Le Yucatán, sensations garanties!

Les vacances de Juliette, Manon et Manu touchent à leur fin et il est temps de quitter la jolie villa de Mérida et de nous séparer: eux rentrent en France et nous continuons le voyage avec Marion et Séba pour quelques jours. Nous visitons tout de même encore ensemble la ville jaune d’Izamal, située à quelques 70km de Mérida, avant de prendre un dernier verre. Le monastère de Saint-Antoine de Padoue, dont l’atrium est le deuxième plus grand au monde après celui du Vatican, a été bâti sur une ancienne acropole Maya. L’ancienne cité aurait été occupée pendant des siècles par différentes civilisations et aurait été un centre religieux important avant l’arrivée des Espagnols. Ceux-ci ont construit le couvent, recouvert de peinture jaune, à l’origine de la couleur de tous les établissements coloniaux de la ville. Nous visitons rapidement le monument, qui a reçu la visite du Pape Jean-Paul II en 1993 et nous nous baladons dans les charmantes rues peu fréquentées en ce milieu de journée. Il fait très chaud, mais déjà les habituels nuages d’orage menacent. Du haut de l’ancienne pyramide Kinich Kakmó (dédiée au dieu Soleil  du même nom), qui ressemble aujourd’hui à une colline tant la végétation a repris ses droits, nous avons une belle vue sur les alentours. Puis vient l’heure de se quitter et de prendre la route, pour les uns vers Cancún en vue de prendre l’avion, pour les autres vers Uxmal. Ce n’est pas vraiment sur le chemin et nous devons même revenir en arrière, mais nous voulons vraiment visiter la cité Maya classée au Patrimoine mondial.

Pour rendre le trajet plus agréable, nous avons prévu de nous arrêter en route aux cenotes* de Cuzamá, atypiques, car on y accède en chariot tiré par un cheval. Les cenotes sont des puits naturels, à l’air libre ou en sous-sol, formés par l’effondrement du sol calcaire au dessus de rivières souterraines. Dans la région du Yucatán, ils sont nombreux et leur origine est attribuée à l’impact d’une météorite près du village de Chicxulub (celle-là même ayant causé l’extinction des dinosaures!) il y a 65 millions d’années. Malheureusement pour nous, la pluie ne tarde pas à nous rattraper et nos plans de baignade tombent littéralement à l’eau… Tant pis pour cette fois, nous continuons directement jusqu’à l’hôtel 4* avec piscine, au prix incroyablement abordable, que nous avons réservé à proximité des ruines d’Uxmal. L’établissement est vide et nous nous faisons immédiatement attaquer par des moustiques tigres à l’arrivée, mais cela ne nous décourage pas à plonger dans la piscine: l’air est tellement lourd! Le soir, nous profitons même de la vue sur les ruines, éclairées de la lumière bleue du spectacle son et lumière qui s’y joue. Nous ne le savons pas encore, mais nous passerons la pire nuit du voyage…

En effet, nous dînons tranquillement au restaurant de l’hôtel, avant d’enchaîner sur quelques parties animées de belote sous le regard curieux des serveurs – après tout, les tables sont libres… Et c’est bien là le problème: l’établissement est tellement peu fréquenté que les denrées ne doivent pas être régulièrement renouvelées. Cela nous vaut une énorme intoxication alimentaire et ce que nous appellerons sobrement « la nuit de l’horreur ». Partageant la même chambre à 4, nous nous relayons toute la nuit pour évacuer les bactéries qui nous font tant de mal. Franck ayant travaillé ses anticorps tout au long du voyage, il résiste mieux et reste à notre chevet dans les moments les plus difficiles… Le lendemain matin, après avoir difficilement enchaîné quelques heures de sommeil, nos corps sont épuisés du combat qu’ils ont mené. La visite à Uxmal s’annonce compliquée… Nous n’avons aucune envie de passer une nuit de plus dans l’établissement responsable de nos maux et nous décidons de prendre le chemin de Valladolid, pour y passer une nuit-étape avant de rejoindre Río Lagartos. Nous sommes déçus d’avoir fait un si grand détour pour finalement annuler notre visite, mais nous n’avons que quelques jours ensemble et nous préférons sacrifier cette journée du samedi pour ne pas impacter la suite du programme. Séba trouve la force et le courage de conduire les 2h de trajet qui nous séparent du petit motel, où nous nous endormons peu de temps après notre arrivée, en plein milieu d’après-midi. Les heures de sommeil récupérées sont salvatrices et c’est presque frais que nous nous réveillons tardivement le dimanche matin.

