Pérou: le bilan

Cela fait déjà quelques jours que nous avons quitté le Pérou et il est temps de dresser le bilan du mois passé (trop vite) dans ce pays. Nous avions prévu un programme chargé, que nous avons dû réduire pour limiter les déplacements et surtout ne pas courir en tous sens! Il y a beaucoup à voir dans chaque région et un mois n’était pas suffisant pour profiter pleinement de toutes les richesses du Pérou. Aussi, nous avons privilégié trois zones: la capitale Lima, Cusco et la Vallée Sacrée et le lac Titicaca; nous gardons en tête nos envies de survol des lignes de Nazca et de randonnée dans la Cordillera Blanca, autour d’Arequipa, pour, qui sait, un prochain voyage! Voici les chiffres clés de notre séjour:

Nous sommes arrivés par avion à Lima le 17/05/2017 et avons quitté le pays par le même aéroport le 21/06/2017, soit 35 jours plus tard. Nous avons suivi l’itinéraire suivant:

  • 5,5 jours à Lima
  • 16,5 jours dans la Vallée Sacrée, dont:
    • 3,5 jours à Cusco
    • 4 jours en trek sur le Chemin de l’Inca
    • 1 jour à Cusco (suite au trek)
    • 4 jours à Ollantaytambo
    • 4 jours à Cusco (pour hospitalisation de Nadia…)
  • 10 jours autour du lac Titicaca, dont:
    • 2,5 jours à Puno
    • 3 jours à Copacabana, en Bolivie
    • 1,5 jours sur l’Isla del Sol, en Bolivie
    • 1 jour à Juli
    • 1 jour à Chucuito
    • 1 jour entre Puno et Juliaca
  • 3 jours en transit (bus, transit à Lima pour l’avion vers le Mexique)

Nous n’avons fait que trois grands trajets en bus, dont seulement un bus de nuit, ce qui représente moins de 1500km. En additionnant tous les parcours en colectivos de la Vallée Sacrée et autour du lac Titicaca, nous atteignons à peine les 2200km en transports terrestres. Ajoutons à cela environ 140km de bateau ainsi que 1270km d’avion entre Juliaca et Lima. Le mois de juin marquant le début de l’hiver dans l’hémisphère Sud, il faisait bon sur la côte, mais nous avons eu assez froid en montagne. Les deltas de température les plus grands étaient au niveau du lac Titicaca: en haute plaine, exposés au soleil, nous avons brûlé et ressenti plus de 30°C, tandis que la nuit la température descendait à -5°C

Voir aussi, l’itinéraire au Pérou.

Ce qui nous a plu:

  • Le folklore, toujours présent même quand on ne l’attend pas! Les Péruviens sont très fiers de leur passé pré-hispanique et ils perpétuent les traditions, que ce soit à travers leurs vêtements ou leurs célébrations. Evidemment, cela n’est pas flagrant à Lima, qui est une capitale moderne, mais plus l’on se rapproche des Andes, plus cette volonté de conserver les rites ancestraux est marquée. A l’approche de la fête la plus importante de l’année, l’Inti Raymi (fête du solstice d’hiver, le 24 juin), cette ferveur se ressent d’autant plus et nous nous sommes retrouvés témoins par hasard de nombreuses et jolies manifestations culturelles. La fusion des traditions « païennes » et catholiques est assez intéressante et, dans tous les cas, le spectacle est garanti pour les yeux et les oreilles!
  • La gentillesse des Péruviens. Nous parlons de ceux qui ne sont pas en contact permanent avec les touristes (ceux-là ont perdu leur sourire et leur amabilité). Le peuple que nous avons croisé dans la rue, au marché, sur les chemins… ces gens-là sont toujours souriants, malgré des conditions de vie souvent difficiles. Les hommes et les femmes travaillent dur, les enfants doivent être débrouillards très tôt, mais aucun ne se plaint, aucun ne mendie. Ils vendent de la nourriture, de l’artisanat, des gadgets dans la rue et jusque tard dans le froid de la nuit. Et pourtant, vous vous arrêtez juste pour demander votre chemin et ils vous aident, sans rien demander en échange.
  • La nourriture, goûteuse, variée et… économique! Certes, cela nous a valu une petite salmonellose de vouloir goûter à tout sur les étals des marchés. Mais nous étions tellement heureux de retrouver une vraie façon d’accommoder les saveurs! Dans les lieux touristiques, pizzas et pâtes sans goûts sont proposées aux visiteurs, mais dans les marchés ou les petites gargotes sans prétentions, les plats sont délicieux. Les Péruviens apprécient la nourriture et cela se ressent dans les assiettes: nous n’avons jamais quitté une table sans nous sentir complètement repus! De plus, nous avons apprécié retrouver quelques saveurs asiatiques, la coriandre étant très utilisée dans la cuisine locale.

