Mexico

Nous atterrissons à Mexico le mercredi 21 juin, en milieu d’après-midi. L’aéroport étant bien desservi par les transports en commun, nous parvenons au centre-ville assez rapidement. Nous sommes un peu déboussolés, le contraste avec le Pérou est conséquent: non seulement nous retrouvons l’effervescence d’une ville moderne de l’hémisphère Nord mais en plus le climat est très différent. Finies les froides journées de l’hiver andin, nous voici en été! L’air est lourd et nous sommes soulagés d’atteindre l’auberge de jeunesse pour enfin poser nos sacs. Épuisés par les 6h d’avion et le changement de latitudes, nous n’explorerons pas la ville dès aujourd’hui. Nous ne sortons que quelques instants pour dîner et tentons de nous familiariser avec notre nouvel environnement. Les Mexicains semblent vraiment gentils et, contrairement à nos à priori, nous ne nous sentons aucune insécurité dans la grande métropole. Ce séjour risque bien de faire tomber quelques idées reçues!

Le lendemain, nous entreprenons de visiter le centre historique de « CDMX » ou Ciudad de México, aussi parfois appelée Distrito Federal. Notre auberge étant idéalement située, il ne nous faut parcourir qu’un pâté de maisons pour nous retrouver sur la place principale. Mais la visite ne commence pas de ce côté: nous prenons la direction d’un ancien couvent, quelques rues plus loin, dont la particularité est de rendre visible l’enfoncement de la cité. En effet, construite sur un ancien lac, la capitale du Mexique voit ses bâtiments coloniaux s’enfoncer petit à petit. Cela est frappant lorsque nous visitons l’Ex Teresa Arte Actual, aux murs penchés. La sensation de marcher sur un sol incliné est tellement étrange que nous en avons presque le mal de mer! Nous nous rendons ensuite au Palacio Nacional, dont la façade imposante donne sur la place centrale. Mais nous entrons par une aile du bâtiment, ce qui ne permet pas de se rendre compte de la taille de ce bâtiment. Construit par les Espagnols au XVIè siècle, à la place d’un ancien palais aztèque, il abrite aujourd’hui le siège de la Présidence et du Trésor fédéral. Les cours intérieures, bien aménagées, sont très agréables à parcourir, mais nous y restons surtout pour les fresques qui ornent l’escalier principal. Réalisées par l’artiste mexicain Diego Rivera au milieu du XXè siècle, elles retracent l’histoire du pays et regorgent de détails. Nous avons un vrai coup de cœur pour le travail de cet artiste que nous ne connaissions pas et Franck a du mal à quitter le bâtiment! Mais notre programme de visite étant bien rempli, nous devons poursuivre notre chemin.

Direction, le Templo Mayor, un ensemble de ruines situé juste à côté du palais. En 1978, la découverte d’une stèle circulaire de 8 tonnes, représentant la déesse aztèque de la lune a conduit les autorités à détruire une partie des monuments coloniaux de la ville pour mettre au jour ces vestiges. Il ne s’agit que d’une petite partie de ce qui était auparavant la cité aztèque de Tenochtitlán, à l’origine de la ville de México. Les Mexicas (autre nom donné aux Aztèques) avaient en effet élu domicile sur une île au milieu du lac de Texcoco. Le temple aurait été bâti à l’endroit exact où ils auraient vu un aigle posé sur un cactus, en train de dévorer un serpent: selon la prophétie, cela devait marquer la fin de leur errance et indiquer le nombril du monde. La cité qu’ils construisirent, Tenochtitlán, fut en son temps la plus importante et la plus influente de Mesoamérique. A l’arrivée des Espagnols, en 1519, la population s’élevait à plus de 1,5 millions d’habitants dans le Valle de México; un siècle plus tard, il n’en restait plus que 100000… Les conquistadores s’employèrent à détruire les constructions indigènes ou à bâtir par dessus les édifices coloniaux qui constituent aujourd’hui le centre historique de la capitale. Voilà pourquoi les ruines que nous visitons sont aussi peu parlantes: difficile d’imaginer une immense pyramide quand une partie est encore couverte par la cathédrale. De plus, la plupart des éléments trouvés dans les vestiges ont été déplacés au musée du site pour être conservés à l’abri. La visite de ce dernier s’avère d’ailleurs bien plus intéressante que celle de la zone archéologique. Ayant encore en tête l’histoire péruvienne, nous avons tout de même un peu de mal avec la chronologie mexicaine: nous qui pensions avoir affaire aux Mayas, nous voici face à des ruines aztèques! Une visite au musée archéologique le lendemain nous permettra d’en savoir plus.