Nous prenons alors la route en direction de la côte Nord du Yucatán, où le petit village de pêcheur de Río Lagartos accueille les visiteurs qui viennent voir la mangrove. En chemin, nous nous arrêtons au cenote de Palomitas, situé juste à côté de Valladolid; après avoir payé l’entrée (il y a toujours des infrastructures pour se changer et des toilettes, c’est pourquoi il y a un droit d’entrée à chaque fois), nous descendons un étroit escalier qui s’enfonce sous terre. Le trou d’eau se trouve dans une grotte, éclairée par un puits de lumière naturelle, ainsi que quelques éclairages artificiels. La couleur est incroyable et le cadre surréaliste! C’est notre premier cenote et le troisième pour Marion et Séba, qui nous assurent qu’ils sont tous bien différents et qu’à chaque fois l’émerveillement est au rendez-vous. Le sol de calcaire est un peu glissant car nous avons dû prendre une douche – obligatoire pour éviter la pollution de ces bassins naturels (d’ailleurs les crèmes solaires et autres produits sont interdits) – et nous avons l’impression de faire de la spéléologie en maillots de bain! Mais une fois dans l’eau, c’est l’euphorie! Le fond se situe à plusieurs dizaines de mètres sous nos pieds et pourtant l’eau est incroyablement claire. Quelques poissons nous tiennent compagnie, tandis que nous nageons vers le puits de lumière, éblouissant au milieu de cette grotte. Des cordages tendus d’un bout à l’autre du bassin, ainsi que quelques bouées permettent de se rassurer quant à la profondeur de ce trou circulaire. La fraîcheur de l’eau est appréciable pour nos estomacs encore endoloris, tandis qu’à l’extérieur, le soleil est au zénith.

Nous pataugeons une bonne heure, avant de reprendre la route vers un autre cenote, à proximité du site archéologique d’Ek’ Balam. Celui-ci est beaucoup plus fréquenté et des activités comme une descente en rappel ou une tyrolienne sont proposées. Nous nous contentons d’une simple baignade dans un cadre très différent du précédent: ici, le bassin est à ciel ouvert et il faut descendre de raides escaliers sur plus d’une quinzaine de mètre de hauteur pour attendre le niveau de l’eau. Les racines des arbres alentours plongent, telles des lianes, le long des parois pour chercher le liquide précieux; la végétation luxuriante offre une ombre appréciable par le temps lourd qui règne. Malgré la foule, la baignade est agréable et même amusante puisque nous pouvons nous essayer à sauter depuis différentes plateformes ou observer les exploits des autres baigneurs. L’après-midi avançant, nous quittons les lieux juste avant que l’orage quotidien n’éclate bruyamment. Heureusement, nous allons vers la côte, où les nuages ne s’accumulent pas, ce qui nous permettra d’éviter les intempéries. Après plus de 2h de trajet, nous arrivons au village de Río Lagartos, qui n’est pas aussi petit que nous l’aurions pensé, mais qui est tout de même assez isolé. Nous profitons de la fin de journée pour repérer les bateaux qui emmènent les touristes en excursion et négocier un circuit pour le lendemain matin. N’étant pas en saison haute, nous trouvons les prix un peu exagérés et le vendeur du kiosque de tours en bateau ne nous inspire pas confiance. Nous prenons tout de même une réservation, en espérant ne pas nous faire arnaquer, et terminons la journée en admirant le coucher du soleil depuis la terrasse d’un restaurant.

