! Il ne s’agit pas de courir mais, aidée des bâtons de randonnée, je marche le plus vite possible dans l’idée de rattraper les deux leaders de cette course complètement folle. Il est bientôt 6h du matin, le soleil éclaire de ses plus beaux rayons les montagnes environnantes, le cadre est splendide et nous n’en profitons même pas ! J’apprendrais plus tard que Laureen et Franck ont, à cet instant, rattrapé le gardien de la Porte du Soleil, qui doit arriver le premier au point de vue. Il n’a pas de lampe mais ses jambes connaissent le chemin et il va à une allure impressionnante et constante, même dans les difficiles escaliers, qu’ils soient descendants ou montants. Laureen se calque sur ses pas, Franck suit derrière. Je suis encore assez loin d’eux, mais j’ai bien vite semé le groupe suivant, je me retrouve donc seule dans la pénombre. Et si je croisais un ours ? Pas le temps de penser, il faut se concentrer : fixer les pavés, droit devant, pour ne pas commettre de faux pas. Avec l’effort, j’étouffe dans mes vêtements. Nous avions accumulé les couches pour supporter l’attente du petit matin, mais nous avons bêtement oublié de les enlever avant de nous lancer dans la course au point de vue. Je n’ai aucune idée du temps qui passe, les pavés s’enchaînent à vive allure, ainsi que les panneaux qui indiquent « attention, sentier glissant ». Rapidement, le « plat andin » fait place à du vrai dénivelé positif : il faut monter de 200m environ et cela se fait, entre autres, par des escaliers bien raides. Le souffle court, je m’arrête pour respirer : c’est dur ! Mais pas question de laisser Franck profiter du panorama sans moi ! Je repars, haletant, mais maintenant le rythme. Un pas après l’autre… Je reprends mon souffle dans les faux plats montants et m’épuise à nouveau sur les marches suivantes. Je maudis l’homme qui a promis de m’attendre, persuadée en plus qu’il a les bouteilles d’eau ; j’ai tellement soif ! Après ce qui me paraît être une demi-heure, j’aperçois un grand escalier particulièrement raide : ce doit être l’arrivée ! Mais non, faux espoir, il faut continuer ! Le jour est pratiquement levé lorsque j’atteins le pied des dernières marches à gravir. Un sac à dos vient de passer le sommet : je les ai rattrapés ! Cette vision me donne un regain d’énergie pour surmonter ce dernier obstacle. Je passe la porte en pierre, j’aperçois le gardien, puis, à ma gauche, le panorama sur le Machu Picchu m’arrête net: c’est beau!

Magie de l’aube

Laureen vient d’arriver (c’est elle que j’ai vue en haut des marches) et Franck est déjà là depuis 10 min, très fier de lui ! Il a mis 30 minutes pour parcourir les 3km et 200m de D+, avec son gros sac sur le dos, sur un sentier glissant : pas mal ! Juste dommage que nous n’ayons pas terminé cette randonnée ensemble… Ma colère et ma déception sont de courte durée tant le panorama est magnifique et nous savourons tous les trois la vue qui s’offre à nous, en exclusivité. Les impressionnants vestiges Incas du Machu Picchu s’étirent sur un plateau rocheux, encadré de nombreuses montagnes verdoyantes, dont l’impressionnant Wayna Picchu. Culminant à un peu plus de 2700m, il constitue la toile de fond de la vue la plus célèbre sur ces ruines mondialement connues. Dans notre dos, le soleil levant, éclaire le site d’une lumière surnaturelle et aucune photo prise à cet instant ne saura rendre la magie de l’instant. Il faut attendre presque 15 minutes avant que les autres trekkeurs fassent leur apparition et peu à peu, l’aire d’observation se remplit de monde. Nous sommes positivement étonnés de voir Lisa, Rachel, Leslie et Paul arriver juste après le premier groupe. Eux aussi ont tout donné pour la dernière ligne droite et la satisfaction se lit sur tous les visages. Nous prenons un grand nombre de photos, avant de descendre tranquillement vers le monument tant convoité. En chemin, Francisco nous explique que la Porte du Soleil (Intipunku) est ainsi nommée car, lors du solstice d’hiver (le 24 juin), la lumière du soleil levant passe juste entre les montants de pierre avant d’atteindre une fenêtre du temple du Soleil, au milieu du Machu Picchu. Au fur et à mesure de notre descente vers le grand ensemble de ruines, nous constatons en effet que l’astre passe juste au dessus de la montagne pour illuminer le site. Après 3 jours de temps mitigé, la chaleur et la douceur des rayons solaires nous font du bien et contribuent grandement à l’euphorie qui règne au sein du groupe. Nous longeons la montagne de Machu Picchu, qui a donné son nom au site, ainsi que les dernières ruines d’habitation et de forteresse avant le grand ensemble. Les différents points de vue sur la montagne sacrée sont tous grandioses, mais nous constatons, à mesure que l’heure avance, que le site se remplit de touristes. Ceux-ci ont accès aux vestiges dès 6h du matin et nous sommes très déçus de constater que la foule est déjà dense lorsque nous atteignons les terrasses du site.