Mais pour l’heure, nous continuons notre tour au centre-ville en nous rendant au Zócalo (socle), la place principale. Appelée ainsi car elle comporte la base d’un bâtiment resté inachevé, elle serait l’une des plus grandes places au monde. Mais des travaux nous empêchent d’en apprécier les dimensions. Sur le côté Est se dresse la façade imposante du Palacio Nacional; au Sud, les bureaux de l’administration de la ville ne se visitent pas. Au Nord a été érigée la Catedral Metropolitana, monumentale, ainsi qu’une église plus petite mais tout aussi jolie. L’intérieur de la cathédrale est superbe, certains autels sont exubérants mais l’ensemble reste harmonieux et assez lumineux. Un drôle d’instrument est suspendu en plein milieu de l’allée centrale: il s’agit d’un pendule permettant de mesurer en temps réel l’inclinaison du monument, qui lui aussi s’enfonce dans le sol meuble… Nous prenons ensuite la direction de l’Ouest, le long de l’Avenida Madero, une rue piétonne bordée d’édifices remarquables. Nous passons ainsi devant d’anciens palais coloniaux, aux façades richement décorées, avant de nous arrêter au Templo de San Francisco. Cette église du XVIè siècle comporte d’immenses toiles qui semblent surdimensionnées par rapport à la taille des murs! De l’autre côté de la rue, nous entrons dans la jolie Casa de Azulejos, décorée de carreaux de faïence de Chine, à l’intérieur comme à l’extérieur. Tout au bout de l’avenue, la Torre Latinoamericana, un gratte-ciel qui contraste avec les constructions coloniales, donne l’heure en digital du haut de ses 183m. Nous montons au bar du 40ème étage pour prendre un rafraîchissement, tout en profitant d’une superbe vue sur la ville. Le temps est très lourd et cette pause est la bienvenue pour s’abriter quelques instants du soleil qui nous brûle déjà.

Il est 15h lorsque nous reprenons notre chemin: cette fois, nous quittons le centre historique pour le quartier voisin d’Alameda Central. Après un tour au mercado San Juan, regorgeant de beaux produits frais (c’est dommage, nous avons déjà mangé!), nous prenons le chemin de la Ciudadela. Cette ancienne fabrique de tabac a été reconvertie en bibliothèque et le cadre est incroyable. La traversée des cours de l’édifice nous offre une pause hors du temps, avant de replonger dans l’agitation des rues qui entourent le centre d’artisanat, situé juste en face. Nous remontons jusqu’au parc Alameda Central, agréable espace vert, aménagé de sentiers qui courent autour de fontaines amusantes. La promenade nous mène jusqu’au Palacio de Bellas Artes, un somptueux édifice du début du XXè siècle, qui abrite aujourd’hui un centre artistique. La journée ayant été riche en informations culturelles, nous nous contentons d’en observer l’extérieur et envisageons de rentrer. Sur le parcours du retour, nous passons devant le Palacio Postal, le plus beau bureau de poste que nous ayons vu jusqu’à présent! Le soir tombe tard, comparativement au Pérou, mais nous avons du mal à nous adapter au rythme estival et nous sommes épuisés à peine les 20h passées. Le centre historique de la capitale du Mexique était bien plus riche que nous ne le pensions et nous avons bien marché, c’est donc la tête pleine d’images et les jambes douloureuses que nous allons nous coucher.

 

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