Campeche et Edzná

C’est sous des trombes d’eau que nous quittons la ville de Puebla vendredi en fin de journée. La chaleur s’est accumulée toute  la journée jusqu’à ce qu’un gros orage éclate, déversant des litres de pluie et inondant les chaussées mal drainées de la cité. C’est ce moment-là que nous avons choisi pour rejoindre la gare routière! L’eau est montée dans les rues et nous sommes heureux de porter nos chaussures imperméables pour passer les flaques les plus hautes. A certains endroits, les plaques d’égouts rejettent le trop plein et le niveau monte jusqu’à entrer sous la porte du colectivo dans lequel nous avons réussi à grimper. Les inondations bloquent la circulation, nous avons bien fait de prendre un peu d’avance! Notre bus quitte la gare routière vers 20h et il nous faudra presque 2h pour sortir de l’agglomération de Puebla. Après le confort des bus péruviens, le siège à peine inclinable et le grand écran vieillot nous paraissent un peu chers payés. En plus, le son des films passés jusqu’à minuit n’est pas réglable et la climatisation trop forte nous frigorifie, ce qui nous empêche de dormir une bonne partie de la nuit. Vers 8h, nous sommes réveillés par l’arrêt du bus à Ciudad del Carmen: nous sommes déjà dans l’Etat de Campeche, sur les côtes du Golfe du Mexique! La pluie de la veille a laissé place à un beau soleil et le paysage est superbe: palmiers et flamboyants en fleur en bord de mer. A cet endroit, la route passe entre le Golfe et la lagune de Téminos, par des ponts reliant d’étroites bandes de terre et des îles: c’est un véritable paysage de carte postale! Cependant, le trajet s’éternise, car notre véhicule est sorti de l’autoroute et a donc réduit sa vitesse, et nous mettrons plus de 3h pour faire les 150km jusqu’à Champotón, où nous nous arrêtons pour la pause déjeuner. Un restaurant posé au bord d’une jolie plage mouillée d’une eau turquoise attend les passagers: les prix pratiqués sont excessifs, mais nous avons trop faim pour nous en soucier! Le cadre invite à la détente et nous fait complètement oublier le mauvais temps de la veille, c’est comme si les vacances commençaient! Il reste ensuite une heure de trajet jusqu’à la ville de Campeche, où nous débarquons sous un soleil de plomb. Le chemin qui mène au centre historique, où se trouve notre hôtel, est très exposé et nous sommes en sueur en arrivant. Température ressentie: 40°C! Heureusement, l’établissement possède la climatisation et, après une bonne douche fraîche, nous sommes opérationnels pour partir à la recherche d’un glacier! La journée passant, la chaleur ne semble pas vouloir tomber et même le soir, alors que nous parcourons la rue touristique à la recherche d’un restaurant simple, nous en sommes accablés.

Le lendemain, nous manquons un peu le réveil matinal; fatigués par le voyage en bus, nous n’avons pas complètement récupéré. Il fait donc déjà chaud lorsque nous quittons l’hôtel en quête d’un petit déjeuner, en direction du marché. Nous ne trouvons malheureusement pas notre bonheur parmi les étals de tortillas, fruits et légumes et poissons frais et nous nous contenterons de biscuits pour cette fois. Après avoir tourné un moment pour trouver le départ des colectivos qui vont à Edzná, un site archéologique, nous devons attendre 1h pour embarquer. Le véhicule est en train d’être nettoyé et en ce dimanche matin, le chauffeur n’est pas pressé… C’est donc à 10h30 que nous prenons la route pour une heure de trajet: pour éviter la balade aux heures les plus chaudes de la journée, c’est raté! Heureusement le minibus est climatisé et le site d’Edzná est bien ombragé. Les ruines principales sont regroupées dans une zone herbeuse; les colonnes et les arches voûtées nous rappellent la Grèce antique, mais de monumentaux édifices pyramidaux nous font vite oublier cette impression. Un grand édifice à 5 étages, percé d’ouvertures attire l’attention: non seulement cette grande pyramide a une belle hauteur de 31m, mais en plus elle est creuse, ce qui amène les archéologues à penser qu’elle servait de palais. Çà et là, des iguanes et de gros lézards prennent le soleil. Il n’y a que peu de touristes et la promenade pourrait être très agréable s’il n’y avait pas tant de moustiques. Ces insectes voraces nous poursuivent inlassablement et attaquent la moindre parcelle de peau non protégée par du répulsif. Les vêtements ne les arrêtent pas et la visite se transforme rapidement en course-poursuite: impossible de s’arrêter pour lire les explications sous peine de se faire encercler par une nuée affamée. Nous quittons donc le site après à peine une heure sur place, ce qui nous suffit largement. La chaleur est telle à notre retour à Campeche, que nous restons au frais jusqu’à 19h, heure à laquelle l’appétit nous mène sur la place principale. Nous prenons un siège sur une terrasse surplombant la jolie place arborée, entourée de bâtiments coloniaux. Alors que nous savourons d’excellentes spécialités mexicaines, au son d’un orchestre qui joue sous les arbres, la nuit tombe doucement et les lieux s’illuminent. A 20h, un spectacle son et lumière est projeté sur la façade de la bibliothèque, juste en face de notre point de vue. Nous terminons la journée en beauté avec une glace dégustée dans les rues animées de la jolie ville coloniale.