Choc des civilisations

Pour nous qui avons trekké 3 jours pour atteindre ce trésor archéologique, le réveil est brutal: des hordes de touristes se bousculent (et nous bousculent!) pour enchaîner les selfies. Il y a trop de monde d’un coup et l’euphorie du matin fait rapidement place à de l’agacement, puis à la fatigue et à la déception. Aucun de nous n’a envie de se battre contre le flot des visiteurs et malgré l’envie d’explorer le site, nous ne savons pas par quel bout commencer lorsque notre guide nous annonce 30min de temps libre. Même sans les sacs, les jambes se font lourdes pour gravir les marches du circuit à sens unique qui fait le tour du côté des terrasses agricoles et des habitations. Le site est en effet divisé en deux grandes zones: le côté par lequel nous arrivons comporte surtout des vestiges de maisons et des terrasses, tandis que le cœur des ruines est occupé par des bâtiments plus importants. Au plus haut de la colline, culminent les temples, les monuments les plus impressionnants, ayant fait l’objet d’un incroyable travail de taille de la pierre. Nous devons quitter le site afin de placer nos sacs en consigne, avant de pouvoir y revenir pour une visite guidée de 2h avec Francisco. Entre-temps, nous disposons de quelques minutes supplémentaires pour reprendre des forces. Mais là encore, nous avons un choc: la cafétéria de l’entrée propose des prix encore plus élevés qu’en Europe, complètement en décalage avec le pouvoir d’achat du pays. La cible est clairement le touriste étranger et nous avons l’impression d’avoir atterri à Disneyland tant le mercantilisme est poussé. La nature nous manque déjà! Nous apprécions tout de même la possibilité d’apposer (gratuitement!) un tampon dans nos passeports, pour marquer l’occasion.

