Balades dans la capitale mexicaine

Suite à notre première journée à Mexico, nous avons envie d’en savoir plus sur les civilisations préhispaniques qui ont fait l’histoire du pays. Pour cela, nous nous rendons au Museo Nacional de Antropología, reconnu comme un excellent musée faisant le parallèle entre les populations actuelles du Mexique et leurs ancêtres. Comme nous nous y rendons à pieds, nous décidons de joindre l’utile à l’agréable en empruntant le Paseo de la Reforma, une grande avenue jalonnée de sculptures. Pour cela, nous retraversons l’Alameda Central, le parc situé à l’Ouest du centre-ville, dont l’ombre des arbres est déjà très agréable en ce vendredi matin. Nous tombons par hasard sur le Museo Mural Diego Rivera et y faisons un petit crochet. Créé pour accueillir une unique fresque du peintre lorsque la salle de restaurant qui l’accueillait a été détruite par un tremblement de terre, ce musée est assez restreint. Il y a tout de même une salle d’exposition temporaire, mais ce qui nous intéresse finalement est l’oeuvre centrale:  Sueño de una tarde dominical en la Alameda Central (songe d’un dimanche après-midi dans l’Alameda Central)*. Peinte en 1947 et mesurant 65m², elle représente une foule de personnages dans ce parc de Mexico. Comme toujours, la fresque regorge de détails et l’artiste y a fait apparaître des personnalités politiques et culturelles mexicaines; aidés d’un écran interactif, nous découvrons leur histoire et par là-même, celle du pays. Entre autres, nous identifions Frida Kahlo, la célèbre peintre et épouse de Rivera, Benito Juárez, président du Mexique au milieu du XIXè siècle, le seul à la réputation encore intacte, Diego Rivera lui-même, le général Santa Anna, qui a cédé le Texas aux USA ou encore Hernán Cortés, qui fût à la tête de la conquête espagnole au XVIè siècle.

Après cette intéressante pause culturelle, il est temps de reprendre notre chemin et de rejoindre le Paseo de la Reforma. Cette grande artère, aujourd’hui bordée de buildings modernes et fréquentée par les automobilistes, a été créée pour relier le château de Maximilien 1er à la vieille ville lors de la période française**. Elle conduit donc directement au Bosque de Chapultepec, le parc qui héberge, en plus du Castillo, le musée d’anthropologie où nous nous rendons. La première sculpture rencontrée sur l’avenue est El Caballito, une énorme tête de cheval stylisée jaune or. Cela donne le ton: cette avenue est immense et ses ronds-points hébergent des œuvres à sa mesure! Nous faisons un léger détour par le Monumento à la Revolution, une impressionnante arche placée sur un socle en pierre de volcan noire. Il devait initialement s’agir d’un bâtiment parlementaire, mais les travaux ayant été interrompus par la Révolution en 1910, le projet initial a été abandonné. Plutôt que de détruire la base, son usage a été modifié et le monument abrite aujourd’hui un musée sur cet événement historique. Notre chemin se poursuit sur « Reforma »: nous passons le Monumento a la Independencia, la bourse (centro bursátil) et la tour la plus haute de la ville, la Torre Mayor, mesurant 225m de haut. Tout cela nous amène à l’Estela de Luz, un monument de plus de 100m de haut, qui s’illumine le soir comme un grand rayon et qui marque l’entrée du parc. Passées les grandes grilles entourées de lions en bronze, un agréable chemin pavé et ombragé conduit à un monument en mémoire de cadets de l’académie militaire nationale tombés face à l’armée américaine. A l’arrière, se dresse le château, ancienne résidence des présidents; nous suivons les sentiers qui le contournent pour gagner la partie du parc qui nous intéresse. Le soleil tape fort et nous avons un peu de mal à nous orienter dans ce grand parc (il fait plus de 4km²), déstabilisés par la quantité de stands en tous genres: sucreries, peluches, gadgets, mais aussi tatouages et piercings!

Nous atteignons l’entrée du musée en début d’après-midi, soulagés de pouvoir nous y abriter pendant les heures les plus chaudes de la journée. L’extérieur est déjà monumental et superbe et nous verrons rapidement que l’intérieur l’est tout autant. Nous sommes impressionnés par l’architecture des lieux, mais aussi par la qualité des expositions. Les salles sont organisées autour d’une grande cour, surmontée d’un préau duquel s’écoule une cascade. Au rez-de-chaussée, les civilisations préhispaniques sont représentées, tandis qu’à l’étage ce sont les ethnies actuelles du Mexique qui sont mises à l’honneur. Nous apprenons que les différents peuples de Mésoamérique ne se sont pas forcément succédé dans une chronologie déterminée, au contraire ils ont même cohabité, échangé ou guerroyé. Ce qui les distinguent, ce sont surtout des particularités liées à la géographie et donc au mode de vie; ainsi, chaque civilisation a développé des langages, des traditions, des rites et un artisanat propre, tout en étant influencée par les échanges qui avaient lieu. Il y a bien eu des périodes d’apogée et de déclin, mais contrairement aux idées reçues, les Mayas étaient bien contemporains des Aztèques. Pour s’y retrouver, les archéologues ont défini quatre périodes: l’époque litique (années -30000 à -2500), le préclassique (années -2500 à +200), le classique (années 200 à 900) et le post-classique (années 900 à 1521 – l’arrivée des Espagnols). La première ressemble plutôt à la préhistoire et chacune des trois suivantes est caractérisée par des développements de cultures, rattachées à une zone géographique. Ainsi, la période classique a vu se développer la culture Zapotèque, dans le Oaxaca (au Sud du pays), la culture Teotihuacán, dans le bassin de Mexico ou encore la culture Maya, à la frontière avec le Guatemala et le Belize. Le musée est très intéressant et riche: des vitrines mettent en valeur céramiques, objets en obsidienne et autres éléments retrouvés sur les sites archéologiques, les panneaux explicatifs sont de grande qualité et surtout un grand nombre de maquettes et de reconstitutions grandeur réelle complètent les collections. A l’étage, les cultures actuelles du Mexique sont également bien représentées avec des explications sur les traditions et l’artisanat et des reconstitutions d’habitats.

