Copacabana, en Bolivie

Nous quittons Puno aux aurores et sans regrets le lundi matin, à bord d’un bus en direction de la Bolivie. Les paysages sont splendides et la lumière douce du soleil levant illumine la plaine entourée de reliefs qui borde le lac Titicaca. Au bord de la route, des paysans sont à l’œuvre dans les champs: sans machines, il faut un grand nombre de personnes pour les récoltes. Quelques moutons, ânes, lamas et alpagas* paissent tranquillement, une patte attachée pour éviter qu’ils ne s’échappent. Après 2h de trajet, nous atteignons la petite ville poussiéreuse de Pomata, dont nous ne verrons qu’un bureau de change. Un quart d’heure plus tard, le bus s’arrête à la frontière péruvienne: nous devons faire tamponner nos passeports pour sortir du territoire, avant de marcher 100m pour rejoindre la Bolivie. Les formalités sont assez rapides et, contrairement à ce que nous avons vécu au Chili, les contrôles sont très légers. Côté bolivien également, nous n’avons pas longtemps à attendre avant d’obtenir le droit d’entrée sur le territoire et nous remontons dans le bus pour la dernière portion du trajet. En 30 minutes, nous y sommes: Copacabana porte le même nom que la célèbre plage de Rio, mais le climat est bien différent! L’air est frais, même froid, mais le vent assez doux; à l’ombre, la température avoisine les 10°C, tandis qu’au soleil, la peau est vite brûlée.

Nous devons marcher un peu pour rejoindre un hôtel réservé en avance; le chemin monte sur une colline surplombant la ville et le lac. Nous perdons vite notre souffle et notre orientation et nous devons nous arrêter régulièrement: le quartier est tout neuf et rien de ce que nous voyons n’est représenté sur nos GPS! Toutes les habitations semblent être sorties de terre très récemment et un grand nombre de terrains sont en cours de construction. Nous finissons par trouver notre logement, aidés d’un autre touriste qui rentrait justement: cela nous parait un oasis de paix au milieu de tous les travaux environnants. Le temps que notre chambre soit préparée, nous profitons de la terrasse ensoleillée, surplombant un jardin fleuri, pour récupérer de notre nuit trop courte, bercés par le glouglou d’une petite fontaine. Une fois installés, le propriétaire, adorable, nous donne toutes les informations pour organiser notre séjour et nous partons faire un tour de reconnaissance. Copacabana est en fait une toute petite ville, où la présence touristique est à peine perceptible. Seule une artère est bordée de restaurants et boutiques à destination des étrangers, ainsi que le bord de lac. Tout le reste respire la tranquillité et invite à la détente. D’ailleurs, notre après-midi ne sera pas bien productive: l’office de tourisme étant fermé, nous nous contenterons des informations de notre hôte pour déterminer nos prochaines activités.

Le lendemain, nous profitons du confort de l’hôtel et de son petit déjeuner copieux (depuis le Brésil, nous n’avions pas aussi bien mangé le matin!) pour traîner un peu. Rien ne sert de partir trop tôt: tant que les rayons du soleil n’ont pas passé la montagne, il fait bien trop froid pour mettre le nez dehors! En milieu de matinée, nous nous décidons et prenons la direction du site nommé Horca del Inca, un ancien observatoire astronomique Inca. Pour cela, il faut grimper sur l’une des collines au-dessus de la ville. Le chemin, mi ombragé, est assez agréable mais avec l’altitude, nous sommes encore facilement à bout de souffle. Nous passons près d’une cahute où un droit d’entrée est demandé, mais personne n’étant là, nous continuons notre chemin. Nous croisons le « gardien » quelques minutes plus tard, qui passe comme un cabri de rochers en rochers, tandis que nous gravissons péniblement le sentier pavé. Il est bavard et nous donne quelques informations, que nous avons du mal à déchiffrer, tant il parle vite et hache ses mots entre ses dents manquantes ! Encore quelques mètres de dénivelé et nous voilà parvenus à une première plateforme rocheuse. Le site est assez impressionnant car la pierre a été façonnée par les éléments pour former, entre autres, de grands toboggans naturels. Nous escaladons un peu plus pour gagner en altitude et profiter d’une vue d’ensemble sur la ville et la vallée alentours et nous savourons le plaisir d’en profiter seuls. Le soleil s’élève sur la petite cité qui s’anime lentement et les clameurs de la cour de récréation de l’école, en contrebas, nous parviennent en ricochant sur les rochers.