Le lundi matin, les flamands roses nous attendent! C’est l’objet du tour que nous avons acheté la veille et qui commence à 7h. Au petit port, devant le kiosque où nous avons pris les billets, la journée commence bien: nous attendons quelques minutes notre bateau, qui n’est pas prêt! Mais nous restons positifs et embarquons avec le sourire: il est tôt, il fait bon et le paysage est déjà superbe. Nous naviguons face au soleil levant, dans un grand bras d’eau qui longe la côte, séparé de la mer par une mangrove. Celle-ci abrite de nombreuses espèces d’oiseaux, mais aussi des crocodiles, qu’il est possible de voir plutôt en fin de journée. C’est d’ailleurs de là que vient le nom de la réserve naturelle: en débarquant ici, les Espagnols ont cru qu’il s’agissait d’un fleuve (Río) et qu’il abritait des alligators (Lagartos). Nous ne croisons au départ que quelques oiseaux, pêchant ou faisant leur toilette matinale, dont un certain nombre de pélicans, assez impressionnants avec leur grand bec. Le pilote de la barque s’arrête de temps en temps pour nous laisser prendre des photos, puis fonce à nouveau vers l’Est, où une lagune salée a la faveur des flamands. Ils y trouvent en effet le plancton qui constitue leur nourriture principale et leur donne la jolie couleur rose que nous aimons tant. Arrivés dans la lagune, nous ne devrions pas approcher les oiseaux de trop près: cela les dérange et, s’ils s’envolent, ne reviennent pas forcément au même endroit par la suite. Mais notre pilote est assez peu scrupuleux et s’approche au plus près… C’est dommage, mais en même temps cela nous permettra quelques beaux clichés de ces grands oiseaux prenant leur envol en courant sur l’eau: magique!

Le tour se poursuit avec l’arrêt près d’un bassin de récolte du sel, où nous pouvons marcher sur le bord. Le terrain est privé et l’on nous fait comprendre qu’il ne faut pas mettre un pied dans l’eau (de toute façon ça pique trop!), les gardiens de l’usine, visible au loin, veillent au grain. Et dire que la veille le vendeur du kiosque nous avait proposé un tour avec baignade « clandestine » dans ces salants! Nous remontons à bord du bateau, puis le pilote nous propose un bain de boue, l’argile qui constitue le fond des eaux salées de la lagune étant réputé bonne pour la peau. Nous savons que cela fait partie du tour, mais nous n’avons pas vraiment envie de nous badigeonner de boue, aussi nous demandons à continuer. Normalement, les bateaux vont ensuite sur une petite plage de sable blanc pour permettre aux participants qui ont pris le bain d’argile de se rincer. Mais nous nous rendons rapidement compte que notre pilote nous ramène directement au port; nous insistons alors pour aller sur la petite plage, mais il semble entêté et ne veut pas coopérer. Lorsque nous évoquons le nom de la personne qui nous a vendu le tour, il finit par l’appeler et nous emmène dans une petite crique à une centaine de mètres à peine de la plage, que nous voyons au loin. L’eau est certes claire et turquoise, mais il n’y a pas de sable et nous sommes encore trop dans la mangrove! Nous protestons pour aller plus loin, mais rien à faire, le pilote ne coopère pas, et c’est fâchés et en silence que nous sommes ramenés au port. Le tour avait pourtant bien commencé, mais nous aurions dû attendre la fin pour régler la note… Nous nous consolons avec un bon petit déjeuner, avant de plier bagages et de reprendre la route pour le Quintana Roo, une région comptant de nombreuses plages paradisiaques. Entre l’intoxication alimentaire et les négociations compliquées, le Yucatán n’aura pas été de tout repos! Mais c’est aussi dans cette région que nous avons découvert les cenotes et observé une belle colonie de flamands roses dans un cadre magnifique: de quoi nous faire oublier les passages difficiles!

*Plus d’informations avec Wikipédia!

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s