Ce que nous avons moins apprécié:

  • Le pays comporte un autre côté, qui nous a aussi fait penser à l’Asie, mais qui est moins glorieux: la pollution. A peine arrivés à Lima, la gorge gratte du fait des gaz d’échappement. La capitale est propre, car nettoyée régulièrement, mais ailleurs dans le pays, les déchets s’accumulent sur le bord des routes. Ce n’est pas aussi dramatique qu’en Inde par exemple, car les enfants semblent sensibilisés au tri des déchets et des poubelles sont mises à disposition un peu partout dans les lieux publics. Mais les adultes manquent sérieusement d’éducation à ce sujet et les places de pique-nique deviennent, malheureusement, rapidement, des déchetteries à ciel ouvert.
  • Les conséquences du tourisme de masse sur la région de Cusco et de Puno. Nous qui pensions retrouver l’authenticité du Népal, nous avons été un peu déçus. Certes, cette économie bénéficie aux locaux et, nous aussi, nous voulions voir tout ce que les visiteurs étrangers viennent admirer au Pérou. Mais les arnaques sur les touristes commencent à se développer et surtout, nous avons été pris pour des porte-monnaie sur pattes. A Cusco, la Plaza de Armas est le fief des rabatteurs en tous genres, au Machu Picchu, les prix sont complètement déconnectés de la réalité économique du pays, à Puno, le tour aux îles flottantes de Los Uros prend des airs de sortie au zoo, et partout, on apprend aux enfants à demander une pièce en échange d’une photo… Difficile de visiter tous ces lieux sans contribuer à cette mascarade; difficile, aussi,de savoir si nous enrichissons un petit nombre au détriment de la communauté ou si le tourisme est aussi équitable que revendiqué…

Nous avons vraiment apprécié le Pérou pour son authenticité et pour tous les souvenirs du Népal que cela a ravivé: entre vie en haute montagne et costumes traditionnels, ces deux pays comptent plus de points communs que l’on pourrait penser. Les coûts étant très faibles et la sécurité plutôt bonne (nous n’avons d’ailleurs rencontré aucun problème de « chauffard », même en colectivo), nous comprenons aisément pourquoi ce pays plait tant aux backpackers débutants. Comme pour le Népal, il y a quantité de treks grandioses que nous aimerions faire, ce qui nous amènera sûrement à programmer un second séjour dans les années à venir!

Concernant la Bolivie, nous avons dû freiner nos envies de faire un tour au Salar d’Uyuni. Selon tous les voyageurs que nous avons rencontré, ce pays compte beaucoup de sites magnifiques à découvrir et, plutôt que d’organiser une visite express, nous avons préféré le retirer complètement de notre itinéraire… avant d’en réintégrer un petit bout en dernière minute! Il aurait été dommage de ne pas saisir l’occasion d’aller à Copacabana, si proche de Puno. Le bref contact que nous avons eu avec la population bolivienne a été merveilleux: après le cirque touristique proposé côté péruvien du lac, la quiétude de Copacabana nous a complètement charmés! Les habitants étaient d’une gentillesse extrême et la vie nous a paru très paisible. Mais, évidemment, nous ne pouvons pas tirer trop de conclusions après un séjour si bref!

Pour voir tous les articles concernant le Pérou et la Bolivie, utilisez le menu “accès par catégorie”, dans la colonne de droite (en bas dans la version mobile du site).

Accéder à la galerie photo du Pérou

Accéder à la galerie photo de la Bolivie

La nourriture péruvienne

Cela fait maintenant plusieurs mois que nous avons repris un bon rythme alimentaire et nous commençons à penser que les kilos perdus en Asie et au Chili étaient finalement nécessaires pour compenser les dernières semaines de voyage! En effet, nous avons bien mangé au Pérou: en quantité et en qualité!

Notre première impression, à Lima, était un peu faussée du fait qu’il s’agisse de la capitale: nous avons donc trouvé de tout et à tous les prix. Nous avons dans un premier temps renoué avec les pâtisseries: gros gâteaux au chocolat avec nappage chocolat, cheese cakes au fruit de la passion, ou vraies viennoiseries comme en Europe… Nous n’avions pas conscience que cela nous manquait tant, avant de réaliser que nous nous rendions chaque jour à la pâtisserie du quartier… Mais cela ne représente pas la gastronomie du pays, que nous avons découvert plus tard, dans les Andes. Le Pérou comptant des régions aux traditions et aux climats très distincts, chacune a développé ses propres spécialités. Aussi, nous ne pouvons parler que de ce que nous avons goûté, soit les produits de Cusco et du lac Titicaca…

Petit déjeuner:

La journée commence, dans les régions froides du Sud-Est, par un repas énergétique. Des boissons à base de maca (une racine, apparemment très bonne pour la santé) ou de quinoa sont servies dans de grands verres. Il est également courant de commander un jus de fruits, qui sont alors mixés à la minute et mélangés à de l’eau ou du lait selon la demande. Que ce soit sur les stands de rue ou dans de petites gargotes, le menu est sensiblement le même: pain garni de fromage ou œuf ou avocat ou jambon, ou un mixte de tout cela!