Nous redescendons doucement et envisageons de rejoindre un autre site, appelé « siège de l’Inca ». Cette fois, pas de difficulté physique, le sentier commence par redescendre vers le centre-ville. Nous croisons alors le chemin d’une famille boliviano-brésilienne, vivant à Freibourg, qui nous donne gentiment ses bonnes adresses à Copacabana: le monde est petit! Nous parlons anglais, puis allemand et espagnol pour communiquer et nous réalisons alors, tout heureux, les progrès que nous avons faits en langues étrangères! Nous nous séparons pour continuer notre balade et peinons à trouver le site Inca. Après quelques allers-retours, puis des requêtes auprès des habitants, nous parvenons sur place et sommes assez déçus: il s’agit en fait d’une pierre taillée de sièges, comme nous en avons vu beaucoup près de Cusco. Mais surtout, la zone est jonchée de déchets, les pierres sont taguées et le tout est plus ou moins caché derrière un terrain de sport… Cela ne valait pas le détour et nous reprenons notre chemin pour retourner vers le centre-ville et visiter la basilique, située sur la place principale. Le bâtiment est à la fois monumental et magnifique avec ses hauts murs blancs. De style mauresque, il contraste étonnamment avec tout le reste de la ville, dont les maisons non terminées laissent apparaître la brique rouge. Nous ne pouvons pas prendre de photos à l’intérieur, où le style est très différent. Les murs y sont très neutres et seuls quelques autels, richement ornés, viennent en rehausser les tons clairs. La basilique abrite une vierge noire, sculptée dans le bois, sainte-patronne de la ville, qui s’est substituée à la déesse andine Copakawana, à laquelle la localité doit son nom. La statue n’aurait jamais été déplacée, par superstition, les habitants craignant le déclenchement d’une énorme crue.

L’heure du déjeuner approchant, nous nous rendons au marché, où il nous a été conseillé un stand du comedor, cette zone où l’on sert l’almuerzo (déjeuner). Mais une fois à l’intérieur, difficile de trouver la bonne table! Tous les stands se ressemblent et pas un ne porte de nom. Nous nous asseyons donc un peu au hasard (et à l’évaluation de la pile d’assiettes sales, indicateur du nombre de consommateurs passés!) et nous laissons servir le menu du jour. Ce n’est pas le meilleur restaurant que nous ayons fait, mais il a l’avantage d’être très économique! Complètement repus, nous envisageons de faire une sieste au soleil, avant de nous raviser: nous avons prévu de monter au sommet du Cerro Calvario et cela nous fera bien digérer! Cette montagne, surplombant la cité, comporte un chemin de croix qui part de son église et s’élève sur les hauteurs en enchaînant pentes et escaliers de pierre. La vue d’en haut vaut bien l’effort: à 4200m, le panorama sur les alentours est magnifique! D’un côté, Copacabana, sa basilique et son port et de l’autre, les rivages du lac, ponctués de cultures et de lagunes et s’étendant presque jusqu’à l’Isla del Sol. Malheureusement, le site est très pollué… Nous imaginons que les locaux, lors des pique-niques de weekends et jours fériés, ne sont pas très attentifs à la collecte des déchets, aussi les différents points de vue sont de vrais dépotoirs. Nous restons cependant un moment, absorbés par la beauté du paysage, avant de nous résoudre à regagner une altitude moins venteuse. Après cette journée de marche, nous sommes contents de regagner notre logement pour y profiter des derniers rayons solaires. Le soir, depuis notre balcon, le coucher de soleil est fantastique : le ciel s’embrase et vire à l’orange, au-dessus des eaux imperturbables du lac. Celui-ci prend alors une teinte irréelle de bleu irisé qui ressort dans l’obscurité.

 *Lama, alpaga, guanaco, vigogne: ils sont tous de la même famille, mais quelle est donc la différence? Les deux premiers sont domestiqués, tandis que les seconds vivent en troupeaux sauvages dans les hauteurs andines. Nous différencions le lama et l’alpaga grâce à leurs oreilles (le premier les a plus courbées) et leur pelage : l’alpaga, un peu plus petit, est aussi plus touffu ! Le lama est élevé comme animal de bât et l’alpaga, pour son poil et sa viande (on en a mangé, c’est fort !). Côté sauvage, la vigogne, plus fine, possède une tête de biche et le guanaco ressemble à un petit lama. Plus d’informations ici !

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