Nous pourrions rester des heures, mais nos jambes protestent et nous regagnons le parc pour nous y reposer à l’ombre. Pendant que Franck fait une petite sieste, j’en profite pour visiter le jardin botanique, en accès libre, qui reprend les différents environnements du Mexique. Il y a bien sûr beaucoup de cactus et succulentes, mais aussi des plantes de prairie ou de marais. En fin d’après-midi, fatigués, nous envisageons de rentrer en métro, mais c’est plus facile à dire qu’à faire! Dans un premier temps, nous tournons en rond à la recherche de l’accès souterrain, puis après avoir perdu 20 min, nous nous engouffrons dans une rame presque vide… jusqu’à la station suivante. Là, le train se remplit à grande vitesse et nous sommes compactés à l’intérieur: c’est l’heure de pointe! Il fait très chaud et il nous faudra supporter la foule jusqu’à l’auberge de jeunesse. Le parvis de la cathédrale ainsi que toutes les rues alentours sont très fréquentés en cette fin de journée ensoleillée, marquant le début du weekend!

Le samedi, nous reprenons le métro et traversons complètement la capitale vers le Sud pour rejoindre le petit village de Xochimilco. De nos jours, cette bourgade est entièrement intégrée à la Ciudad de México, mais auparavant il s’agissait d’une zone marécageuse, utilisée par les Aztèques comme jardins. Le lieu est très prisé par les familles le weekend, pour une sortie sur les trajineras, des barques colorées à fond plat qui permettent de parcourir les canaux ayant subsisté de l’époque préhispanique. Le site, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1987, s’est peu à peu transformé en parc d’attraction. A peine sortis du tren ligero (métro léger), nous sommes naïvement étonnés de la gentillesse des locaux qui nous guident, sans même que nous le demandions, vers les embarcadères. Un monsieur en scooter nous suit plus ou moins discrètement pour s’assurer que nous prenons bien la bonne direction. Evidemment, à l’arrivée, ce monsieur est en fait propriétaire de trajinera et il nous propose un tarif démentiel pour une balade sur les canaux. Avec son eau verdâtre et des déchets qui flottent à la surface, la zone ne nous plaît pas tant que cela et nous hésitons longtemps avant de choisir une barque. Entre-temps, nous avons bien sûr changé d’embarcadère et nous nous sommes énervés contre quelques rabatteurs qui tentaient de nous nous diriger vers les zones les plus touristiques. Après négociations, nous obtenons le bon prix pour une balade de 1h. Les bateaux sont assez grands et peuvent accueillir jusqu’à 20 personnes, c’est pourquoi cette activité est surtout prisée des familles, qui en profitent pour pique-niquer. Il est possible d’ajouter des options à la balade, en louant les services de mariachis (musiciens mexicains) ou en commandant un repas et l’ambiance est assez bruyante le weekend. Il est encore tôt, mais déjà les barques se suivent sur les canaux étroits: avec les chanteurs, les vendeurs de nourriture, ceux d’artisanat ou de photo costumée, en plus des touristes, cela commence à faire du monde sur l’eau! Peut-être sommes-nous un peu blasés, mais la promenade ne nous enchante pas vraiment. Il faut dire qu’à deux sur un si grand bateau, ce n’est pas aussi festif qu’avec un groupe d’amis!

Nous repartons en direction de la gare, en faisant un détour par le marché, qui nous plaît au final bien plus. L’excellent déjeuner qui nous permet de goûter quelques spécialités de poisson nous fait oublier la déconvenue des canaux et nous rentrons à l’auberge en début d’après-midi. Juste avant qu’une énorme averse ne se déclenche! Les orages d’été sont fréquents dans la région et nous avons été chanceux jusque-là de ne pas être tombés dessous. Nous ressortons entre deux averses en fin de journée pour observer la foule qui s’est rassemblée sur le Zócalo. C’est la LGBT Pride et malgré la fraîcheur qui s’est installée, la mode n’est pas au déguisement couvrant! Un concert est donné, mais il y a quelques flottements dans l’organisation et la soirée ne sera vraiment lancée qu’une fois la nuit tombée. Notre dernier jour à Mexico aura finalement été comme la météo: mi-figue, mi-raisin!

*Pour en savoir plus sur cette oeuvre, voir Wikipédia

**Plus d’informations sur la brève incursion française au Mexique: par ici!

Nous n’avons pas pris de photos du musée d’anthropologie, ni du musée Diego Rivera…

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