Le lendemain, nous devons retrouver des amis, venus en vacances au Mexique, pour ensuite passer quelques jours avec eux. Nous commençons la journée avec un petit déjeuner local (et épicé!), avant de rendre la chambre et de nous rendre sur la place principale, lieu de rendez-vous donné. A 15h, nous célébrons les retrouvailles, trop contents de revoir Juliette, Manon, Manu, Marion et Séba! Après avoir posé nos sacs dans le coffre de la voiture qu’ils ont loué, nous trinquons ensemble à ce séjour mexicain. La chaleur est accablante, mais nous nous motivons tout de même à visiter le centre historique de Campeche. Construite par les Espagnols en 1531, la ville a été la cible favorite des attaques pirates au XVIIè siècle, dont l’une d’elle, particulièrement violente, est à l’origine de la construction de ses fortifications. Ainsi, le centre colonial, aujourd’hui classé, était autrefois entouré d’un grand mur reliant des bastions, principaux édifices subsistant encore. Nous nous rendons au musée de la ville, un peu pauvre, mais largement consacré à la piraterie, avant de monter au sommet d’une partie préservée de l’enceinte, profitant ainsi de belles vues sur les bâtiments colorés du centre. Nous continuons la balade à travers les agréables rues, jusqu’au front de mer, où se retrouvent en soirée touristes et locaux pour une séance photo. Bien que le malecón (promenade qui longe la mer) soit bien aménagé pour les piétons et les vélos, il n’y a pas de restaurant et nous devons rebrousser chemin pour trouver notre bonheur à l’intérieur des fortifications. Nous dînons dans un établissement dont le côté traditionnel est un peu forcé, mais qui nous permet de goûter des spécialités locales, puis sortons sur la place principale, dans l’idée de capter l’ambiance estivale qui y règne. Mais, à peine faisons-nous les premiers pas à l’extérieur de l’établissement qu’une grosse averse se déclenche, coupant court à notre soirée. Il est déjà temps de déposer Manon et Manu à la gare routière: comme il n’y a que 5 places dans la voiture, ils ont gentiment proposé de rentrer à Mérida en bus. Et ils ont bien fait car nous allons expérimenter la conduite de nuit au Mexique et c’est une véritable aventure!

Le reste du groupe embarque en effet, peu avant 22h, dans la voiture de location. Il a beaucoup plu et la chaussée est inondée par endroit, ce qui ne facilite pas la tâche à Marion qui a pris le volant. Après 1h de route, nous atteignons un rétrécissement de voie, signalé par des plots luminescents; c’est en fait un barrage de police et l’on nous fait signe de nous arrêter juste au dernier moment! Un peu inquiets, nous avons le réflexe de vouloir comprendre ce qu’il se passe et indiquons aux deux policiers qui nous ont stoppé que je (Nadia) suis la seule à comprendre l’espagnol. Apparemment, nous roulions trop vite et nous avons commis un « délit de fuite » en ne nous arrêtant pas au niveau des plots, nous devons donc payer une amende. Ne comprenant pas bien notre faute, nous discutons un moment avec les deux hommes pour éclaircir la situation; ceux-ci nous répondent encore que nous sommes responsables d’un délit et que nous devons payer. Après environ 30 min de négociations, nous comprenons que nous avons été arrêtés uniquement parce que nous sommes touristes et qu’ils essaient de nous soutirer une belle somme (280€)! Heureusement, nous n’avons que peu d’argent liquide avec nous et lorsque nous leur montrons le contenu – presque vide – de notre porte-monnaie, pour les décourager, cela fait effet: désespérés, ils nous laissent partir! Nous sommes à la fois amusés de la tête de ces fonctionnaires peu scrupuleux lorsqu’ils ont compris qu’ils n’obtiendraient rien de nous et à la fois choqués de faire face à la corruption aussi directement! Nous comprenons mieux pourquoi il est tant déconseillé de rouler de nuit au Mexique… Les barrages de police sont nombreux et les agents ne vérifient les plaques que pour soutirer quelques liasses à des touristes qui ne comprennent rien. Nous nous faisons d’ailleurs arrêter une deuxième fois, mais pas question de nous faire encore avoir: personne ne parle espagnol dans cette voiture! Cela décourage immédiatement le policier, qui nous laisse reprendre la route sans insister. Nous sommes soulagés d’arriver à Mérida et découvrons avec joie la magnifique villa réservée par nos amis: pour nous c’est le grand luxe! La journée a été forte en émotions et c’est épuisés que nous allons nous coucher.

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