Un peu d’histoire…

Vient ensuite le moment de la visite guidée, menée par Francisco: nous réintégrons le site et gagnons la partie comportant les habitations pour y trouver un coin d’ombre. Il faut dire que le soleil est maintenant haut dans le ciel et qu’il commence à faire chaud, il vaut donc mieux s’abriter, d’autant que nous allons recevoir un grand nombre d’informations. Avant même de nous replonger à l’époque Inca, nous revenons seulement cent ans en arrière. La montagne sur laquelle nous nous trouvons était alors recouverte de végétation, une forêt dense, masquant entièrement les ruines qui nous font aujourd’hui face. Difficile à imaginer ! Mais en effet, dans sa fuite vers Vilcabamba, Manco Inca serait passé par le site du Machu Picchu et aurait donné l’ordre de le déserter et de supprimer toute trace qui permettrait de le retrouver. Cela fut efficace, puisque les conquistadores n’arrivèrent jamais jusque-là et que la végétation reprit le dessus pendant près de 400 ans, jusqu’à ce qu’un historien américain ne redécouvre cette cité perdue. Hiram Bingham, dans sa quête de trésors Incas, aurait parcouru la Vallée Sacrée, entre 1910 et 1911, demandant aux habitants s’ils connaissaient des vestiges Incas. Parvenu au pied d’une montagne appelée Machu Picchu (« vieille montagne » en quechua), certains villageois lui indiquèrent des ruines, perdues dans la forêt et difficilement accessibles. A son arrivée au sommet, il trouva une famille de paysans, qui avait pris possession d’une partie des terrasses, ainsi que d’une ancienne habitation. Tout le reste du site était alors recouvert de forêt et l’archéologue rentra aux Etats-Unis en n’ayant qu’une vague idée de l’ampleur de sa découverte. Les années suivantes, les travaux de dégagement mirent au jour ce que l’on connaît aujourd’hui de ces vestiges, appelés, faute de mieux Machu Picchu. Les théories sont partagées sur l’occupation de ces monuments par les Incas: selon certains archéologues, ils auraient été bâtis par des civilisations plus anciennes et étaient déjà oubliés dans la végétation au moment où les Espagnols débarquaient au Pérou. La seule certitude est qu’il s’agissait d’un centre cérémoniel important: les temples situés sur la partie la plus élevée comportent d’énormes blocs de pierre parfaitement taillés et ajustés. Nous nous faufilons dans la foule jusqu’au temple du Soleil, passant devant des bains cérémoniels en enfilade, acheminant l’eau des sources montagneuses. Les archéologues estiment que la population à l’apogée du site atteignait 500 habitants: les cultures en terrasses ainsi que l’eau déportée leurs permettaient alors d’être autosuffisants. Le temple du Soleil est un édifice rond, dont les pierres sont parfaitement ajustées. L’une des fenêtres, à l’Est, reçoit les rayons de l’astre solaire, lorsqu’ils passent par l’Intipunku (Porte du Soleil), au solstice d’hiver. En dessous, une grotte comportant des roches taillées semble accueillir un autel, mais sa fonction reste en réalité une énigme pour les archéologues.

Les mystères du Machu Picchu

Etant donné l’absence d’écrits sur les vestiges, puisqu’ils sont restés inconnus des conquérants espagnols, la plupart des informations transmises lors de la visite sont des suppositions faites par les archéologues. Au fur et à mesure des explications de Francisco, nous comprenons qu’il s’agit en réalité de son point de vue et que le Machu Picchu ne nous révélera pas ses mystères aujourd’hui! D’ailleurs, en laissant traîner l’oreille à proximité des autres groupes, nous entendons de nombreuses versions différentes… Nous gravissons la « colline » jusqu’à un secteur jonché de rochers: la carrière. C’est d’ici qu’auraient été extraits les impressionnants blocs de pierre qui ont servi à l’édification des bâtiments les plus imposants du site. La technique communément admise pour obtenir le haut degré de finition et d’ajustement de ces éléments est la suivante: les Incas perçaient, à l’aide d’outils en pierre, des trous à intervalles réguliers dans les roches. Ils y inséraient du bois et ajoutaient de l’eau pour le faire gonfler; sous la pression, la pierre se scindait le long de la ligne de trous et il ne restait plus qu’à lisser les surfaces à l’aide de sable et d’eau. Cela prenait un temps certain, mais il est dit que le site aurait été bâti en 70 ans, avec la mobilisation de plus de 50000 personnes*. La présence en abondance de granit sur cette montagne est l’explication principale, pour certains archéologues, de l’emplacement du site: il est logique de construire là où se trouve la matière première! Une autre explication, plus farfelue, serait le profil d’Indien qui se détache sur le paysage, lorsque l’on regarde attentivement le Wayna Picchu: un visage semble sortir de la montagne. Quoiqu’il en soit, le cadre est sublime et devait revêtir un caractère encore plus mystique, 500 ans en arrière, lors des cérémonies en l’honneur des éléments de la nature. Près de la carrière se trouvent les bâtiments les plus intrigants du site. Les roches, aussi conséquentes qu’à Sacsayhuaman, auraient été déplacées à l’aide d’un système de rampe et de rondins. Vue la taille, c’est assez difficile à imaginer! Tout l’ensemble a été construit de manière à résister aux tremblements de terre (portes et fenêtre trapézoïdales, murs penchés) et seule la force des arbres poussant entre les blocs de pierre a eu raison de leur bel alignement. Le temple principal, en particulier, est impressionnant. Non loin, se trouve le temple aux trois fenêtres, apparemment dédié à l’observation astronomique, puisque deux ronds creusés dans le sol font office de miroir lorsqu’ils sont emplis d’eau.

