Isla Taquile

Après la visite un peu amère des islas Uros, nous attendons beaucoup de la visite de l’Isla Taquile, que nous avons prévue ce dimanche. Pour y aller, il faut se lever très tôt: le bateau part à 7h40! Nous aurions aimé aller sur l’île Amantani, un peu plus loin, mais cela implique plus de 7h de bateau dans la journée et il faudrait passer une nuit sur place pour vraiment profiter. Comme nous avons prévu de le faire quelques jours plus tard sur l’Isla del Sol en Bolivie, nous nous sommes rabattus sur l’option Taquile, plus facile d’accès à la journée. Après un petit déjeuner très matinal, nous embarquons à bord d’un petit bateau. Le capitaine attend de le remplir au maximum de passagers avant de quitter le port, aussi nous ne démarrons que vers 8h. Toutes les embarcations font une escale à Los Uros, mais pas plus de 15 minutes. Cette fois, nous découvrons le côté Sud des îlots, mais le numéro est toujours le même. Restés à l’intérieur du bateau, nous assistons à la présentation expresse offerte aux touristes qui ont débarqué: montage de la maquette sans explications et invitation à acheter l’artisanat. Un quart d’heure plus tard, nous voilà repartis, cette fois, pour 2h de navigation. L’île de Taquile est à une trentaine de kilomètres et nous n’avançons pas bien vite… Heureusement, nous avons choisi le côté le plus ensoleillé de l’embarcation et les rayons qui filtrent à travers la vitre nous réchauffent agréablement. La partie plus profonde du lac est aussi plus agitée et le bateau est bien secoué par les vagues. Vers 10h30, nous apercevons l’île, puis il nous faut 1h de plus pour la contourner et accoster au port Est.

Nous devons alors gravir une pente raide pour rejoindre le village, situé à 3950m d’altitude. Les paysages sont magnifiques et le soleil, maintenant haut dans le ciel, éclaire joyeusement ces beaux panoramas. Au loin, les montagnes boliviennes, aux sommets enneigés, semblent flotter sur l’horizon. L’île est très verdoyante, ce qui contraste joliment avec le ciel et le lac azurs. Les chemins pavés ainsi que des petits murets de pierre qui séparent les cultures en terrasse donnent un agréable air de Méditerranée à notre environnement. La population parle quechua, contrairement à la majorité des habitants de la région de Titicaca, qui sont Aymaras. Elle fût l’une des dernières zones à capituler lors de la colonisation espagnole, au XVIè siècle; les vêtements traditionnels incas furent alors interdits. Le costume traditionnel porté par les femmes et hommes Taquileños est issu de cette période. Les hommes portent un large pantalon noir et une ample chemise blanche sous un court veston coloré et arborent un bonnet qu’ils tricotent eux-même, dès l’âge de 8 ans: blanc et rouge pour les célibataires, rouge uni pour les hommes mariés. Les femmes leur confectionnent de larges ceintures aux motifs complexes. Expertes dans le tissage, leur artisanat est reconnu à travers le monde et a été classé au Patrimoine immatériel de l’Unesco. Leur tenue se compose d’une jupe, recouvrant une multitude de jupons et d’un chemisier, souvent caché par un gilet de laine et un châle. Elles portent enfants et/ou paquetage dans un tissu noué dans le dos. Leurs longues tresses sont très souvent terminées par des « grelots » tricotés, probablement pour les maintenir bien droites et elles portent un chapeau pour se protéger du soleil. Toutes ces tenues sont magnifiques, mais ne nous semblent vraiment pas pratiques pour parcourir les chemins escarpés de l’île!

Nous montons doucement, manque d’oxygène oblige, vers la place du village, où nous retrouvons tous les touristes fraîchement débarqués. Pour échapper à cette foule, nous décidons de gravir le sommet de l’île, situé à peine 100m plus haut. Le parcours pour l’atteindre est vraiment agréable et nous profitons de cette balade tranquille. Nous ne croisons que quelques moutons et une vache, qui semblent tous avoir la belle vie ici. A l’arrivée, quelques ruines incas et une vue qui pourrait nous couper le souffle, si nous en avions encore! L’île Amantani paraît tout-à-côté et nous réalisons enfin que nous sommes sur un rocher au milieu d’un lac et non pas sur la côte, en voyant l’étendue d’eau qui nous encercle. Les vieux murs de pierre effondrés ajoutent à la magie des paysages et nous nous régalons de cet instant, complètement seuls au sommet de Taquile. Installés au soleil, tels des lézards, nous savourons d’autant plus que cela efface la déception de la veille, à Los Uros. L’heure passant, nous devons songer à redescendre: le bateau quitte les lieux à 14h et il ne faudrait pas le manquer. Sur le chemin, nous apercevons deux anglophones qui étaient avec nous sur le bateau: ils observent les moutons d’un enclos, plein d’enthousiasme. En nous approchant, nous réalisons qu’une naissance vient d’avoir lieu! Nous assistons tous ensemble et attendris aux premiers pas de l’agneau, qui trébuche un peu avant de trouver l’équilibre. Au moment de repartir, juste après un virage, un troupeau de moutons est en embuscade, l’air d’attendre, à l’abris des buissons, des nouvelles de la mise à bas: « alors, c’est un garçon? – Bêêêê! ».

Quelques minutes plus tard, nous avons rejoint la place principale, vidée de ses visiteurs. Nous prenons un thé « muña » (une plante qui ressemble à du thym et qui pousse partout au Pérou) au restaurant géré par la communauté. Pour de l’eau chaude avec une branche d’herbe aromatique, c’est un peu cher payé! Nous savourons nos boissons avant de repartir vers le côté Ouest de l’île, où le bateau nous attend. Cette zone, desservie par un grand escalier abrupte, était anciennement celle par laquelle arrivaient les tours. Nous sommes contents d’avoir accosté de l’autre côté et de faire l’escalier en descente! Nous montons sur le toit du bateau, où des bancs ont été aménagés. Bien que le vent soit un peu frais, les rayons du soleil nous apportent une agréable chaleur et nous avons l’impression de naviguer entre la France et la Corse, les dauphins en moins! Il faut dire que les eaux du lac ne doivent pas être très chaudes et, à part des poissons, il ne semble pas y avoir une faune très variée. Nous atteignons Puno en fin d’après-midi; juste le temps d’acheter nos billets de bus pour le trajet du lendemain et le soleil se couche déjà. L’hôtel dans lequel nous logeons étant excentré et mal isolé (il fait plus froid dans notre chambre que dans le couloir!), nous sommes contents de quitter enfin cette grande ville et nous espérons trouver plus de confort en Bolivie!

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