Déjeuner et dîner:

Le repas de midi est assez consistant, que ce soit au marché ou dans les petits restaurants locaux: une soupe ou une entrée, suivie d’un plat de résistance, souvent servi dans des proportions impressionnantes. Parfois, le menu du jour ou almuerzo inclut un refresco (boisson maison). Sur le littoral, l’entrée la plus populaire est le ceviche, véritable plat national, il s’agit de poisson cru, mariné dans du jus de citron et accompagné d’oignons et de coriandre (voir la recette). Il est apprécié avec du maïs séché et de la patate douce. Dans les régions montagneuses, la sopa ou le caldo (soupe ou bouillon) sont privilégiés pour se réchauffer. Agrémenté de maïs, de quinoa, de pomme de terre ou de pâtes, c’est toujours un plat consistant.

Le segundo, ou plat principal varie selon les régions, mais aussi les arrivages du marché et donc les saisons. De plus, la viande étant une denrée coûteuse (l’élevage est loin d’être intensif), il n’est pas question de gaspiller et les abats se retrouvent régulièrement au menu. Les carcasses servent de base à la constitution de sauces ou de bouillons. Parmi les plats que nous avons expérimentés, le lomo saltado et le lomo montado, à base de bœuf, ont la préférence de Franck. Dans le premier, la viande émincée est accompagnée de tomates et d’oignons sautés, tandis que dans le second, c’est un steak surmonté d’un œuf au plat qui est couvert de tomates. La milanesa, un steak haché très fin de veau, pané et citronné, est également présente sur toutes les cartes, mais de qualité inégale selon la cuisinière!

Quelle que soit la région, les plats sont accompagnés d’une ensalada – souvent de la salade verte, des tomates et des oignons émincés – de riz et de frites maison. Mais les deux ingrédients phares du pays – le maïs et la pomme de terre – se retrouvent dans les restaurants familiaux ou un peu plus haut de gamme. Ce qui nous a beaucoup marqué est la variété impressionnante de ces deux produits! Les OGM n’ayant pas encore envahi le pays, toutes les formes, les couleurs et les tailles sont encore permises. Les étals de marché sont un vrai régal pour les yeux, même si nous n’avons pas su mettre un nom sur tout ce que nous avons vu! Pas un seul épi de maïs n’est aussi jaune et régulier que par chez nous et c’est tant mieux! En revanche, nous n’avons pas aimé toutes les espèces que nous avons goûté…!

Autres spécialités:

Du côté du lac Titicaca, la trucha (truite) se retrouve à toutes les sauces: en ceviche, à la vapeur, grillée, à l’ail ou au citron… Les choix sont variés et les poissons énormes, car issus d’élevages. Les plats appelés chicharones sont normalement à base de porc pané et frit, mais lorsque la viande ou le poisson est précisé, cela indique un mode de cuisson en friture. A Lima, nous avons goûté les papas à la huancaina: des pommes de terre nappées de salsa huancaiana, épicée et crémeuse.

Concernant les desserts, cela n’est pas le point fort du Pérou (en dehors de Lima). Les locaux mangent des plats sucrés surtout en tant qu’en-cas. Le pop corn est naturellement présent partout, le maïs étant la base de l’alimentation: sucré, salé, caramélisé et même parfois coloré! Nous avons également vu beaucoup de maïs soufflé, vendu dans d’énormes sacs, ainsi que des gâteaux maison vendus à la part, dans la rue. Pour le goûter, les Péruviens sont surtout friands de glaces et de gelatinas (gelées colorées): plus c’est chimique, mieux c’est!

Boissons:

La boisson nationale est la chicha: un genre de bière à base de maïs. La chicha morada est non alcoolisée et régulièrement servie en tant que refresco pour accompagner l’almuerzo. Le maté de coca, dont les feuilles sont cultivées dans les régions amazoniennes, est consommé dans absolument tout le pays et à toute heure. Cette plante permettant de mieux supporter l’altitude est également mâchée par les populations vivant dans les hauteurs andines. Bien que le café soit cultivé dans le pays, il n’est pas forcément apprécié par les locaux. Nous avons souvent consommé le soda local, l’Inca Cola (appartenant tout de même à Coca-Cola): jaune fluo et au goût très chimique, il accompagne parfaitement tous les plats régionaux! Enfin, dans les petits villages, les légumes et herbes sont utilisés pour leurs propriétés digestives ou médicinales. Ainsi, dans la Vallée Sacrée, nous avons pu déguster du thé de céleri ou encore de persil!

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s