Retour à la réalité

Après deux bonnes heures d’explications sous un soleil de plomb, il est temps de quitter notre guide: la fin de journée et le retour à Cusco se feront en semi-autonomie. Francisco nous distribue les billets de bus et de train qui nous serviront à rentrer jusqu’à Ollantaytambo, où un bus de l’agence nous récupérera. Au final, si nous voulons être à l’heure au rendez-vous, nous n’avons qu’une heure pour continuer à explorer le site. A court d’eau, en surchauffe et découragés par la foule et le fait que le chemin soit à sens unique (il faut donc recommencer du début!), nous décidons de quitter les lieux. Il y a deux options pour rejoindre Aguas Calientes (ou Machu Picchu Pueblo), la ville d’où part le train: une randonnée en descente d’1h30 ou des bus chargés de touristes qui dévalent les virages en épingle de la route d’accès. Comme nous avons les tickets, nous choisissons la deuxième option, mais il faut avoir le cœur bien accroché! A l’arrivée, le bus nous dépose au milieu de ce qui semble être un décor en carton-pâte. Aguas Calientes n’est pas une vraie ville: c’est un attrape-touristes géant et sans charme, duquel nous sommes pressés de nous échapper. Affamés, nous mangeons une pizza sans goût à la terrasse de l’un des nombreux restaurants qui bordent la voie ferrée. Celle-ci passe littéralement au milieu de la ville, amenant le bruit et la fumée des trains jusque dans nos assiettes: un régal! La gare est habilement située à côté d’un grand marché d’artisanat, aux prix exagérés: nous avons hâte d’être à Cusco pour retrouver un peu de quiétude et de raison! Nous retrouvons les autres membres du groupe au moment d’embarquer dans le train: nous sommes tous exténués et rêvons de douches chaudes et de lits douillets! Le train est très confortable et nous bénéficions d’un goûter, qu’il est difficile de ne pas renverser dans les virages… Comme nous papotons, le trajet passe assez vite jusqu’à Ollantaytambo, où nous retrouvons facilement le chauffeur de minibus, qui nous attend avec un petit panneau. Quelques minutes d’attente pour récupérer d’autres trekkeurs de l’agence (il y a plusieurs treks qui mènent au Machu Picchu) et nous voilà sur la route du retour, qui nous paraît, celle-ci, interminable! La nuit est en train de tomber lorsque nous atteignons Cusco, mais nous avons décidé de ne pas nous séparer de suite, malgré la fatigue et l’envie de rentrer. En effet, nous avons appris en trajet que nous sommes les seuls, de tous les groupes envoyés par l’agence, à ne pas avoir reçus de T-shirts suite au trek, aussi nous allons les réclamer au bureau. Tous un peu déçus de cette fin d’expédition un peu bâclée, nous préférons retenir les côtés positifs au moment de nous quitter: nous étions un bon groupe et ces quatre jours ensemble ont été vraiment fantastiques! Merci à Leslie, Paul, Laureen, Lisa et Rachel pour leur bonne humeur et leur patience (nous avons parlé anglais tout le temps et ce n’était pas toujours simple!)!

*Les Incas avaient un système d’imposition particulier, qui leur aurait permis d’ériger rapidement de grands ensembles: chaque membre de la population devait s’acquitter annuellement de 3 mois de contribution à l’édification des monuments.

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2 réflexions sur “Machu Picchu : sous le soleil Inca

  1. cathychou dit :

    ralala, c’est « un cas » ce Francky!!! (ramoucho!)
    La lecture de la course au temple en suivant le gardien de la Porte du Soleil c’est genial!
    Dommage pour les touristes, c’est malheureusement le defaut de tous ces beaux monuments, les nouvelles Merveilles du Monde.
    J’espère que tu as aussi ta photo souvenir, elles sont splendides.
    PS: j’ai beaucoup ri quand tu t’es casse la figure!

    Aimé par 1 personne

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